Chers mecs.

On me dit que je suis agressive dans mon féminisme. Que je saute sur les gens, que c’est pas gentil, que je devrais être plus pédagogique.

La vérité, c’est que j’agresse rarement les GENS. Par contre, je suis en colère contre un SYSTÈME. Je suis en colère de vivre dans tout ça, d’en ressentir les conséquences absolument tous les jours et qu’il n’y ait pas de porte de sortie (parce qu’on a beau chercher, toutes ensemble, il n’y en a pas). Harcelée dans la rue, au travail des fois, quand je vais faire les courses ; accusée d’être trop agressive quand j’exprime des idées politiques ; emmerdée dans les bars ; réduite à mes “hormones” (ah, ces sacrées hormones) quand je suis fâchée.

Eh bien oui, je suis en colère, et ça ne me donne pas DU TOUT envie d’être gentille.

Je suis méchante avec les mecs. Il faut être plus douce parce que sinon, “ça ne fait pas avancer la cause du féminisme” (Évidemment, les gens qui disent ça s’y connaissent super bien en avancement de la cause féministe, hein). Que c’est pas chouette de pointer les privilèges dont profitent les mecs, parce que “Nous aussi on souffre, regarde moi j’ai pas d’argent/ma copine m’a lâché/c’est une histoire de personnalité et pas de genre” (la bonne blague).

Il paraît que je voudrais renverser la domination des mecs pour installer celle des meufs à la place. Que je suis misandre. Que les mecs aussi souffrent du système. I’ve got news for you : le sexisme inversé, ça n’existe pas. Parce que le sexisme, c’est “la domination d’une classe de genre sur une autre”. En l’état, des mecs en tant que classe sur les meufs en tant que classe. L’oppression des hommes par les femmes n’est pas un système, donc, le sexisme inversé n’existe pas. Point.


Je ne dis pas que la notion de privilège est évidente ; je sais même que c’est une réaction relativement normale de se rebeller quand on pointe vos privilèges en faisant l’une des réponses sus-citées. Par contre, garçon, au bout d’un moment, il faut aussi reconnaître que tu bénéficies de privilèges, et que ça te donne plein de facilités que je n’ai, en tant que meuf, pas.
Par exemple :
– tu as plus de chances que moi d’être embauché, à diplôme égal.
– Si tu bénéficies d’une position de pouvoir, personne ne formulera d’hypothèses sur le fait que tu aies eu ton job en couchant.
– Tu as peu de chances d’être exposé à du harcèlement sexuel.
– Si tu t’exprimes politiquement, personne ne te traitera de “mal-baisé”, de gay, de connasse, etc.
– Si tu décides de ne pas avoir d’enfants, personne ne questionnera ta capacité à être un homme.


Ces privilèges existent,  et en tant que mec, tu en profites par défaut de façon indépendante de ta situation financière ou de ce que tes parents font pour tes études.

Les mecs ont des privilèges, voilà. Je ne suis pas en colère contre “les mecs”. Je suis en colère contre la façon dont certains mecs (ou la plupart) se comportent avec moi et mes copines meufs/pédégouines/trans*, en vertu de leurs privilèges.

Je ne suis pas en colère contre “les personnes à bite” mais “les mecs cis hétéros”. Parce qu’on peut être une femme et avoir une bite. Et qu’avoir une bite ne fait pas de toi un violeur potentiel, mais être un mec élevé dans la culture du viol dans laquelle on vit, si. Parce qu’on te socialise pour ne pas prendre en compte les refus, attentes et non-consentement des personnes autour de toi.

Il paraît que je suis agressive, que “ça ne fait pas avancer la cause féministe”, qu’il faudrait “être plus pédago. ”

Je vis dans un système de merde que je supporte tous les jours. Je vis dans des conditions de merde sans espoir d’amélioration, et je suis super en colère contre tout ça. Et j’ai pas envie de passer ma vie ầ faire la petite maman des mecs qui auraient peut-être éventuellement envie de réfléchir au féminisme. Avec qui il faudrait que je continue à être patiente et gentille, à expliquer gentiment le sexisme et les privilèges et qu’est-ce que tu dois faire pour ne pas être invasif/oppressif/faire des blagues de merde.

J’ai passé toute ma vie à entendre des trucs du genre “t’es pas assez gentille, t’es trop grosse, tu couches pas assez, tu couches trop, tu fais trop de bruit, tu t’habilles pas comme il faut, tu parles trop”, etc, etc, TOUTE. MA. VIE.
Alors les gens qui ont envie de discuter et que je leur apprenne gentiment ce qu’il faut faire pour être un bon gentil mec féministe, ils peuvent aller voir ailleurs, j’ai pas la patience. Dites les gars, vous avez pas un cerveau et Internet ? À priori si vous me lisez, si. Donc vous êtes aussi capables que moi d’aller dans google et de chercher des textes qui vous expliquent ce qu’est le féminisme, et comment ne pas être un gros connard oppresseur.

Je veux pas un système dominé par les meufs, je veux pas de domination DU TOUT.

Et on est encore loin du compte.

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45 responses

  1. Un truc qui serait intéressant, ce serait de mettre la totalité de la conversation que vous avez eu avec votre interlocuteur. Pas seulement la vôtre. Que les gens se fassent une idée. Vous avez le droit d’exposer votre point de vue, il est donc normal qu’il puisse exposer le sien il me semble. D’autant que ses arguments se valent au moins autant que les vôtres à mon sens. Alors, si je devais ne pas être le seul, autant en faire profiter les autres, non ?

    PS : je passe sur les amalgames du genre “tant que je ne sais pas ce qu’est le féminisme, je suis un gros connard oppresseur”.
    Ps 2 : J’ai rarement vu un texte aussi intolérant. Ça me donne presque envie d’être machiste. Mince, je le suis déjà puisque je n’adhère pas à ce laïus.

    1. Bonjour,
      Ce texte est destiné à exprimer un ras-le-bol général envers les discussion que j’ai pu avoir avec des hommes pas particulièrement sensibilisés au féminisme. Il y a effectivement un élément déclencheur, mais je n’ai pas encore décidé si j’avais envie de le publier ou pas.
      J’aimerais savoir quels passagent vous semblent particulièrement intolérants dans ce texte. Pourriez-vous me les expliquer ?

  2. Dans une démarche de sincérité intellectuelle et étant le principal concerné par ce flot de haine dans ce roller coaster argumentatif, je vais publier la conversation à l’origine de cet article. Je n’ai pas peur de cacher des idées qui sont prêtent à évoluer.

    L’ensemble de la chose part des réactions suite à cet article : http://www.motherland.org.uk/participants-contributions/time-to-put-the-female-back-in-feminism/.

    —————————

    Moi :

    Approuvé totalement.

    Sharedwanderlust :

    C’est horrible comme article. Déjà assimiler femme féministe à femme masculine c’est juste méconnaître tout ce qui fait le féminisme. C’est aussi vraiment essentialiste (femme = hormones de maternage/fécondité), et transphobe/cissexiste.

    Tiers :

    En effet, et je n’ai jamais dit le contraire. Cependant tu avoueras qu’une vision fort masculine est imposée à la femme, parce que les choix main stream se résument trop souvent à ”je suis une slut et je l’assume” , ou à une femme forte qui se doit d’adopter les mêmes armes et valeurs que les hommes pour une même vision de la réussite… Et ce parce que les femmes se laissent conduire par les images que les hommes attendent d’elles, non?

    Sharedwanderlust :

    Enfin désolée je suis un peu reloue mais ça commence à me soûler tous ces gens qui passent leur temps à dire comment le féminisme et les féministes devraient être.

    Tiers :

    Tu viens à línstant de le faire…et dire que le féminisme historique est largement resté bloqué sur un obsession d’égalité en conservant la même image sociale masculine dominante, je ne trouve pas cela réducteur ou insultant.

    Sharedwanderlust :

    Ah bon ? J’ai énoncé une injonction qui s’adresse aux féministes ?

    Moi :

    Peut-être que ce serait un premier pas vers la suppression du sexisme ? Ca paraît paradoxal, mais si tu réintègres positivement les valeurs féminines, premièrement en passant par les femmes, puis que tu expliques aux gens que ces valeurs ne se cantonnent pas qu’aux femmes et peuvent se déployer dans les deux sexes, enfin, peut-être on pourra faire un pas contre cette vision sexiste qui organise toute notre société.

