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Expulsion matinale

Le youpi du jour : le loft attenant à l’atelier Sloli qui se tenait au 7 faubour Bonnefoy (en remplacement de l’ancien Sloli expulsé en juillet 2012) a été expulsé ce matin. Le loft avait été réquisitionné par le CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) il y a quelques mois et servait d’espace de logement à des familles sans maison.

Encore une fois, le droit de propriété et le profit priment sur le droit des gens à avoir un logement et à vivre au chaud avec leur famille. Merci encore aux flics de faire le sale boulot au profit des patrons et des propriétaires.

[EDIT]

Après une petite visite sur les lieux, je  constate que le Sloli a été également expulsé. Le Sloli était un espace d’échange gratuit abritant des activés telles que fripe gratuite, cours de cirque, atelier vélo, repas, cours de langues, etc. Les ouvriers sont en train de vider et de murer les lieux.

À peu près vingt personnes ont été expulsées dont des familles. Certaines familles sont parties au Grand Ramier (centre d’hébergement d’urgence), d’autres sous des ponts, sous la pluie, etc. La préfecture a communiqué sur l’ouverture de 47 places d’hébergement à parti d’aujourd’hui… jusqu’au 19 janvier, dans quatre jours. La mairie de Toulouse ne semble pas proposer de solution de relogement.

Il fait trois degrés dehors et on laisse quand même des gens à la rue parce que c’est plus important de laisser des bâtiments vides pour encourager la spéculation immobilière et laisser les possédants posséder.

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Le printemps

Je crois que j’ai jamais considéré le printemps comme une saison ensoleillée.

Pourtant il y a du soleil des fois, surtout vers la fin, en mai, quand se mettre à une terrasse et commenter sur les fringues des gens qui passent est la chose la plus naturelle du monde à faire. Les jours où la bière a l’air d’être meilleure que l’air, de la bonne bière blanche, douce, et que tout a l’air un peu jaune comme si on évoluait dans une photo Instagram, où les filles sont toutes super jolies et la rivière lisse avec les platanes au-dessus. Mais ça c’est mai. C’est déjà l’été.

Le printemps, c’est les vacances de Pâques. Deux semaines suspendues où il pleut toujours. J’appuie mon front sur la vitre et mon souffle fait de la buée. Je pense à l’école avec un mélange d’envie de pleurer et de triomphe d’être en vacances. Je mange du chocolat et je me dis que les chocolats de Pâques, c’est vraiment dégueulasse.

Ou bien je suis toute seule dans un parc et il fait gris, j’ai un bouquin mais au bout de trois pages je renonce à le lire parce que j’ai froid aux mains. Je rentre chez moi mais il fait tout aussi froid parce qu’on a éteint le chauffage depuis mi-mars. J’ai envie de cuisiner mais j’ai la flemme parce qu’il n’y a personne à la maison et que c’est triste de faire un gâteau pour moi toute seule.

Ou bien encore je fais du vélo sous la pluie en chantonnant parce qu’il y a quelqu’un qui m’attend chez moi, j’ai les pieds mouillés et de l’eau ruisselle sur mes cuisses parce que ce matin j’ai été optimiste alors que j’aurais dû mettre un bon gros pantalon.

Dans tous les cas, il faut que j’aie ça dans les oreilles :

Ce morceau a exactement huit vues sur Youtube et c’est vraiment une merveille de tranquillité, de matins sous la couette et de nuits pluvieuses, voire même de dernière cigarette avant d’aller se coucher, alors je vous invite à faire tourner.

Juste au bord

Ce soir je voulais vous parler de plein de choses, de trucs qui m’avaient mise en colère, de trucs auxquels il fallait que je réagisse d’urgence, de choses à expliquer, de débats à avoir.

Et puis il y a eu cette journée pluvieuse et lente et j’ai senti que tout devenait trop lourd. Alors je suis rentrée chez moi et j’ai écrit des choses en oubliant un peu le poids insupportable de tout. Et puis je suis retombée sur le blog de quelqu’un que j’apprécie énormément sans presque le connaître. J’ai réécouté la musique qu’il aime, et j’ai eu envie de balancer ça, ce soir.

J’étais bruyante et souvent alcoolisée et il était un peu snob parfois, c’était quelqu’un de mystérieux pour moi parce que tout nous opposait à part certains types de musique et un goût pour la nuit. Je crois qu’il passait du temps avec des gens un peu triés sur le volet. Je crois qu’il aimait pas trop se mélanger avec des gens bruyants. Je parle au passé, c’est idiot, c’est juste quelqu’un qui a déménagé dans une autre ville, hein.
Je l’admirais mais je comprenais rien. Pour moi, c’était un peu le summum du bon goût en musique et en général, un truc que j’atteindrais jamais mais qui était joli à regarder de loin.
Il le savait et ça le gênait, de façon évidente, et je m’en rendais même pas compte. On est con, quand on a dix-huit ans.

Et puis un jour j’ai fini par être comme ça. Par plus aimer les gens qui font du bruit. Par rester dans ma caverne à écouter ma musique et à écrire mes trucs. Par plus m’intéresser aux potins, aux rires, aux soirées. Par dépenser la majorité de mon argent à acheter des bouquins. Par réfléchir tout le temps.
Ce jour-là il avait déjà déménagé et puis je suis même pas sûre qu’on aurait pu être amis un jour. Mais dans ma playlist il y a deux ou trois trucs que j’ai découverts sur son blog et que j’oublierai pas. (et puis cette jolie chose aussi.)

Surtout ça qui m’a retourné le ventre et les yeux il y a trois minutes.

Merci.