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Georgette râle contre les mecs qui ne se taisent pas de temps en temps

|EDIT] J’ai enlevé la précédente version du mail de Georgette pour la remplacer par le mail qui a réellement été envoyé à l’émission Les Maternelles.

Suite à ma publication du précédent article et de la vidéo de l’émission des Maternelles dans laquelle je parlais de règles (et de coupe menstruelle), ma copine Georgette a envoyé un mail à l’émission et j’ai trouvé ça assez signifiant pour le republier ici.

Bonjour, Bonsoir,

Je ne regarde pas l’émission Les Maternelles en général. J’ai pas la
télé, pas d’enfant et un répertoire de lecture et d’informations déjà
richement garni. Surtout en ce qui concerne les histoires de “meufs”, de
“genres”, de “féminisme”. Pour tout vous avouer, je me considère comme
féministe, n’y vois en rien une insulte, bien au contraire, j’y vois
plutôt une fierté. Fierté d’être une meuf, que des femmes se soient
bougées avant moi pour me permettre de ne plus subir certaines
oppressions. Tristesse d’être une meuf dans une époque et un pays où
certain⋅e⋅s considèrent qu’on a atteint l’égalité et qu’il n’y a plus
rien à faire (ni l’un ni l’autre de ces postulats n’est vrai), de
constater que le sexisme est loin d’être mort et enterré et oublié. Si
ce paragraphe vous a parlé, alors peut-être vaut-il le coup que vous
continuiez la lecture, sinon il est probable qu’elle vous déplaira ou
que vous considérerez le reste de ce mail comme les foutaises d’une
petite conne prétentieuse donneuse de leçons qui défend sa pote.

Lors de l’émission sur les règles, diffusée le 4 mai, une de mes amies,
SharedWanderlust était présente suite à l’attention que vous aviez prêtée à son
blog. Alors forcément, j’ai regardé un peu.

Un peu parce que très vite, j’ai été irritée et lassée. Irritée et
lassée par Mathieu Ducrez, ce type, ce mec, cisgenré bien comme il faut qui :
– coupe la parole à des meufs. Aux journalistes, animatrices,
chroniqueuses, je ne sais quel terme vous utilisez pour vous décrire,
aux invitées. Si vous les invitez, je suppose que c’est parce qu’elles
ont quelque chose à dire, quelque chose qui relève du sujet que vous
abordez. Pas pour faire joli. Les laisser s’exprimer semble donc un
impératif évident.
– fait des blagues de potache sur les règles, la cup, le DIU. Bien sûr
on peut en rire. Mais ce ne sont pas des sujets amusants en fait. Ils
sont trop souvent raillés comme des “tabous”, oubliés dans l’histoire
toute masculine qui est la nôtre, anéantis par un trait d’humour délivré
par un dominant des rapports sociaux de sexes et de genres. “Haha, elle
est vénère parce qu’elle a ses règles.” Voilà comment on parle des règles
en général. C’est dit de l’humour. Ce n’est absolument pas drôle.
Peut-être est-ce bien de changer de registre et de ton pour en parler
pour une fois? Je crois que c’est ce que vous avez tenté pourtant.
– ne peut apparemment pas s’empêcher d’ouvrir sa bouche pour parler à
peu près toutes les 4 secondes et demi. Et pas spécialement pour nous
faire part de nouvelles informations… C’est un peu dur…

France 5, Les Maternelles, je ne regarde pas la télé ni même votre
émission et je comprends pourquoi:
– la télé est excluante. Dans des sujets de “meufs”, les hommes (et ici
un représentant du jeune type dominant dans toute sa splendeur) ont le
droit de parler voire se sentent légitimes à être sur-présents, à
monopoliser l’attention, au détriment des femmes qui sont présentes. Je
ne suis pourtant pas certaine qu’il ait une très riche expérience quant
aux menstruations, aux différentes protections, à la cup, la ménopause
et autres. Le remettre à sa place, celle de celui qui ne sait pas et
devrait écouter et apprendre serait une excellente chose. Par ailleurs,
si l’avis des hommes semble être accepté (et pourquoi pas, vous ne
prônez pas la non-mixité et il est évident que je n’attends même pas ça
de la télévision ou de vôtre émission, vraiment), qu’en est-il des
personnes trans*? Transidentité, FTM, MTF, des intersexes? Oui il y a ce
qu’on appelle “des hommes” et “des femmes”. Mais l’Humanité ne se réduit
pas à ces deux catégories. La Nature a tout autant inventé la
transidentité et l’intersexuation que le cisgenrisme. Par contre
l’interprétation du monde en deux catégories de sexe biologique
auxquelles répondent parfaitement deux catégories de genre ou sexe
social, c’est un fait social construit qu’on peut faire évoluer et
changer. Mais pas en étant excluant⋅e et en invisibilisant les gens qui
ne correspondent pas à la norme sociale. Elle se renforce au contraire
dans une circularité exemplaire : le monde est ainsi, je ne montre le
monde qu’ainsi, le monde est donc ainsi à la vue de toutes et tous qui a
leur tour reproduisent cette vision du monde etc… Je ne vous accuse
point d’être réactionnaire ici. Vous n’êtes ni la seule émission, ni la
seule chaîne télé à invisibiliser leur existence mais dans cet échange,
c’est à vous que je m’adresse. Votre émission est juste conventionnelle.
Comme le reste de la télévision. C’est toutefois dommage car
l’invitation que vous avez faite à mon amie semble démontrer une envie
de votre part d’aborder les choses avec un regard différent. Mais
peut-être suis-je un peu naïve de penser que la télévision pourra nous
offrir un jour des émissions d’info un peu révolutionnaires desquelles
on pourra réellement s’enrichir.