    Tiers :

    Je suis d’accord avec toi, je trouve personnellement que les femmes sont encore largement soumise à une vision masculine de leur rôle et comportement, et ce y compris dans leur libération sexuelle, qui sert largement les appétits des hommes, sans que le féminisme soit parvenu à attenuer ce rapport dominant… Mai cela reste personnel.

    Sharedwanderlust :

    Mais en quoi “masculine” ? C’est juste parce que les valeurs “positives” sont associées au masculin, mais ça veut pas dire qu’elles sont masculines de façon inhérente.

    Moi :

    Nous sommes d’accord. La question, c’est comment faire rentrer cette idée dans les mentalités ? Il y a un cheminement qui doit se faire pour que ça s’installe dans la majorité des esprits.

    Sharedwanderlust :

    Pour moi il s’agit surtout de faire de la sensibilisation auprès des personnes mecs sur la peur de la perte des attributs du masculin et sur l’acceptation des valeurs du “care” en tant que non-danger pour la masculinité, (je bosse sur ça dans mon stage). Il s’agit plus de faire émerger ces valeurs-là comme positives pour les gars que de dire que l’appropriation par les femmes des valeurs positives traditionnellement masculines est un danger ou une dérive du féminisme. C’est pas négatif pour un groupe opprimé de s’approprier les valeurs du groupe dominant.

    Moi :

    Oui. Mon seul problème avec cette démarche, c’est la frontière entre la masculinité (que tu peux retrouver chez les femmes ou les hommes) et l’homme ? Est-ce que les valeurs du “care” sont réellement intégrées dans la masculinité sous toutes ses formes ou est-ce que finalement on cible les hommes (tu parles de “mecs”…) ? Concernant l’appropriation des valeurs positives dites “masculines” par les femmes, ce n’est pas un danger pour le féminisme, c’est un danger pour ce que tu appelles le “care” dans l’état des mentalités actuelles.

    Sharedwanderlust :

    Ben oui justement, que les meufs perdent le “care”, on s’en fout ! c’est notre rôle traditionnel depuis des centaines/milliers d’années, on peut en sortir, non ? Et on peut aussi dire que c’est un peu à eux de l’assumer pour une fois.

    Moi :

    Non.

    Sharedwanderlust :

    Quoi non ?

    Moi :

    On fait quoi ? On inverse les rôles ? Super c’est aussi sexiste. Tu veux te retrouver avec des hommes aux valeurs féminines et des femmes aux valeurs masculines ? Elle est où la mixité des valeurs là-dedans ? C’est pas possible de combiner les deux ? C’est tout aussi précieux de garder le care chez les femmes et de développer les valeurs masculines chez elles que de développer le care chez les hommes sans qu’ils perdent les valeurs masculines, que nous aussi, on se tape depuis des siècles même si on est les “vainqueurs” socialement. Désolé mais la culture virilisante me fait chier autant que toi depuis le début de mon existence, et je connais beaucoup de gars qui que ca fait chier aussi.

    Sharedwanderlust :

    HAHAHAHAHA tu vas me dire que je suis misandre aussi. Le sexisme, c’est le système d’oppression des femmes par les hommes en tant que classe. LE SEXISME INVERSÉ N’EXISTE PAS PARCE QUE LES FEMMES N’OPPRIMENT PAS LES HOMMES.
    Ceci étant dit, je ne vois pas où est le problème pour une meuf à rejeter les trucs qu’on lui colle dessus dès qu’elle naît, à ne pas être douce/gentille/responsable/accomodante. Les mecs n’ont qu’à le faire. Comme ça on pourra s’occuper, par exemple, d’en terminer avec la culture du viol, ou de développer nos compétences en self-defence pour pas se faire agresser dans les bars. Si tu veux du care, fais-le et dis à tes copains de le faire.

    Et en ce qui me concerne les hommes peuvent bien “perdre les valeurs masculines” parce que ces valeurs perpétuent un système de merde qui fait percevoir les femmes comme des semi-êtres humains.

    Moi :

    C’est ce que je fais. J’en ai marre de me prendre des leçons de morales par des (libertaires) [ndlr, j’ai supprimé moi-même le mot par la suite, cf. ci-dessous] tarées aggressives sans aucune empathie pour la classe masculine qui s’ouvre aux valeurs féminines. Tu ne cibles pas les bonnes personnes en t’attaquant à moi “et mes copains.” Tu redescends tout de suite d’un ton, car infantiliser les gens dans tes propos, c’est te rabaisser à ton statut de mère qu’on t’a collé.

    Tu mélanges tout, ton semblant d’ouverture est juste là pour déguiser ton mépris pour les hommes et les valeurs qui leur sont associées. Je n’ai pas envie de perdre mes valeurs masculines “positives” (le viol n’est pas inclus dedans, tu éviteras de déraper aussi rapidement) et j’intègre, jours après jours, des valeurs du care. Car, oui, je souhaite mixer les deux. Mais quand des femmes viennent me faire la morale, me cible, parce que je veux débattre avec elles, je comprends que des gars qui font des efforts lâchent l’affaire très vite.

    Sharedwanderlust :

    Hin hin hin. Tu vas me donner des ordres, en plus ? Et bravo le saut rapide au cliché de féministe = taréE libertaire et agressive. On me l’avait jamais faite, celle-là. Mais bon, au lieu de crier à la misandrie et au sexisme inversé, tu peux aussi examiner tes privilèges de mec blanc et reconnaître qu’en tant que meuf j’ai pas ces privilèges. C’est bien sympa de couiner que les féministes “donnent des leçons de morale” quand tu n’as aucune chance, à cause de ton genre, d’être payé 20% de moins qu’un mec, quand tu peux te promener librement à n’importe quelle heure sans courir le risque d’être violée, quand on te prend au sérieux dans tes arguments sans dire que “c’est les hormones” ou que tu es forcément “hystérique” (tiens tiens) quand tu es légitimement en colère contre un système de merde dans lequel tu vis.

    Non j’ai aucune empathie pour la classe masculine parce que tout simplement c’est la classe dominante. Je suis pas en recherche de validation de la part de la classe masculine parce que je peux me valider toute seule, thank you very much.

    Je ne méprise aucunement les mecs ni les valeurs dites “masculines” puisque ce sont des valeurs dont la réappropriation fait l’objet de ma lutte politique. Par contre, les mecs qui viennent me donner des leçons de féminisme, forcément, ça m’énerve.

    Et je vois pas où je te fais la morale, par contre.

    Et sinon c’est bien d’intégrer les valeurs du “care”, je te félicite.

    Moi :

    J’ai retiré le “libertaire”, c’était de l’énervement puéril. Le “tarées aggressives”, libre à toi de l’associer à l’hystérie, je n’ai pas fait ce raccourci et je ne le ferai jamais, par contre l’impulsivité et le ton de tes propos ne me fera pas revenir sur l’usage de ces mots. Si tu étais un homme, j’aurais utilisé “tarés agressifs.”

    Ton constat, je le connais bien, je le pointe auprès de tous chaque jour, femmes et hommes. Mes petits privilèges j’en ai rien à foutre. Et personnellement, mon statut d’étudiant boursier échelon 06 stagiaire payé au lance-pierre sans soutien financier de parents absents me permet pas vraiment de dire que j’y ai goûté. Être chez les dominants, je m’en tape complètement aussi. Encore une fois, tu me cibles et m’agresses, alors que je m’ouvre à ton discours. C’est quoi cette démarche haineuse ? Tu trouves ça efficace pour faire passer des idées ?

    Enfin, je donne pas des leçons de féminisme, je pose des questions. Par contre, toi tu me donnes des leçons et portes des jugements sur mon comportement sans même savoir ce que je fais au quotidien pour le féminisme. J’ai une bite, je suis catalogué comme un salaud, ca dérape sur le viol et toutes ces conneries borderline. Tout ça, cette agressivité, ces exemples, c’est un tas de merde inorganique quelconque. Ca n’a aucun sens avec des gens qui s’ouvrent à ton discours.

    Tu te rends compte du chemin que tu viens de faire dans tes commentaires, de la teneur de tes propos avec quelqu’un qui engage le dialogue ?

