Moi Nestor, 22 ans, étudiant, pédé

Sodome et Gomorrhe

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Je m’appelle Nestor. Nestor Malakoda. Dans la « vraie vie » je m’appelle Hugo mais ça ne vous dit rien, vous ne me connaissez pas, alors quelle importance… Normalement ici je suis critique littéraire. Je suis censé vous dire, ou plutôt vous écrire mon avis sur des bouquins, souvent bons parce que je ne termine pas les mauvais livres. Aujourd’hui je n’écris pas pour vous parler d’un livre. J’écris pour vous parler de moi, 22 ans, étudiant, et pédé.

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“I prefer to wait until later”

Mardi soir, je me rendais au cinéma avec une personne de ma connaissance, qui avait bien besoin de se détendre.

J’ai donc choisi un film qui semblait pas trop compliqué (pas un film d’auteur, quoi), genre film de science-fiction à gros budget : Divergente. (Au passage, je tiens à dire que l’augmentation du prix des places de cinéma est une honte : quand j’ai emménagé à Toulouse, on pouvait aller voir des films au Gaumont pour 3.90€, soit moins cher qu’un McDo. Maintenant, c’est 5.50. Quel scandale.).

Bien loin d’être, comme je pensais, une superproduction qui obéit à tous les codes les plus pourris du cinéma de divertissement, Divergente s’est révélé être un film tout à fait potable, qui se laisse regarder avec plaisir, et qui -miracle- peut sous bien des aspects être considéré comme féministe.

 

[Attention, spoilers]

L’héroïne du film, Tris, vit dans une société vaguement futuriste où la population est divisée en cinq “factions”, chaque faction correspondant au trait de caractère dominant des personnes qui y appartiennent. La société est donc répartie entre Abnegation (les Désintéressés), Amity (les Pacifistes), Candor (les Honnêtes), Erudite (les Érudits), et Dauntless (les Audacieux). Quand une personne atteint 16 ans, elle passe un test de personnalité pour déterminer quelle faction elle doit rejoindre. Les parents de Tris font partie de la faction Abnegation et participent au gouvernement de la ville.

Quand Tris passe le test, elle se rend compte qu’elle ne correspond à aucune des Factions : elle est Divergente. Elle s’aperçoit rapidement que les autorités chassent les Divergents. Elle choisit de rejoindre les Dauntless, qui tiennent le rôle de policiers de la ville.

Pour intégrer le clan Dauntless, elle doit passer une phase d’entraînement pendant laquelle l’objectif est de faire face à ses peurs. C’est pendant l’entraînement qu’elle rencontre Four, un des instructeurs, et -surprise, surprise- qu’elle commence à avoir une relation avec lui. Sauf que les membres de la faction Erudites veulent renverser le gouvernement et tuer tous les Divergents…

 

Bon, honnêtement, le scénario vu comme ça a tout de la superproduction vue et revue. Société dystopique, personnes réparties par qualités, histoire d’amour hétérosexuelle, blah blah blah.

SAUF QUE.

D’abord, le film est basé sur un personnage principal féminin. C’est assez rare dans les films d’action, surtout à cette échelle-là. Tris est vraiment au centre du film, et c’est un personnage vraiment intéressant. Elle construit son parcours en fonction de ce qu’elle veut, et pas de ce que ses parents ou ses instructeurs veulent. Au moment de la répartition, elle sait parfaitement qu’elle ne reverra pas ses parents ou son frère (qui rejoint la faction Erudites), et que les liens de la faction sont “plus importants que les liens du sang”.

L’entraînement pour devenir Dautless est physiquement dur ; elle doit apprendre à se battre, à réagir vite, et à ne pas se laisser submerger par la peur. Bien qu’elle soit un poids plume au départ du film, elle travaille tout au long de l’histoire pour acquérir plus de puissance au combat en s’entraînant et en faisant de la musculation. C’est plutôt agréable de la voir persévérer sans se décourager, même si elle perd ses premiers combats en entraînement.

