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Le printemps

Je crois que j’ai jamais considéré le printemps comme une saison ensoleillée.

Pourtant il y a du soleil des fois, surtout vers la fin, en mai, quand se mettre à une terrasse et commenter sur les fringues des gens qui passent est la chose la plus naturelle du monde à faire. Les jours où la bière a l’air d’être meilleure que l’air, de la bonne bière blanche, douce, et que tout a l’air un peu jaune comme si on évoluait dans une photo Instagram, où les filles sont toutes super jolies et la rivière lisse avec les platanes au-dessus. Mais ça c’est mai. C’est déjà l’été.

Le printemps, c’est les vacances de Pâques. Deux semaines suspendues où il pleut toujours. J’appuie mon front sur la vitre et mon souffle fait de la buée. Je pense à l’école avec un mélange d’envie de pleurer et de triomphe d’être en vacances. Je mange du chocolat et je me dis que les chocolats de Pâques, c’est vraiment dégueulasse.

Ou bien je suis toute seule dans un parc et il fait gris, j’ai un bouquin mais au bout de trois pages je renonce à le lire parce que j’ai froid aux mains. Je rentre chez moi mais il fait tout aussi froid parce qu’on a éteint le chauffage depuis mi-mars. J’ai envie de cuisiner mais j’ai la flemme parce qu’il n’y a personne à la maison et que c’est triste de faire un gâteau pour moi toute seule.

Ou bien encore je fais du vélo sous la pluie en chantonnant parce qu’il y a quelqu’un qui m’attend chez moi, j’ai les pieds mouillés et de l’eau ruisselle sur mes cuisses parce que ce matin j’ai été optimiste alors que j’aurais dû mettre un bon gros pantalon.

Dans tous les cas, il faut que j’aie ça dans les oreilles :

Ce morceau a exactement huit vues sur Youtube et c’est vraiment une merveille de tranquillité, de matins sous la couette et de nuits pluvieuses, voire même de dernière cigarette avant d’aller se coucher, alors je vous invite à faire tourner.

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Indie music at its finest.

Premier post depuis six mois. Pour reprendre contact avec ce blog. Je vais essayer de faire quelque chose d’un peu différent maintenant. Plus de musique, plus de sexe, plus de chroniques.

Pour commencer, il faut que je vous parle de Keaton Henson.

J’ai découvert ce que fait Henson complètement par hasard, sur une playlist de Stereomood (si tu ne connais pas Stereomood, il est urgent que tu cliques sur le lien, c’est un site de musique vraiment chouette.).

Comme j’ai adoré la chanson qui passait sur Stereomood, je suis allée chercher un peu ce que faisait d’autre ce monsieur. La vidéo Youtube avait été vue 900 fois. Je viens d’aller chercher la même vidéo par curiosité et on en est à 57000, au passage.

Keaton Henson a un site web tout noir, tout dépouillé, avec des liens en police bloc-notes et une page ‘about’ qui te dit d’aller te faire voir parce qu’il aime pas parler de lui. Malgré la simplicité du graphisme, c’est assez travaillé. On peut même, dans l’item ‘INTRUDE’, aller voir une jolie animation flash qui montre l’intérieur de son carnet avec les brouillons de chansons et ses dessins. Il y a aussi un blog chez backtobasicsdesign. (C’est.), où il explique qu’il enregistre ses chansons dans sa chambre et que l’idée que des gens puissent les entendre est absolument terrifiante.

Pas de page Wikipedia, ni en anglais ni en français. Les quelques commentaires de gens qui le connaissent ou bossent avec lui disent que c’est un gros autiste. Le mec qui reste tout le temps tout seul à écrire des chansons et à dessiner. Le mec à barbe qui bafouille devant les caméras, rentre ses mains à l’intérieur de ses manches et porte des vieilles vestes en velours.

Ses vidéos sont souvent assez classes, l’ensemble de chansons de l’album est illustré à travers une palette de vidéos cohérentes.  ‘Charon’, un truc en stop-motion avec une marionnette. You don’t know how lucky you are, un montage qui ressemble à ce qu’on peut faire avec des vieux bouts de super-8 – à la Lana del Rey, mais beaucoup plus beau. Un clip alternatif de cette chanson a été publié il y a deux mois, c’est absolument splendide. Les autres vidéos sont chouettes, toujours en restant dans un délire très indie – couleurs chaudes un peu désaturées, plumes, mise au point un peu bancale, bois brut et photos vieillies. C’est un univers dans lequel je me sens assez bien, et ça s’accorde avec la simplicité touchante de la tristesse des chansons. L’album de Henson est parfait pour un dimanche matin. Parce que cette tristesse n’est pas le genre qui force à rester au lit par désespoir. Bizarrement, c’est un sentiment assez lumineux. Graphique. Doux. L’idéal pour l’hiver.