    Tu veux une égalité des sexes ou tu veux un nouveau rapport de force avec un système de valeurs féminines dominant ? Quand je te lis, je me pose très sérieusement la question. Trouve du soutien auprès des mecs qui sont partiellement d’accord avec toi, parle leur, plutôt que de les démonter parce qu’ils se posent des questions et sont pas à la pointe sur toutes les questions de ton combat politique.

    Sharedwanderlust :

    J’agresse personne, je suis juste en colère de vivre dans tout ça, d’en ressentir les conséquences absolument tous les jours et qu’il n’y ait pas de porte de sortie (parce qu’on a beau chercher, toutes ensemble, il n’y en a pas).

    Dire que tu t’en fous de tes privilèges, c’est justement refuser de les examiner, et nier ce qu’ils peuvent avoir comme conséquence sur les personnes dominées.
    C’est un peu la même chose qu’un mec blanc qui viendrait dire à un mec black “Oh mais moi je m’en fous de mes privilèges parce que je suis malheureux ailleurs nananan”, ça nie complètement que tu en profites, ça valide même le fait que tu en profites tranquillement.

    Ceci étant dit, c’est normal d’avoir une réaction défensive quand on te dit que tu as des privilèges, absolument tout le monde le fait (ho mais moi je suis pas comme ça/je souffre aussi etc).

    Par contre, au bout d’un moment, il faut aussi reconnaître que tu bénéficies de privilèges, et que ça te donne plein de facilités que je n’ai, en tant que meuf, pas. Par exemple :
    – tu as plus de chances que moi d’être embauché, à diplôme égal.
    – Si tu bénéficies d’une position de pouvoir, personne ne formulera d’hypothèses sur le fait que tu aies eu ton job en couchant.
    – Tu as peu de chances d’être exposé à du harcèlement sexuel.
    – Si tu t’exprimes politiquement, personne ne te traitera de “mal-baisé”, de gay, de connasse, etc.
    – Si tu décides de ne pas avoir d’enfants, personne ne questionnera ta capacité à être un homme.

    Bon la liste est longue, mais c’est important de parler de ça pour ce que je vais dire ensuite. Parce que ces privilèges existent et que tu en profites par défaut parce que tu es un mec, de façon indépendante de ta situation financière ou de ce que tes parents font pour tes études.

    Je n’ai pas l’impression d’avoir jugé ton ou tes comportements. Par contre, je ne peux pas te laisser dire que je déteste les hommes ou je ne sais quelle absurdité. Je ne déteste pas les hommes, je déteste la façon dont certains hommes se comportent avec les femmes et les personnes trans*. ET je déteste le fait que la société soit construite de telle façon que ça paraisse normal à tout le monde.

    Pour ajouter quelque chose, je ne suis pas en colère contre “les personnes à bite” mais “les mecs cis hétéros”. Parce qu’on peut être une femme et avoir une bite. Et qu’avoir une bite ne fait pas de toi un violeur potentiel, mais être un mec élevé dans la culture du viol dans laquelle on vit, si. Parce qu’on te socialise pour ne pas prendre en compte les refus, attentes et non-consentement des personnes autour de toi.

    Non je veux pas un système dominé par les meufs, je veux pas de domination DU TOUT, et on est encore loin du compte.

    Maintenant, sur ton histoire de “ah mais c’est pas gentil”, me dire que je suis agressive. C’est bien mignon mais c’est l’argument que tout le monde utilise, “il faut être gentille et pédago”. Ben écoute, je vis dans un système de merde que je supporte tous les jours, je me fais régulièrement harceler et insulter dans la rue, et je suis super en colère contre tout ça. Et j’ai pas envie de passer ma vie ầ faire la petite maman des mecs qui auraient peut-être éventuellement envie de réfléchir au féminisme, parce que la plupart du temps ils me ressortent des trucs débiles du genre “mais t’es trop agressive, ça fait pas avancer la cause du féminisme”. Et il faudrait que je continue à être patiente et gentille, à expliquer gentiment le sexisme et les privilèges et gnagnagna. J’ai passé toute ma vie à entendre des trucs du genre “t’es pas assez gentille, t’es trop grosse, tu couches pas assez, tu couches trop, tu fais trop de bruit, tu t’habilles pas comme il faut”, etc, etc, toute ma vie. Alors les gens qui ont envie de discuter et que je leur apprenne gentiment ce qu’il faut faire pour être un bon gentil mec féministe, ils peuvent aller voir ailleurs, j’ai pas la patience.

    Moi :

    C’est d’une incohérence totale. Tu mélanges ce que tu dis à des propos généralistes, tu m’inclus et tu m’exclus dans des cases quand ca t’arrange pour servir ton argumentation. Sans parler du ton affreusement haineux.

    Tu n’agresses personne ? Tu es “juste” en colère ? Je te suggère de ranger ta haine et ta condescendance. On ne supprime pas les rapports de force dans la société quand on en créer de nouveaux. Tu te crois juste en apostrophant les gens, en pointant des privilèges qu’ils n’ont pas, mais qui existent potentiellement ? Qui te dit que je veux en jouir de ces privilèges ? Et de quel droit tu donnes une teinte misérabiliste à mes propos concernant mes soi-disant privilèges ? De quel droit tu te permets d’utiliser le peu de ce que tu connais de mon parcours de vie pour chier sur des privilèges dont je ne jouis pas et/ou je ne veux pas jouir ?

    Concernant les dits privilèges, je les questionne, merci. Quand je dis que je m’en fous, cela signifie que je veux très bien faire une croix dessus. Je ne suis pas dans une démarche passive où j’en jouis et si je les perds tant pis. Non, dans mon entourage, je rappelle à tous que notre situation, en tant qu’hommes, n’est pas normale.

    Tu n’as pas l’impression de juger mes comportements ? Je vais te donner des exemples si ton esprit manque de clarté parce qu’il est brouillé par la colère.

    ” Si tu veux du care, fais-le et dis à tes copains de le faire. ” Qui donne des ordres ici ? La phrase dans sa formulation suggère que je ne le fais pas, et que je devrais le faire. Elle porte un jugement.

    “Mais bon, au lieu de crier à la misandrie et au sexisme inversé, tu peux aussi examiner tes privilèges de mec blanc et reconnaître qu’en tant que meuf j’ai pas ces privilèges.” Tu m’as vu utilisé le mot “misandrie” ? Tu m’as vu crier à la misandrie avant que tu commences à m’accuser de l’acte de misandrie ? Tu vas me dire que de telles accusations n’incluent pas un jugement ?

    “Par contre, les mecs qui viennent me donner des leçons de féminisme, forcément, ça m’énerve.” Je t’ai donné une leçon de féminisme avant que tu fasses de la calomnie ? C’est là aussi un jugement de mes propos.Tu peux rétorquer que non, car tu oscilles très habilement entre mon cas et la généralisation sur les hommes. Habile manipulation du langage pour rebondir sur le fait que tu ne m’inclus pas dans tes propos.

    Revenons à ta phrase que j’ai cité en dernier. Une femme te fait une leçon de féminisme et tu l’acceptes mais un homme, non ? C’est mal les hommes qui veulent s’inclurent dans le féminisme ? Tu ne veux pas d’eux ? Tu n’as pas la patience pour ? Encore une belle vision d’égalité.

    Enfin, oui, il faut être nice et pédagogique. On fait passer les idées en devenant un exemple, pas en forçant les gens et en les méprisant sous n’importe quel motif.

    Avant l’inégalité des sexes, je vais te dire ce qui m’énerve le plus dans ma société française, c’est son élitisme, son manque d’humilité qui suinte à tous les étages.

    Tu te crois au-dessus de qui pour me parler comme ça , pour généraliser autant sur tous ?

    Ton comportement me dégoute atrocement. Quel motif te donne le luxe de ne pas expliquer tes idées auprès des gens ? Ta stupide colère ? Tu es simplement une femme consciente de ses qualités intellectuelles et ses connaissances, et tu te crois au-dessus des autres, car tes qualités et ton parcours difficile en tant que femme, sont pour toi, des excuses qui te permettent de ne pas accorder d’attention aux personnes qui soit s’intéressent à ta cause soit la refusent.

    Ma pauvre, tu sombres dans la vanité politique la plus totale.