C’est d’ailleurs la puissance du choix, qui provient de son caractère de Divergente, qui menace dans le film la société entière. Les autorités veulent tuer tous les Divergents parce qu’ils ne se laissent pas assigner à une caste, et qu’ils ne peuvent donc “pas être contrôlés”. Tris réussit mieux que les autres aspirants Dauntless dans les tests de simulation (qui consistent en la projection de situations effrayantes pour les candidats pour voir comment ils y réagissent) parce qu’elle a l’aptitude de penser hors des catégories de clan ; sa réussite vient du fait qu’elle s’extrait de la simulation en réfléchissant au-delà de sa peur, au lieu d’y réagir comme une Dauntless typique. Ce qui fait peur au pouvoir, dans le film, c’est le libre-arbitre. Inversement, ce qui fait fonctionner la société, c’est l’obéissance aux comportements assignés à sa faction.

Le scénario porte d’ailleurs une ébauche d’analyse politique : au début du film, ce sont les Altruistes qui gouvernent la société, mais les Érudits veulent prendre le pouvoir. Les Dauntless sont au service de la faction qui gouverne : la police soit-elle être au service de l’altruisme ou de l’intelligence ?

tris

Le film porte une diversité bienvenue de personnages féminins. Il passe d’ailleurs haut la main le test de Bechdel. En plus de Tris, plusieurs personnages identifiés comme femmes apparaissent dans le film : son amie Christina, sa mère, la méchante. C’est agréable de voir que les personnages féminins ne sont pas cantonnés à servir d’attrape-gogo visuels à destination du male-gaze. D’ailleurs, les personnages ne sont que peu sexualisés (pas de scène de nu, pas de plan s’attardant sur les fesses ou les seins des personnages féminins). Elles ne sont pas non plus dans la traditionnelle compétition pour l’attention des personnages masculins : on voit à plusieurs reprises dans le film des liens d’amitié ou de collaboration entre Tris et Christina, ou entre Tris et sa mère. La scène où la mère et la fille empoignent des armes à feu et se couvrent l’une l’autre pour défoncer les méchants est vraiment chouette, je ne me rappelle pas avoir vu au cinéma une scène mère-fille aussi badass. Même le personnage de la méchante n’est pas en compétition avec Tris pour une histoire d’amour ou d’attention ou de sexualisation : les deux sont en conflit parce qu’elles poursuivent des buts différents, c’est tout. Pas parce qu’elles sont des femmes.

L’intrigue amoureuse entre Tris et Four n’est pas non plus au centre du film. Certes, les deux personnages développent une relation pendant l’histoire, mais cette relation n’est pas l’intérêt primaire du film. Tris ne se languit pas d’un héros, elle n’attend pas d’être sauvée, elle ne se rend pas plus bête qu’elle n’est pour attirer son attention. C’est parce qu’elle est volontaire et décidée qu’il commence à s’intéresser à elle. Le fait qu’elle ne dépende pas de lui est vraiment intéressant, ça fait du bien de sortir du schéma “damoiselle en détresse” traditionnel.

Alors que… SALUT.

L’accent est mis sur l’indépendance et sur l’autonomie corporelle de Tris. POUR UNE FOIS, IL N’Y A PAS DE SCÈNE DE VIOL DANS LE FILM. Même suggérée. Quand elle commence à sortir avec Four, il lui propose de faire du sexe. Sa réponse est “Je préférerais attendre”. Et il est D’ACCORD. Pas de “allez, s’il te plaît”. Pas de “tu verras, au bout d’un moment tu aimeras ça”. Elle ne veut pas faire de sexe, il dort par terre, tout le monde est content. (Tu vois, Hollywood, c’était pas dur à faire, un film avec du consentement dedans.). De la même façon, Tris est attaquée par trois types qui lui veulent du mal, un peu plus tard dans le film. Quand elle les revoit, elle les regarde dans les yeux et leur dit “Si tu me portes la main sur moi encore une fois, je te tue”. Alléluia. Enfin un personnage de fille qui ne joue pas les victimes. Qui est forte, qui se défend, qui a la classe. YOUPIE.