– le mélange “divertissement/information” tue l’information. Je l’ai
déjà dit ci-dessus. Avec une blague potache toutes les 5 secondes, où
est l’information? Que peut-on en retenir? Qu’on préfère finalement
aller sur internet pour se renseigner parce que c’est plus clair, qu’on
y trouve chaussure à notre pied? Que l’internet nous prend moins pour
des palourdes que la télévision? L’humour c’est super, l’humour fin et à
bon escient c’est encore mieux, l’humour des dominants dans des lieux
qui ne sont pas censés être les leurs à la base et qui plus est, à
l’égard de dominé⋅e⋅s, c’est synonyme de désastre et d’oppression. Sans
aller jusqu’à dire que M. Ducrez a oppressé des femmes sur le plateau,
il a tout de même participé à montrer que les sujets dits “féminins”
peuvent être raillés à tout bout de champ et qu’on peut faire des blague
à la jetée alors qu’on ne connaît rien au sujet, rendant inaudible
l’information sur le sujet même. De la cup on retiendra qu’on peut
l’appeler un “tsoin tsoin” et on oubliera tous ses avantages, comme quoi
c’est moins dangereux pour les muqueuses, économique etc… juste que ça a
un nom débile et marrant. Haha.

Non, faire de l’information et du divertissement en même temps, ce n’est
pas toujours une bonne idée. Si le chroniqueur/journaliste Mathieu
Ducrez pouvait mettre son humour (et le reste de ses propos) en
sourdine, faire profil bas quand des femmes parlent de choses qu’il ne
maîtrise visiblement pas, quand il s’agit d’expériences qui n’ont pour
lui rien de concret, palpable, quotidien ou même possible, votre
émission n’en serait que plus intéressante.

Probablement.

En vous souhaitant une agréable journée, soirée et ce, très chaleureusement!

En clair, cher M. Ducrez : tagueule

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Au Sud.

Où j’en étais ?

Je travaille trop, je perds la notion du temps et je poste assez peu. Désolée. C’est la rançon de la gloire (que dalle. Qu’est-ce que tu dis de travailler chez toi en pyjama collée  un ordi tout la journée ? C’est mon boulot. La gloire ?).

Mais j’étais partie pour te raconter la suite de mon voyage au Maroc.

On reprend au moment où je prends le bus de Merzouga à Erfoud.

Je me suis réveillée à dix heures, j’ai des courbatures partout parce que la veille j’ai escaladé des dunes de sable tout en fumant à la chaîne, j’ai la gorge explosée.  Je préviens Omar que je suis réveillée, on traverse la plameraie pour aller de l’autre côté du village, la rue ‘commerçante’. De la poussière, des mobylettes, des enfants qui se baladent partout par petits groupes en rigolant, un cyber-café et un restaurant.

Je me pose avec les hommes, les amis d’Omar, qui travaillent tous dans le tourisme d’une façon ou d’une autre. ça rigole, ça fume, ça raconte des trucs en berbère et ça me demande toutes les trente secondes si je mange bien. Evidemment, tout le monde me regarde, parce que je suis blonde, pas voilée et assise à une terrasse de café, trois qualités qui sont comlètement étrangères aux femmes d’ici. Mais j’ai super faim. Encore maintenant j’ai du mal à ne pas saliver en évoquant ce petit-déjeuner… Un pain rond entier pour moi toute seule, de la confiture, de la Vache Kiri, des olives noires et de l’huile d’olive au goût extraordinaire. Plus, évidemment, du thé.

J’ai appris le jour d’avant que le thé qu’on boit n’est pas à la menthe du tout, parce que la menthe est considérée comme une plante froide, donc contre-indiquée en hiver. Nous buvons donc tu thé à la marjolaine et à l’absinthe. Ici, on n’utilise pas non plus de sucre en cubes comme en France. A la place, des blocs de sucre de deux kilos que l’on casse avec une pierre ou un marteau. Il paraît que ça se dissout plus facilement.

Au bout d’un moment, je finis de manger et je prends le bus. En fait de bus, c’est un vieux minibus genre Ford Transit, qui pour une raison mystérieuse décidera de ne faire QUE de la piste caillouteuse, alors qu’il y a une route tout ce qu’il y a de plus goudronnée qui relie Merzouga à Erfoud. Mystères du Maroc.

Je m’installe, j’ai la flemme de parler aux gens, alors je m’iPodise avec mon casque.

A cause de la piste, je me mets en mode camouflage total, on voit que mes yeux derrière mes lunettes, mais je mange quand même de la poussière en regardant par la fenêtre.

Je suis tranquille pendant une heure, et puis un monsieur décide de me raconter sa vie, fin de Norah Jones au milieu du sable.

Au final, j’arrive à Erfoud sans trop d’encombres, juste couverte de poussière.

Je demande l’hôtel La Gazelle, le moins cher d’après le mail collectif que Tom a envoyé à tous les participants. C’est miteux, je commence à en avoir marre de me doucher à l’eau froide et j’ai le blues.

Heureusement, ça s’est arrangé quand je suis descendue dans la salle pour le dîner.

Ce qu’on écoute aujourd’hui, c’est une chanson sensuelle. Parce que.