    Mais tu te bats pour quelle raison alors ? Tu cherches à faire reconnaître des idées déjà admises dans ton propre cercle ? Parce que les gens sont trop cons, trop mâles ou trop ouverts pour te parler ? Qu’est-ce que c’est que cet ethnocentrisme de classe et de sexe répugnant ? Quelle est cette arrogance intellectuelle et culturelle ?

    C’est très bien, ne questionne surtout pas ta démarche. Vautre toi dans ta haine et ta mégalomanie. Je n’ai plus envie de discuter avec toi, de toute façon tu as déjà scellé le dialogue : “Alors les gens qui ont envie de discuter et que je leur apprenne gentiment ce qu’il faut faire pour être un bon gentil mec féministe, ils peuvent aller voir ailleurs, j’ai pas la patience.”

    Sur ces mots, je te laisse patauger dans ton crachoire, en espérant que tu t’y noies.

    Sharedwanderlust :

    Haha, on dirait que j’ai touché juste ? Monsieur est tout fâché ?

    Mmmh sinon :
    – Oui tu es un mec donc tu as des privilèges. Désolée, je sais que c’est dur à accepter
    Et je viens de passer une heure à t’expliquer plein de trucs, donc me dire que je suis une femme qui se cherche “des excuses qui te permettent de ne pas accorder d’attention aux personnes qui soit s’intéressent à ta cause soit la refusent.”, c’est juste débile (et un peu ingrat même, parce que j’ai vraiment fait des efforts pour t’expliquer les choses posément et en détail).
    – Par la phrase “les mecs qui viennent me donner des leçons de féminisme” j’entends : les mecs qui viennent me dire que je suis pas assez gentille et que “ça dessert la cause du féminisme”, c’est des mecs qui disent en substance “non mais ce que tu fais n’est pas féministe dans le bon sens, faut faire autrement” donc qui m’expliquent comment et comment ne pas être féministe. Tu admettras que ça a quelque chose de très agaçant, quand même.
    Après les attaques ad hominem, je vais passer dessus parce que ça sert juste à rien (et je t’aime bien quand même, je me dis même qu’il y a moyen que tu regrettes d’avoir dit ça quand tu seras plus énervé).

    Je me bats pour quoi ? Je me bats pour que mes copines ne se fassent pas tabasser dans la rue en sortant des bars. Je me bats pour que les flics reconnaissent les viols et poursuivent les violeurs sans nous questionner sur la longueur de nos jupes. Je me bats pour que mes copines musulmanes puissent porter le voile si elles le désirent sans qu’on les juge. Je me bats pour que mes copines putes puissent exercer leur métier sans qu’on suppose automatiquement qu’elles sont droguées ou traumatisées. Je me bats pour pouvoir défoncer les couilles du premier connard qui s’autorise à me toucher sans me l’avoir demandé avant. Je me bats 35h par semaine pour que toutes les femmes aient accès à une contraception et puissent refuser une grossesse non désirée. Je me bats pour que mes copains et copines trans ne soient plus considéréEs comme des fous/folles. Et tu sais quoi ? C’est un combat long, difficile, désespérant, qui nécessite tous les jours de réexpliquer des trucs, et être une femme ça veut dire que je subis tous les jours toutes ces merdes. Alors tu m’excuses d’avoir des moments où je suis pas super happy dans ma vie.

    Par contre, heu, l’ethnocentrisme de classe et de sexe ? l’arrogance intellectuelle et culturelle ? Tu peux m’expliquer ?

    Moi :

    Tu souhaites réengager la discussion, c’est une démarche que j’accueille les bras grands ouverts.

    Ton combat, très juste, que je partage sur tous les points, tu le fais passer comment auprès des individus ? Si tu refuses de dialoguer avec les gens qui ne sont pas ouverts à ta cause et avec les gens qui ont besoin d’affiner leurs points de vue ? Tu fais comment pour défendre tes ami(e)s et plus généralement la féminité ?

    C’est très lié à ce que j’ai appelé ethnocentrisme de classe et de sexe ; arrogance intellectuelle et culturelle. Tes expériences associatives, professionnelles, ta vie de femme dans ce cadre oppressant, tes savoirs et tes savoir-faire ne méritent pas d’être partagés auprès de gens qui ne sont pas complètement inclus dans la cause féministe mais qui veulent en faire parti ? Quid des gens qui méprisent cette cause ? Tu ne chercheras jamais à faire en sorte de changer cet état d’esprit car c’est chiant et long de ressasser ? Et après tu reviens, en me disant que c’est ce que tu fais tous les jours. Mais enfin, tous ton discours oscille entre le refus et la volonté de dialoguer. C’est très difficile de discuter avec toi, tu refuses de développer tes idées, d’engager le dialogue, puis tu relances, tu développes, tu mêles les choses.

    Retiens juste que tu t’engages dans une cause politique, oui, c’est un dur labeur. Il va falloir répéter et à travers différentes formes pour cibler tous les publics. Une lutte, c’est d’abord de la patience.

    Enfin, je te remercie pour l’article sur ton blog, mais si tu veux plus de sincérité intellectuelle, je te propose de poster l’intégralité de notre discussion. Je me ferai un plaisir de faire un travail de relecture pour soigner la grammaire et l’orthographe à laquelle j’ai accordé peu d’attention pendant que je tapais ce que j’essayais de t’expliquer.

    PS : Quant aux privilèges, je te suggère de me relire, je pense que tu n’as pas vraiment compris mon positionnement et que tu as lu entre les lignes. Il est difficile de faire plus clair que : “Concernant les dits privilèges, je les questionne, merci. Quand je dis que je m’en fous, cela signifie que je veux très bien faire une croix dessus. Je ne suis pas dans une démarche passive où j’en jouis et si je les perds tant pis. Non, dans mon entourage, je rappelle à tous que notre situation, en tant qu’hommes, n’est pas normale.”

    Sharedwanderlust :

    Oh, tu m’accueilles à bras ouverts, comme c’est mignon et généreux de ta part…
    Alors pour répondre gentiment et sans m’énerver.
    Je ne refuse pas de dialoguer avec les gens qui sont moins engagés ou qui ont besoin d’affiner leurs points de vue. Sinon je serais pas en train de discuter avec toi. Par contre, je refuse de réexpliquer mille fois les mêmes trucs ; comme pour les raisons de mon végétarisme, je renvoie les gens à mon blog ou à google qui est ton ami. Peut-être que ça ne t’est jamais arrivé (bienheureux !) d’avoir à justifier sans cesse une position, mais vraiment, c’est fatigant, de devoir se battre pour un truc qui est juste normal et qu’on devrait avoir si la société était un peu moins pourrie, et des fois, ben, j’ai pas l’énergie (tout comme j’ai pas l’énergie de faire le petit professeur à propos de ma sexualité et d’expliquer aux hétér@s comment ça se passe quand on fait pas du sexe comme elleux).
    Tu as l’air de voir plein d’arrogance dans ce que je dis. Moi j’y vois juste de l’affirmation de moi et de mes copines meufs, et aussi de la colère et de l’épuisement. Parce que crois-moi, tu es bien loin de percevoir ce que ça fait, d’être une meuf féministe.
    Donc finalement, tu vois, appartenir à plusieurs collectifs féministes, manifester un samedi et dimanche sur deux, écrire des trucs dans mon temps libre pour expliquer le féminisme, et bosser dans une asso féministe à plein temps, je trouve que ça fait quand même pas mal d’efforts et que même ça en fait assez. Les gens qui veulent savoir plus de mon expérience associative ou de meuf, ils peuvent aller voir sur mon blog ou me poser la question, je suis assez open pour parler de ça (même sur mon temps libre). J’ai pas l’impression de refuser la discussion. parce que ça fait deux heures que je discute avec toi.
    Quelle idée je n’ai pas développée ou refusée de dialoguer ? (désolée je suis un peu fatiguée de tout ça et du climat politique actuel alors je me rends peut-être pas compte de tout).

    —————————

    FINALEMENT, je continue / termine cette discussion ici.

    Tu as refusé de dialoguer au moment où tu as écrit ceci :

    “Alors les gens qui ont envie de discuter et que je leur apprenne gentiment ce qu’il faut faire pour être un bon gentil mec féministe, ils peuvent aller voir ailleurs, j’ai pas la patience.”