 

Quelques critiques quand même à apporter au film : le fait que l’histoire d’amour passe forcément par l’hétérosexualité. Le fait que la personne qui aide Tris à ressembler à une Dautless pour ne pas être remarquée soit Four, et pas Tori (personnage féminin qui a su en premier qu’elle était Divergente, qui l’aide de façon épisodique pendant l’histoire, et qui pourrait tout à fait l’aider à se cacher). Le manque de diversité corporelle chez les personnages, tous minces et musclés.

Je suis contente que pour une fois, tous les personnages principaux ne soient pas blancs, blonds aux yeux bleus. Mais j’aurais bien aimé voir un peu plus de diversité quand même ; il n’y a qu’un personnage racisé dans le film (Christina).

 

Sinon, le réalisateur du film s’appelle Neil Burger.

 

Hé, salut !

Ouiiii, je suis désolée, je ne poste plus rien, et on m’en a même fait la remarque cette semaine.

Alors, des news.

J’ai passé les six derniers mois dans une dépression profonde dont je sors à peine. C’est un coup à n’avoir la motivation pour rien, à galérer ne serait-ce que pour sortir de mon lit, à écouter de la musique triste en permanence, et généralement à avoir l’impression que le soleil et la joie de vivre sont partis loin-loin pour ne jamais revenir.

La bonne nouvelle c’est que je vais mieux. Que j’ai décidé de sortir la tête de l’eau. Que ça passe par l’abandon, même temporaire, de l’activisme permanent. Parce que la colère, ça me fatigue.

La semaine dernière j’étais en vacances à la campagne, mes premières vraies vacances depuis deux ou trois ans. Sans Internet, sans téléphone, sans politique, juste avec de la danse et des personnes bienveillantes. Et ça m’a fait un bien fou.

Alors j’ai envie de revenir au thé du matin, aux discussions jusqu’à l’aube, à la danse folle, aux apéros-concerts, aux légumes du marché, à la cuisine, aux potes, aux voyages en stop, à la légèreté, et à l’envie de hurler d’excitation. De me remettre à la photo, de chanter, d’écrire des chansons d’amour, de plus penser à comment demain tout sera aussi pourri. Même peut-être j’ai envie d’aller habiter à la campagne avec mes chattes et de fendre du bois pour le feu.

Sinon en ce moment j’écris des textes pornos et c’est rigolo.

 

Je parie que tu penses “je ne suis pas un violeur”.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Pour toi, pas de cachette dans une ruelle sombre… mais rappelle-toi cette fille qui était tellement ivre qu’elle pouvait à peine se tenir debout. Tu sais que sobre, elle n’aurait pas dit oui.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Tu sais que « non, veut dire non »… ou du moins, que ça signifie « persuade-moi ». Elle cédera en fin de compte.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Mais tu te souviens de cette fois où ta copine ne voulait pas faire quelque chose que tu *savais* qu’elle avait fait pour d’autres personnes. Tu ne trouvais pas ça juste. Donc tu l’as harcelée et tu lui as crié après jusqu’à ce qu’elle cède.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Mais il y a cette chose que tu fais. Tu sais, celle que tu aimes tant, quand régulièrement ton amie virait ta main, ou te disait non, je n’aime pas ça. Ta persévérance a porté fruit. Elle ne prend plus la peine maintenant.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Mais rappelle-toi quand elle te faisait une pipe et qu’elle a essayé de reculer la tête et que tu t’es servi de tes deux mains pour l’immobiliser, parce que tu n’avais pas encore terminé.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur. Tu n’as eu qu’à la harceler un peu. Et elle a dit que tu pouvais à la fin, et c’est ce qui compte.

Je parie que tu penses ne pas être un violeur.

 

 

Récupéré ici.

La NSA (Agence Nationale de Sécurité, États-Unis) récupère des centaines de millions de SMS tous les jours

ImageLa NSA a récupéré presque 200 millions de SMS du monde entier par jour, en les utilisant pour extraire leurs données, comme la localisation, les réseaux de contacts et les données de cartes bancaires, selon des documents top-secrets.La collecte et le stockage de SMS – dont les contacts – a été révélée par une enquête menée par le journal Guardian et la chaîne de télévision britannique Channel 4, à partir de matériau fourni par le lanceur d’alerte Edward Snowden, qui travaillait précédemment pour la NSA.

Les documents ont aussi révélé que l’agence de renseignements anglaise GCHQ a utilisé la base de données de la NSA pour fouiller dans les métadonnées de communications “non-ciblées et sans mandat judiciaire” appartenant à des personnes au Royaume-Uni.

Le programme de la NSA, qui porte le nom de code “Dishfire”, collecte “à peu près tout ce qui peut l’être”, selon les documents de GCHQ, plutôt que de simplement stocker les communications de cibles existantes.

La NSA a utilisé sa vaste collection de métadonnées pour extraire des informations relatives aux déplacements des personnes, à leurs carnets d’adresse, leurs transactions financières, et plus – même des personnes sur lesquelles ne pesaient pas de suspicions quand à des activités illégales.

Une présentation de l’agence datant de 2011 – sous-titrée “Les SMS : une mine d’or à exploiter” révèle que le programme a collecté en moyenne 194 millions de messages texte par jour en avril de la même année. En plus du stockage de messages, un second programme apprelé “Prefer” effectue une analyse automatique de toutes ces communications.

Le programe “Prefer” utilise les messages textes automatisés, comme les alertes d’appel manqué ou les textos affectés par les surtaxes internationales, pour extraire les informations, que l’agence de renseignement décrit comme “des métadonnées dérivées du contenu”. Elle explique que “des données aussi précieuses ne sont pas incluses dans les métadonnées pour le moment, et enrichiraient substantiellement les analyses actuelles”.

En moyenne, la NSA a extrait chaque jour :

  • Plus de 5 millions d’alertes d’appel manqué, utilisées dans l’analyse des réseaux de contact des personnes (trouver quel réseau existe autour des personnes en analysant qui ils·elles appellent et à quel moment)
  • Les détails des déplacements internationaux de 1.6 millions de personnes, à partir des alertes de changement de réseau téléphonique au moment des changements de pays.
  • Plus de 110.000 noms provenant de cartes électroniques des personnes, ajoutées à la capacité d’extraire et de stocker des images provenant de ces documents.
  • Plus de 800.000 transactions financières, soit par des paiements de texto à texto, soit en reliant des cartes bancaires à des utilisateurs de téléphone.

L’agence a également extrait les données de géolocalisation de 76.000 personnes par jour, à partir de “messages contenant des indications de route” et “organisant des rencontres”. D’autres informations liées aux voyages ont été extraites de messages envoyés par des agences de voyage pour indiquer les chemins à prendre en déplacement, et même les textos traitant d’annulation ou de retard dans les voyages.

Ce sujet a été traité par une conférence de presse très attendue donnée  vendredi par le président Obama sur une “réforme” de la NSA.

Il y a dit que le gouvernement ne devait plus stocker toutes les données de toutes les communications à l’intérieur des États-Unis, en parlant du “potentiel d’abus”. Mais il a aussi rendu très clair le fait que les agences de renseignement devaient avoir accès aux informations liées aux appels, et n’a pas donné de détails sur la façon dont ces informations seraient stockées.

À la place, des entreprises privées vont stocker les métadonnées, et les géants des télécoms sont déjà inquiets à propos de ce que cela signifie :

“En privé, les entreprises de télécom ont exprimé leur inquiétude sur le fait d’être obligées à garder les informations appartenant à leurs clients – les informations relatives à la durée des appels, à leurs destinataires et leur localisation. Un cadre, qui a souhaité rester anonyme, a expliqué que les entreprises se demandaient combien de temps elles allaient devoir garder les données, quelles agences y auraient accès, et de quelle protection elles pourraient bénéficier au cas où des problèmes légaux s’élèveraient à propos de la rétention ou de la distribution des informations.”

Traduit depuis anarcho-queer.

Effrayant, non ?