    Tu t’es rendue compte de ton erreur, tu es revenue pour discuter. Tu m’as ensuite renvoyé vers ton blog alors que j’étais déjà aller faire un tour dessus. Voilà.

    Je n’ai pas envie d’aller plus loin dans cette discussion, je comprends ta colère même si je ne la vis pas à ta place. Je suis d’accord avec le fonds de tes messages en ce qui concerne ton combat. Je n’aime pas le ton et la mise en forme que tu attribues à ton message. Je pense que c’est une erreur que de véhiculer des idées aussi justes et nécessaires avec autant de mépris et de haine. Je passe sur le ton narquois qui transpire dans chacune de tes réponses, qui sont résumées dans cette intervention absolument puérile : “Haha, on dirait que j’ai touché juste ? Monsieur est tout fâché ?”

    “La meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe.” (Jacques Prévert)

    PS : WTF ? Ton végétarisme n’a rien à voir là-dedans.

    PS 2 : Désolé pour les fautes d’orthographe, j’étais au boulot, débordé et j’avais peu de temps pour la relecture.

    1. Mais, cher ami, si tu n’aimes pas le ton ni la mise en forme du message, pourquoi est-ce que tu continues à discuter ? Si tu penses qu’il y a trop de mépris et de haine dans ce que je raconte, pourquoi ne pas passer ton chemin ? Je te l’ai déjà dit, je n’ai pas besoin de ta validation, alors pourquoi tu te fatigues, dis-moi ?

    2. Et comme je suppose que tu lis l’anglais, je t’invite à lire cet article éclairant : http://blog.shrub.com/archives/tekanji/2006-03-08_146

      1. L’article est très intéressant, c’est sans doute ton intervention la plus instructive que tu as posté depuis le début de cette déferlante de mots.

      2. Oh, tu valides mon intervention sur mon propre blog ? Tu me combles d’aise. Je suis heureuse que tu sois assez gentil pour lire les trucs que je poste !

      3. C’est toi qui à ce pouvoir, c’est ton blog. Valide ou non, je ne suis pas en mesure de le faire.

        J’attire plutôt l’attention sur l’intérêt d’un article brillant sur le fonds et la forme et qui fait contraste avec tes propos haineux.

      4. Mais écoute, mon ami, si t’as pas envie de venir lire mes propos haineux sur ce blog, rien ne t’en empêche. Il y a une petite case en haut à droite de ton browser avec une croix rouge dedans, mets la petite flèche dessus, appuie sur le bouton, et hop ! Fini les ennuis !

  3. Il n’y a pas à s’ecuser d’être agressive, je suis agressive dans mon féminisme, dans mon veganisme, dans mon antihomophobie (surtout en ce moment), parce que la domination masculine, le spécisme, l’homophobie sont des agressions. Continue donc, t’as pas besoin de ma validation pour être agressive mais je te la donne quand même 😛

    1. +1 et je suis honorée d’avoir un commentaire d’IV sur mon blog 🙂

      1. Là, on est dans le n’importe quoi. Vraiment, rendez-vous compte de vos propos, pitié, prenez de la distance.

        Revendiquer la violence et la haine pour défendre des idées parce qu’on a le sentiment d’être en minorité ou parce qu’on l’est et entouré est la chose la plus idiote que j’ai pu lire je crois. Vous auriez pu tout aussi bien écrire à une autre époque :

        “Il n’y a pas à s’excuser d’être agressive, je suis agressive dans mon racisme, dans mon eugénisme, dans mon antisémitisme (surtout en ce moment), parce que la domination juive, le youpin, les handicapés sont des agressions. Continue donc, t’as pas besoin de ma validation pour être agressive mais je te la donne quand même. ”

        “+1 et je suis honorée d’avoir un commentaire du Führer sur mon blog”

        Point Godwin et rien à cirer. Encore 9 et j’aurai droit une pizza j’espère.

      2. Hin hin hin… C’est vrai qu’à n’importe quel moment de l’histoire les Juifs, les Noirs ou les enfants ont été en situation de domination.
        D’ailleurs, les Noirs aux États-Unis et les femmes (pour le droit de vote ou pour la contraception) n’ont qu’à eu aller gentiment demander aux oppresseurs d’avoir des droits et les oppresseurs leur en ont gentiment donné. C’est bien connu.

      3. Et c’est bien là tout le noeud du problème : tu assimiles les oppresséEs à des oppresseursEs, parce que tu assimiles le féminisme ou les luttes pour la libération animale au racisme, à l’eugénisme, à l’antisémitisme. Ces combats sont des luttes de libération, parce qu’il y a bien deux côtés, le groupe dominant (les mecs cis het, les humains en général) et le groupe dominé (les meufs/pédégouinestrans, les animaux). Et que les animaux et les pédégouinesmeufs sont du mauvais côté de la barrière, dans ces cas-là.

        Alors, tu veux être gentil ? Tu veux être féministe et anti-spéciste ? Sois-le. Mais ne parle pas à la place des gens qui vivent les situations de domination. Appuie-les, mais ne leur explique pas comment elles doivent procéder pour se libérer d’une domination dont tu profites, même indirectement.
        Dans la situation du racisme, de l’antisémitisme, etc, ce sont bien les Juifs, les Blacks, qui sont oppressés. Et c’est bien normal que ces groupes essaient de se libérer des oppressions. Dans le cas que tu cites, le racisme et l’antisémitisme, il s’agit de renforcer les oppressions, pas de les briser.
        C’est plus clair, maintenant ? Si je ne te connaissais pas IRL, je penserais vraiment que tu es débile à la lecture de tes coms. Mais bon, j’ai quand même plein d’espoir.

        Si c’est pas de la pédagogie que je fais, alors je veux bien manger mon chapeau.

      4. Je suis d’accord avec toi, mais les défenseurs de ces idées atroces se pensaient agressés, dominés par “le juif.” À leurs yeux, ils étaient dans une situation de domination.

        Je serai toujours d’accord ou partiellement d’accord avec toi, nous avons un socle idéologique très commun sur le fonds. Je veux juste te montrer qu’il y a des façons plus crédibles de défendre ta cause. Nous parlons de forme là.

      5. Ah, mais tu l’as pas lu en fait l’article sur le mansplaining. J’aurais dû m’en douter.
        Allez, je te mets le lien qui se trouve environ dix lignes au-desssus de ton commentaire, parce qu’au fond, je suis bien gentille :
        http://cafaitgenre.org/2012/07/14/bingo-feministe-et-mansplaining/
        En vrai, lis-le, tu verras, c’est vraiment intéressant !

      6. Concernant le post qui précède le mien mais qui a été posté après (volontairement ou non), je suis d’accord et je remercie de mettre les formes. Sur ce (si tu m’y autorises ? dernière joke acide …) je me retire de cet article, j’ai obtenu ce que je voulais : un fonds juste sous-tendu par des propos sains et pédagogues.

        Ce blabla n’a pas été futile, j’ai appris des choses que je connaissais pas.

        Bises.

      7. Mais tout le plaisir est pour nous, camarade. N’hésite pas à revenir si tu veux démontrer publiquement que tu ne connais rien au féminisme mais que tu t’autorises quand même à dire à ses militantes comment il faut se comporter pour faire avancer la cause sans toutefois militer toi-même ou faire preuve du début d’une déconstruction. Tu seras accueilli à bras ouverts !

      8. Tu cites deux articles différents, avec des contenus similaires mais énoncés chacun à leur manière. Le premier est fin, l’autre est juste mais virulent (devant les tweets, je comprends l’agacement cela dit). Concernant le deuxième :

        “Qu’une chose soit bien claire. Comme je critiquais cette attitude, il m’a accusée de vouloir exclure les hommes du combat féministe. Loin de moi cette idée, les hommes sont indispensables à ce combat, puisque les féministes se battent pour l’égalité des genres.” Oui, bien sûr.

        “En revanche, je refuse qu’un homme m’explique comment, quand et pourquoi être féministe. De même, je me considère comme anti-raciste mais en tant que blanche, il est hors de question que je me substitue aux premier.es intéressé.es dans ce combat.”

        Oui et non, mérite des nuances. Je ne dis pas que les hommes doivent redéfinir le féminisme à la place des femmes, mais qu’ils peuvent participer au dialogue indirectement participe à la construction du mouvement qui est porté par les femmes. Je pense que c’est légitime s’ils veulent soutenir une cause qui ne les touchent pas directement, non ?