Et ça ne se passe pas qu’aux États-Unis ; les informations contenus dans les SMS et appels dans de nombreux autres pays du monde sont stockées et exploitées par la NSA. Il est difficile de savoir dans quelle mesure les gouvernements des autres pays collaborent avec le programme. On sait cependant qu’en plus de ces collaborations, les agences de renseignement nationales mettent en place leurs propres systèmes de surveillance. En France aussi.

Comment se protéger ?

Utiliser des systèmes d’exploitation libres et sans backdoors (portes d’entrée pour les utilisateurs malveillants), utiliser des logiciels de cryptographie pour chiffrer ses communications.

Vous ne savez pas par où commencer ? Contactez les associations dédiées au logiciel libre dans votre ville (il y en a sûrement !), organisez une crypto-party avec ces associations pour  vos amis, votre famille, votre réseau social… Mettre en place une plus grande sécurité pour ses communications est un apprentissage ; ne vous inquiétez pas si vous “ne connaissez rien aux ordinateurs”, ça viendra ! De nombreuses personnes, que ce soit sur Internet ou dans la vie loin des claviers, sont prêtes à donner du temps et de l’énergie pour partager leurs connaissances en matière de sécurité informatique.

Vous pouvez trouver plus d’informations sur le site https://prism-break.org/fr/ (en français, disponible dans de nombreux autres langages également).

Dans ton agenda : atelier de contribution à Wikipedia non-mixte

Hello ? Is it me you’re looking for ?

Salut toi.

J’étais en galère d’ordi pendant un mois et demi. Sans clic gauche. T’imagines tout ce que tu peux pas faire sans clic gauche ? Non, t’imagines pas. Parce que c’est pas imaginable. L’enfer que j’ai vécu était terrible. Atroce.

Bref. Maintenant que c’est réparé, je peux enfin reprendre le blogging avec plein de nouveaux trucs ! J’ai de nouvelles recettes, une nouvelle distro Linux que je vais tester tout bientôt, tout un tas de nouveaux projets, des nouveaux dessins sur la peau, des nouvelles copines, enfin bref, un peu la pêche.

On commence par les search term, parce que vraiment, je ne m’en remettrai jamais :

 

search termsVisiblement, y’a quelqu’un à qui ça plaît pas qu’on le·a regarde de la tête aux pieds. J’ai aussi des lecteurs·trices super vénèr dans la vie, et tout le monde s’inquiète à propos de viol.

Sinon, je viens de faire une petite recherche dans mes search term plus anciens, et je tombe sur des trucs comme “cherche femme coupeuse de bite”, ou encore “transgenre et soja”.

Transgenre. Et. Soja.

OK.

Sinon, pour continuer dans le gros pêle-mêle qu’a l’air de devenir ce post, un truc assez classe paraît dans rue89 aujourd’hui. Ma meilleure copine de l’amour du love, MC, est en recherche d’appart à Paris. Un sale type lui propose de louer son logement contre des services sexuels. Elle le fait mariner, puis va voir les flics. Sans surprise, les flics lui rient au nez (quelqu’un qui poste ce genre d’annonces n’est pas dangereux, pensez-vous…). Donc, elle fait un article sur rue89.

Youhou ! You go girl !

L’oeuvre

Hé bien voilà. J’ai fini. J’ai fini au même moment mon mémoire de recherche, mon rapport de stage, et ma scolarité.

Alors, si vous voulez savoir ce que j’ai bien pu fabriquer pendant les six derniers mois, vous pouvez les télécharger et les lire.

 

Rappord De Stage

Intersectionnalité, privilèges et identité(s) : une affirmation communautaire des féministes nord-américaines sur Tumblr

 

Ces objet sont libres. Vous pouvez les réutiliser, en tout ou partie, les modifier, les partager, tant que vous me créditez comme source. Pas d’utilisation commerciale, s’il vous plaît. Eive le datalove !

 

Parti Pirate et transphobie

Grâce à un contact Facebook, je suis tombée ce matin sur la liste de discussion nationale du Parti Pirate, dans une conversation à propos de Chelsea Manning.

Cette conversation tire son origine du fait que le PPAlsace a, le 24 août, retwitté un article parlant de Manning au masculin et a tenté de justifier cela en expliquant que “Manning souhaite qu’on parle de lui au masculin”. Ce qui est faux ; Chelsea Manning a publiquement demandé que l’on s’adresse à elle au féminin, à part dans les courriers qui lui sont adressés directement à la prison dans laquelle elle est détenue, pour la simple et bonne raison qu’ils ne lui parviendraient pas s’ils étaient envoyés à un autre nom que son nom de naissance.

La personne qui a soulevé le problème, Alda, a été dénigrée sur Twitter, puis harcelée. Alda a aussi reçu des menaces par SMS. La personne envoyant ces menaces, @LouPirate sur Twitter, utilise aussi le compte Twitter du PPAlsace pour troller/harceler Alda. Les autre Pirates trouvent ça très très rigolo. Le déroulement complet de la conversation est accessible ici.

Une discussion s’est donc engagée sur la liste mail nationale à propos de cette histoire. Paul Cmal, un sympathisant ou membre du parti, fait remarquer que le tweet était, de fait, transphobe. On lui demande donc de s’excuser auprès du Parti Pirate car il “entretient un malentendu”. (On vient donc de lui demander de s’excuser d’avoir pointé du doigt la transphobie d’un membre du PP, qui plus est qui refuse de dévoiler son pseudo et tweete avec le compte du PP Alsace).

La liste de discussion mail du Parti Pirate étant publique, nous avons donc accès à tous les mails. Envie de vomir en lisant  les propos transphobes et violents qui y sont tenus ; “la maning je peu la prendre dans tous les sens on peu mm si mettre à plusieur, tu n’aura rien de mieu qu’un sac à foutre”, les rappels à la “biologie” qui fleurent bon la manif pour tous, etc.

Ce qui me donne encore plus envie de vomir ? Que personne ne réagisse, ou très mollement, sur la mailing list. Au bout d’une chaîne de messages transphobes, discriminants, essentialistes, appelant au viol, dégueulasses en un mot, de l’ami aurelien@replicant.io, quelqu’un finit par forwarder les propos à Mistral, co-secrétaire national du PP, qui explique que c’est pas bien, que Aurélien doit se “faire oublier”. Très bien, très bien, très bien.

À part ce mol rappel à l’ordre, qui reste dans le cadre d’une conversation entre le troll transphobe et Mistral qui joue le rôle de modérateur des propos ? Quelques protestations sur la liste mail, des essais de pédagogie, (Koala qui a la classe, comme d’habitude). Puis des gens qui râlent parce que “ce débat est inutile, arrêtez de monter sur vos grands chevaux. Puis Solarus qui proteste que “tout le monde a fait l’erreur et c’est un problème compliqué” (Indice : si quelqu’un demande publiquement à ce qu’on l’appelle elle, on l’appelle elle, Sherlock). Puis F. Vermorel qui explique doctement que “le PPAlsace ne présentera des excuses à Manning que si elle l’a demandé et justifié sa demande”.

…sérieusement ?

Mes chers amis du PP.

J’avais confiance en vous, un peu. Même après m’être foutue de votre gueule au sujet de votre manque de culture politique et de votre naïveté. Je vous aimais bien. Ça s’était déjà pas mal cassé la gueule au moment de l’affaire Marquise/Romain Devouassoux, et puis je m’étais dit que peut-être c’était exceptionnel, que finalement y’en avait peut-être des gens bien chez vous.

Mais là, vous nous ressortez la même excuse : il n’y a pas de scandale, c’est un malentendu, etc, etc. Au-delà du gros troll transphobe et qui mérite des baffes (les trolles existent, ils sont là pour emmerder le monde, tout le monde est au courant), le fait que personne ne prenne position pour tacler les comportements inadmissibles est en soi un comportement inadmissible. Le fait que la seule réponse qui soit proposée est la saisie de la Codec est en soi quelque chose de marrant.
 Mais surtout, le fait que la plupart des membres de la liste de discussion aient souhaité faire disparaître le débat en claquant des doigts, en n’en parlant pas, est une énorme lâcheté collective.