      9. C’est bien dit dans la phrase que tu cites : Participer, oui. Parler à la place, non.

        Et comme les structures de socialisation poussent les mecs (désolée, vraiment, mais quand tu regardes n’importe quel milieu, même militant, même sensibilisé, tu t’en aperçois) à couper la parole aux femmes, à occuper l’espace, à dénigrer les opinions des meufs, etc… Voire à confier de façon presque automatique les fonctions du “care” à ces mêmes meufs dont ils disent lutter pour l’émancipation ! Même dans les milieux militants, les embrouilles entre les gens, c’est les filles qui les règlent, souvent, elles se retrouvent à organiser des sleepin, à faire à bouffer, à faire gaffe aux sentiments des autres, juste parce que c’est un truc dont les mecs ne s’occupent absolument pas (tu me diras, ils ont pas été socialisés pour, mais nous on a pas été socialisées pour se défendre, et on a quand même appris à le faire, donc ça doit pas être si dur que ça…). Bon tout ça pour parler de la non-mixité qui peut parfois être nécessaire justement parce qu’entre meufs on a pas besoin de faire ce que je fais avec toi depuis deux jours (je dis ça vraiment sans condescendance), expliquer ces turcs qui vont de soi pour nous, on a pas besoin de se justifier, quand on est en non-mixité.

        Alors attention, ça veut pas dire qu’on rejette les gars, qu’on les aime pas, qu’on veut leur couper la bite, qu’on les exclut de nos mouvements ni rien ; ça veut dire qu’on a des fois besoin d’espaces où on peut se retrouver sans eux pour faire nos trucs et parler entre nous.
        Ça ne nous empêche pas de passer plein de temps avec des gars, de parler avec eux de féminisme, d’écouter ce qu’ils en disent, de les aimer beaucoup aussi. Mais, comme je te disais, on aime pas qu’on parle à notre place, et malheureusement les mecs, mêmes proféministes, ont souvent tendance à prendre tout l’espace et à ne pas nous laisser nous exprimer… (je dis pas ça pour stigmatiser, vraiment, mais ça arrive très souvent !)

        Est-ce que j’ai répondu à ta question ? (fatiguée)

      10. Je ne suis pas vraiment clair.

        Je ne veux pas que les hommes influencent la construction du mouvement sur le “comment” (le “quand” et “pourquoi” je n’en parle même pas, c’est juste une question individuelle).

        Mais si quelqu’un arrive sa bonne intention bourrée de ses clichés, il est juste et pragmatique de lui répondre avec une abondance de patience, même si c’est chiant.

        Comment tu apportes du soutien à ta cause si les néophytes de celle-ci se font réprimander au motif de la méconnaissance du sujet ?

      11. Effectivement, c’est une question légitime. D’ailleurs, je joue ce rôle-là, souvent même. Mais y’a des fois où entendre mille fois la même réaction, ça peut soûler, y’a des fois où t’as pas super envie d’être pédago parce que t’as juste envie d’un espace tranquille et que c’est chiant de réexpliquer toujours la même chose…

      12. Oui, merci.

  4. Du premier texte me saute aux yeux plusieurs choses. En lisant cela, j’ai l’impression que la gent masculine, de par son statut, n’a aucune légitimité. De par ses erreurs, son passé, la domination indéniable (et parfois condamnable) qu’il a eu, qu’il a et qu’il peut avoir sur la condition féminine. Pour autant, cela signifie t-il qu’il ne peut donner son point de vue ? Sa vision des choses ? De la même manière que je ne me considère pas détenteur de la Vérité Absolue et Universelle, je considère qu’aucun être humain, femme ou homme ne la détient. Dès lors, imposer un modèle sans accepter la différence est une preuve d’intolérance. Ne pas accepter qu’on puisse ne pas être d’accord avec certains points de cette analyse (que je juge pour ma part hâtive et usant de raccourcis faciles, sans pour autant éprouver une quelconque haine de quelque nature qu’elle soit à son égard) ne signifie pas que je suis contre le féminisme tout entier. Je prône, en tous cas, j’essaye de prôner, une égalité parfaite entre femmes et hommes. Qu’elle soit en termes de salaire, de condition, de statut (légal), etc. J’y crois profondément bien que je doute qu’elle existe un jour (mon côté pessimiste à n’en pas douter). Et j’estime qu’on ne doit pas faire aux autres, ce que l’on n’aimerait pas qu’ils nous fassent. En cela, je trouve triste de voir que tu n’as pas la patience d’expliquer ton point de vue, comme si cela devait être un acquis. Peut être que pour moi ou pour toi, cela doit en être un, soit. Mais pensons à celle ou celui qui n’a pas la chance d’avoir accès à une éducation poussée qui lui donne les moyens nécessaires à sa propre réflexion et la remise en question de ses acquis. Peut-on lui imputer de ne pas connaitre cette cause ? Peut être a t-il vécu dans un environnement où le feminisme est une priorité secondaire. Peut-on réellement lui en vouloir ? D’autre part, je trouve que tout prendre au premier degré, notamment lorsqu’il s’agit d’humour (blagues sexistes dans les DEUX sens), est extrêmement dommageable. À mon sens l’humour apporte une forme d’auto-dérision nécessaire à la remise en question de soi-même et permet d’aborder des sujets graves sans pour autant sombrer indéniablement dans la dramatisation. Celui qui peut rire de soi, peut rire de tout. Et je trouve que l’humour est une forme de catharsis qui permet justement d’aborder des sujets sérieux et les traiter avec justesse, car la dramatisation entraîne la sévérité du jugement et parfois l’excès. Pour ma part, je continuerai à faire des blagues sur les femmes avec autant de plaisir que j’aime entendre des blagues sur les hommes lorsqu’elles sont bien trouvées. De plus, je sens comme une espèce de condescendance lorsque tu emploie les mots “gentils bons mecs féministes”. Que je pourrai traduire par “niais” ou “qui ne savent pas de quoi ils parlent”. J’ai bien peur que si chaque personne arrêtait de parler de ce qu’elle ne connait pas parfaitement, on discuterait beaucoup moins. Et sous prétexte de siècles de domination et de privilèges masculins, quels que soient tes arguments ou méthodes, quelle que soit leur radicalité, ils sont justifiés. Je ne suis pas d’accord. Si on devait appliquer le même raisonnement avec des meurtriers, la peine de mort existerait encore.
    Pour finir, ce que juge intolérant, c’est de ne pas comprendre le point de vue masculin et rejeter tout en bloc, comme si sa nature corrompait son contenu. Et dès lors qu’il expose un refus, il se voit qualifié de machiste, comme si tout ce qui n’est pas conforme avec la pensée féministe et, de facto, machiste. Je pense qu’il existe un point où l’on peut être ni l’un, ni l’autre, où la seule chose favorisée est l’humain. Et monter au créneau dès qu’une petite pique est faite aux femmes, consciemment ou non, je trouve ça pathétique. Chercher le mal là où il n’est pas en somme. La moindre erreur de langage, d’appréciation, la moindre remarque un peu beauf, etc. J’entends l’argument : “c’est au quotidien, je n’entends que ça, je suis un objet” que je considère parfaitement justifié. Mais doit-on pour autant dramatiser chaque écart ? Surtout lorsqu’ils proviennent de quelqu’un qui n’est pas machiste, qui ne fait pas que ça des ses journées, qui ne passe pas son temps à rabaisser ou juger les femmes de par leurs tenues ou autres, qui une fois, par malheur, s’est permis une vanne moyenne. Je condamne ceux qui en abusent, je défends ceux qui en rient car ils ne le pensent pas. De même, lorsqu’une femme tourne en dérision ma façon de m’habiller, me coiffer ou d’être, j’en ris, tant qu’elle ne cherche pas la domination masculine dans chacun de mes gestes, mots ou actes. Qu’elle cherche une prétendue faute là où elle n’est pas.

    Merci d’avoir mis l’ensemble du texte par ailleurs.