Vous vous sentez proche du Parti Pirate ? Super. Vous êtes au courant, quand même, que le Parti Pirate est censé défendre les droits et les libertés fondamentaux ? Parce que, clairement, ce n’est pas ce qui est mis en œuvre pour le moment.
Dans la société dans laquelle nous vivons, il y a des structures d’oppression (racisme, sexisme, transphobie, etc). Quand on ne fait pas partie de la catégorie qui subit l’oppression, on a une position plus confortable. Quand on n’utilise pas son énergie pour essayer de faire que les personnes autour de soi ne perpétuent pas ces oppressions, on valide ces oppressions. Quand on se tait sur des propos transphobes, sexistes, faisant l’apologie du viol, on les valide par défaut. Ce n’est pas le rôle des personnes trans* ou féministes de faire votre éducation ; vous auriez pu réagir collectivement au troll pour lui dire de se taire. Vous ne l’avez pas fait. Paradoxalement, vos molles protestations en ont même rajouté.

Mes chers Pirates, soyez honnêtes sur vos intentions : si vous n’êtes pas prêts à l’ouvrir un peu sur les listes mails pour faire que des personnes ne soient pas discriminées en fonction de ce qu’elles sont (des femmes, des personnes trans*, des personnes racisées), vous ne défendez pas les droits et libertés fondamentaux. Vous défendez vos propres droits et vos propres libertés ; soyez honnêtes, dites-le.
C’est chevaleresque et confortable d’attaquer les vilains États qui restreignent nos libertés et Internet. Tellement plus que de se mouiller un peu sur une liste mail pour reconnaître qu’en fait, “défendre les droits et libertés fondamentales”, ça commence par apprendre à reconnaître que des fois, collectivement, on se comporte comme des abrutis.

Alors, mes “chers” Pirates, avec tout le respect que je vous dois, vous n’aurez ni mon argent, ni mon énergie, ni mes voix, même si je votais. Et ne venez pas me dire “on ne savait pas”. Vous savez. Vous savez utiliser Internet. Vous le faites super bien pour aller emmerder les députés européens. Apprenez à le faire pour vous remettre en cause.

Chelsea Manning, I love you.

[EDIT du 23/08/13 à 17h : reformulation du rôle de C. Manning dans l’affaire Wikileaks]

Vous avez tous et toutes entendu parler de B. Manning et de l’affaire Wikileaks, non ?

Aujourd’hui, 24h après la sentence qui la condamne à 35 ans de prison pour avoir fait fuiter 700 000 documents “confidentiels” appartenant au gouvernement des États-Unis, Manning révèle sa transidentité dans cette interview, expliquant que son prénom est Chelsea, et qu’elle désire que l’on s’adresse à elle avec des pronoms féminins. Elle annonce également son intention de commencer un traitement hormonal le plus rapidement possible.

Je sais que c’est peu, mais je voudrais ici exprimer mon immense amour et soutien à Chelsea, qui non seulement a eu le courage incroyable de révéler les crimes de guerre commis par les États-Unis  (et au passage d’aider le bien commun, le datalove et la transparence gouvernementale mondiale), mais qui a aussi eu celui d’annoncer son identité de femme trans* publiquement.

Chelsea, quoi que tu fasses, tu as mon entier soutien de femme, d’activiste, de queer, et de geek. Les années qui suivent vont peut-être être difficiles à vivre, mais je te porte définitivement mon respect et mon affection.

Laguagematters

Sinon, les journaux reprennent les mêmes informations en boucle depuis une heure, en donnant à cette personne le mauvais genre, ça m’énerve vraiment super fort. Pourquoi appeler une personne “il” alors qu’elle se définit comme “elle” ?

Également, la transphobie des commentateurs me tue. En quoi, juste parce qu’une personne est différente de ce que vous connaissez, c’est une personne tordue, malade dans sa tête, en quoi elle mérite des insultes ? Vous vous rendez compte que quand une personne est trans* elle subit ça tous les jours ? Qui mérite ça ? Traitez les gens comme des personnes, bon sang.

Les mots sont importants. Respectez les personnes transgenre, utilisez les bons pronoms – leurs pronoms.

Image : ici.