    1. Pour le rôle de “l’humour” dans les mécanismes d’oppression, je t’invite à aller voir là : http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2012/08/pour-etre-laissee-des-rigolos.html

      Ce post n’est pas destiné à faire une analyse approfondie des mécanismes d’oppression. Ce post est destiné à exprimer mon mécontentement et ma saturation face à certaines réactions de certaines personnes qui me cassent les pieds.

      Comme je l’ai exprimé dans ce post, je n’ai pas ici la patience d’exprimer mon point de vue. D’une part parce qu’il suit une conversation au cours de laquelle j’ai patiemment tenté d’expliquer tout un tas de trucs parfaitement légitimes sans être entendue. D’autre part parce qu’il est possible de se renseigner ailleurs, sans que je sois systématiquement le petit professeur de féminisme qui reçoit les arguments (toujours les mêmes), qui reçoit le sentiment de culpabilité (éminemment prévisible) et les vieilles blagues et clichés sur le féminisme qui me fatiguent.
      Que les gens ne soient pas sensibilisés au féminisme, je le conçois. Qu’ils profitent d’un système qui se perpétue et qui est violent à mon/notre égard, moins. C’est pas parce qu’un relou “n’a jamais entendu parler du féminisme” que ça le rend moins relou ou que ça justifie/atténue sa violence à mon égard.
      Pour aller plus loin sur le sujet, je te recommande cet article : http://cafaitgenre.org/2012/07/14/bingo-feministe-et-mansplaining/

      De plus, je trouve tout à fait légitime d’expliquer à des gens qui ne sont pas des femmes qu’ils ne vivent pas cette condition au quotidien et donc, qu’ils ne sont pas habilités à parler à la place des femmes du féminisme. L’universalisme, c’est bien mignon… quand t’es un mec blanc hétéro tout ce qu’il y a de plus privilégié et que tu t’autorises à parler de tout à la place de tout le monde.

      Pour finir, tu parles de dramatiser “chaque petit écart, chaque blague”, etc. Pour les gens qui font ces blagues, c’est peut-être la première fois qu’ils la font et ça peut leur paraître très rigolo. Mais quand tu es une meuf, féministe de surcroît, ces blagues-là, ces clichés-là, tu les prends bien en face tous les jours, et ça représente une violence dont, à mon avis, tu ne peux pas percevoir l’ampleur si tu es un mec. Ça ne veut pas dire que tu es une mauvaise personne ou que je te hais : ça veut juste dire que j’ai pas envie que tu parles à ma place d’une situation que tu ne connais pas. Donc, recevant ce genre de trucs tous les jours (et dieu sait que d’autres personnes reçoivent des trucs considérablement plus violents que moi au quotidien) je m’autorise à réagir violemment à la millionième blague sur le fait que les féministes sont de vieilles hystériques mal-baisées qui passent leur temps à casser les pieds de leur entourage. Parce qu’au bout d’un moment… ben ça fait juste trop, et tu n’en peux plus.

      1. Ton amie parle de veganisme, tu es apparemment engagée aussi dans le veganisme, est-ce que vous êtes des animaux pour comprendre ce qu’ils vivent ? Vous ne devriez pas leur venir en aide. Vous ne savez pas ce qu’ils vivent au quotidien dans ces abattoirs immondes et ces corridas barbares.

        Non, les animaux n’ont pas de conscience c’est ça ? C’est pour ça qu’on doit leur venir en aide. Admettons, quoi que, c’est contestable, les études scientifiques les plus récentes démontrent des formes de pré-conscience existent chez les animaux. Ils devraient être en mesure de se démerder un minimum en suivant votre raisonnement. Les cons.

        Allez, je reconnais je tacle ici, je prends l’exemple chiant. Mais si vous voulez partir dans l’escalade de la violence argumentative et verbale et les vérités acquises défendues sur le mode de l’agression perpétuelle, je peux être très doué aussi, même si là je me contiens.

        Ma question est :

        Depuis quand il faut être partie d’une cause pour s’y intéresser voire s’y investir ?

        Faut-il être clodo pour aider les sans-abris maintenant ?

  5. putain mais que c’est chiant à lire… C’est chiant pour plein de raisons.

    C’est chiant de lire sur une situation que je partage tous les jours (le ras le bol général face à l’étroitesse d’esprit de certain⋅e⋅s blablabla) et que je sais que je pourrai pas m’empêcher de revivre tous les jours encore parce que ouais, c’est triste hein mais le quotidien de quelqu’un⋅e qui veut changer les choses, c’est plus souvent de la désillusion permanente que des fleurs, des trompettes et de la joie. Anyway…

    C’est chiant de lire des conversations interminables qui ne modifient rien chez personne (ouais, deux murs qui se parlent… trop bien). Discuter c’est ouvrir les oreilles et le cerveau pour accepter que la personne en face, elle a ptet des choses à t’apprendre qui feront évoluer ta pensée. Ah, et ouais, souvent, en matière de vie de meuf, de situation propre aux meufs, d’oppression des meufs, de libération des meufs, ah de féminisme quoi, bah les meufs en savent souvent un peu (beaucoup) plus que les mecs. Voila, moi jsais pas ce qui se passe dans un vestiaire de mecs. Par contre je sais ce que c’est que d’avoir des règles et de pouvoir tomber enceinte lors d’une relation sex hetera, je sais ce que c’est les mains au cul et la drague lourde (wesh, t’as pas un 07?), je sais ce que c’est les gens qui te disent que tu devrais te mettre en jupe, sourire un peu plus, avoir les cheveux comme ci ou comme ça et blablabla, je sais ce que c’est que d’être considérée comme quelqu’une à qui on va pas parler parce que c’est une meuf, à qui on va donner des ordres du type café/ménage/soin, je sais ce que c’est de voir des corps qui sont sensés être comme le mien étalés 24h, tous les jours partout et qui viennent me rappeler que jsuis plus grosse, plus poilue, plus ptite, plus vraie quoi que ces corps là, je sais ce que c’est d’être prise pour une “salope”, une “allumeuse”, une “bêcheuse”, une “pute”, une “mal baisée”, une “frigide”, une “broute minou” (et j’en passe) parce que j’ai baisé, pas baisé, ouvert ma gueule, ai des poils, ai les cheveux courts, ne ressemble pas à une mannequin etc…, je sais ce que c’est de voir mon consentement n’être considéré que comme un détail dans une relation sexuelle (consentement vous avez dit consentement? hum…). Et tant d’autres trucs. Ah ouais, jsuis une meuf.

    C’est chiant de lire des gens bien pensants, ptet même des gens bien un peu, j’en sais rien, raconter tellement de conneries sur le féminisme. Parce que ouais “c’est des mecs qui sont pas des machos”. Alors forcément ça doit quand même être des mecs bien non? Ou pas. Sérieux les mecs, c’est pas qu’on vous déteste, qu’on vous méprise ou jsais pas quoi. C’est juste que vous êtes tellement bornés en mode “moi jsuis pas macho donc jsuis pas méchant donc quand je te dis que t’es un peu trop agressive pour bien prêcher la parole du féminisme parce que, j’ai beau être pas macho, je prends quand même super mal ce que tu dis sur la classe dominante de mec dont je fais partie, bah tu devrais m’écouter”. Je comprends le délire hein, et franchement, jvous en veux même pas. L’autodéfense c’est bien normale.

    Mais voilà, non, quoi que vous croyiez être, j’en ai rien à foutre. Je féministe comme j’en ai envie, comme j’en ai l’énergie, comme j’en ai le courage. Et ça dépend des jours. Parce que ouais, c’est tous les jours. Et c’est fatigant.

    C’est fatigant d’entendre tous les jours “moi si j’étais toi, moi si j’étais une meuf”. T’es pas moi, t’es pas une meuf, décroche.

    D’entendre “moi jmen fous de mes privilèges”. Bah ouais mais tu sais quoi coco, ils te collent à la peau. C’est con, James Brown chantait “It’s a men’s world”. Bah voilà, on vit dans une société capitalistolibéralopatriarcaloraciste. C’est la vie bouffi, moi, en tant que blanche, issue d’un milieu aisé, je suis loin d’être dépourvue de privilèges. Et pourtant jsuis une meuf. J’ai des privilèges de classe, de race et même d’espèce (ah oui, vive l’antispécisme!). Mais pas de sexe. Jamais de sexe. Mes autres privilèges me permettent de pas être la plus dominées des meufs, je ne dis pas le contraire (et ne reviens pas sur l’intersectionnalité des rapports de domination) mais quant aux privilèges qui incombent aux mecs, ça jles aurais jamais.

    Alors, tu te soucies du care? tu penses que faire pipi assi ça fait déconstruit? Tu ne mets pas de main au cul de tes potes? Tu portes aussi des jupes parce que y a pas de raison? Tu trouves que la non mixité c’est bien normal quand même? Tu fais la cuisine, la vaisselle, le ménage et n’irai jamais demandé à une meuf de le faire pour toi (même pour déconner)?
    C’est super, continue comme ça. Vraiment, sincèrement. Tu deviens un humain à part entière et récupères tout ce que le patriarcat t’as dit de pas faire parce que ça faisait pas de toi un mec. Tu deviens un mec chouette, un mec solidaire. Continue, t’es sur la bonne voie.

    Par contre, désolée, il ne suffit pas de quelques discours, de faire pipi assi et compagnie pour que tout soit réglé. Ton travail est loin d’être fini. Pas la peine de crier au scandale et de préfèrer redevenir macho ou je sais pas quoi, tu sais aussi bien que moi que finalement, être un vrai mec chouette c’est quand même bien plus cool et éthique que de retourner le stigmate en emblème et de finir vieux macho aigri.
    Mais ouais, on va pas te mentir, même si t’es gentil, parfois on sera méchante, même si t’es honnête, parfois on sera cynique. Et quand tu feras de la merde, on te loupera pas. Mais on sera aussi là pour te dire quand, pourquoi et comment tu fais de la merde et pour te montrer, t’expliquer, te faire rentrer à coups de poings ptet ce qu’il faut faire et comment devenir un mec _vraiment_ cool, un mec à qui on peut _vraiment_ faire confiance, un véritable ennemi de sa propre classe pour détruire ensemble les classes de sexes et le système d’oppression qui va avec.

    Et pour vivre libre et s’aimer. Non là je déconne 🙂 (de l’humour féministe? naaaaan spas possible)
    😀

  6. On nage en plein délire. Bientôt je vais devoir m’excuser d’exister à cause de ma condition de mec. Mille excuses Votre Sainteté ! Mille pardons ! Je me retire de ce lieu Sacré en rampant comme le cloporte que je suis… Misérable individu qui a eu le malheur de naître avec une bite et de la testostérone dans les veines, je m’émerveille devant la limpidité de ces paroles, la clarté de ce discours et suis en extase devant la Vérité Révélée ! Le Christ lui même n’eut pas été plus juste ! Encore pardon.

    Et pourtant elle se meut, enculées !

    1. Tu peux te retirer, je t’y autorise.

      1. Quelle clémence, c’est précieux. J’espère qu’il saura te remercier comme il se doit.

      2. Ben écoute, à commentaire débile, réponse débile, qu’est-ce que tu voulais que je lui réponse au juste ?

  7. Rhoooo mais par où commencer? Les amalgames douteux? Les points godwin?( bravo! moi j’adore les points godwin, je trouve que c’est la meilleure fin pour les discussions qui tournent en rond) Les “non mais là on parle de la forme”? Ou les envolées lyriques “bientôt je vais devoir m’excuser d’être un mec”? hum dur dilemme.

    Bon, je vais essayer de tout traiter rapidement et gentiment bien sûr 😉 (histoire qu’on ne me dise pas “non mais parlons de la forme”… pourquoi, tu n’as rien à dire sur les fond? tu manques d’arguments? tu te rends compte que tu racontes nimp et que ta seule accroche c’est la forme? qui soit dit en passant, si elle avait été autre, aurait sans doute été aussi critiquée?) Oups, pardon, j’avais dit gentiment… vraiment, on peut pas me faire confiance…

    Alors les amalgames… Violence, agressivité et haine c’est pas tout à fait la même chose. Voire, pas du tout. Question: à votre avis, pourquoi on est féministe? Pourquoi est ce qu’on essaye de faire changer les choses quitte à rentrer dans des discussions interminables avec des gens qui sont pas d’accord, de nous faire basher, de se faire traiter de tous les noms? Parce qu’on n’a que ça à faire? Non. Parce qu’on est des chieuses? Non plus. Parce qu’on adore perdre notre temps à batailler pour des causes perdues? Vraaaaaaiment pas. Parce qu’on veut prendre le pouvoir sur tous les mecs et leur couper la bite? À tous? Vraiment? Nan, sérieux. Parce qu’on subit des situations pas cools tous les jours, qu’on est traitées comme de la merde, qu’on se fait violées sans que personne n’en ait rien à foutre, parce qu’on n’a pas toujours les mêmes droits que les autres, les hommes? aaaaaah… ptet que c’est ça. Ptain, ptet même que d’être une meuf tous les jours c’est subir la violence du patriarcat. Et ptet que parfois, on a vraiment envie de s’insurger contre ça. Y a des jours ça va, on s’en fout, on se dit “pffff” pas d’énergie à dépenser là dedans. Y a des jours on va prendre cher, une main au cul, un salope dans ta gueule, un “j’en ai rien à foutre que tu sois consentante ou pas”, un “tu suces?”, un “tiens, toi ton salaire ce sera 20% de moins… et tu peux t’occuper des gosses steup?”. Y’a des jours où le mec qui me met une main au cul il se prend mon poing dans la tronche. Oui c’est de la violence, oui je serai agressive. Mais nan, même pas jle hairais. J’ai pas besoin de ça. Si quelqu’un estime que mon corps, ma vie, mon physique, mes choix, mes décisions, rien de tout ça ne m’appartiennent parce que je suis une femme, c’est normal que je m’insurge, que je lui expose en pleine gueule son sexisme, que je détruise le patriarcat, à mon échelle, à ma mesure. On dit toujours “violence”, “violence” comme si c’était le drame de la life. Mais si je mets un poing dans la gueule du mec qui me tripote, qui fait violence à l’autre le premier? Et toi, jeune homme qui ne vis pas ma situation tous les jours, qui es tu pour te permettre de juger de ma réponse? de ma “violence”? (ah oui tiens, ça répond aussi sur le “non mais on parle de la forme!”) N’est ce pas la première personne concernée qui estime par elle-même quelle réponse elle trouve la mieux appropriée à la situation? Ou alors quoi? t’as une putain de science infuse et toute la sagesse du monde et tu sais mieux que moi ce qui est bon pour moi? Bravo, super. Sauf que ma vie choupi, c’est pas toi qui la vis et heureusement, mes décisions, je les prends moi même. Surtout dans les réponses à mon oppresseur.
    Je relève même pas l’amalgame “féminisme”, “racisme”, “eugénisme” et j’en passe et des meilleurs. C’est pas parce que les termes finissent pareils qu’ils relèvent de la même chose. Et entre la réaction et les luttes de libération il y a un gouffre. D’un côté des dominé⋅e⋅s qui tentent de supprimer leur oppression pour se libérer et de l’autre, des dominants qui tentent de perpétuer leur domination. Hum, ça sonne pas vraiment pareil à mes oreilles, dommage si pour toi tout va dans le même sac. m’est avis que t’as pas tout compris à l’oppression, aux rapports sociaux de domination et aux luttes de libération mais bon…

    Les points godwin… comme dit plus haut, j’adoooooore. Ceux que je préfère c’est ceux qui sortent dans les discussions sur les végé. Bah ouais voila hitler était végétarien et? Et bah on s’en fout. Ouais, les points godwin c’est marrant. Sérieux si la Shoah c’est l’argument ultime pour dire que ton opposant⋅e dans une joute verbale dit de la merde et a donc complètement tort c’est un peu triste. Utiliser 6 millions de morts dans les camps et tous les autres pendant le conflit, c’est un peu puant non? Et puis ça veut pas dire grand chose non? Y a quelqu’un⋅e qui est pas d’accord avec toi et qui défends des idées politiques alors forcément c’est un nazi⋅e? Oulah, bonjour l’absurdité, au revoir les arguments et la raison \o/

    Ah mais non suis je bête, on parle “de la forme”, pas du fond! Parce que dans le fond, les féministes ne sont pas des nazis mais dans la forme si sans doute… Bon j’ai déjà dit ce que je pensais de l’argument “nan mais je parle de la forme, pas du fond”. Je vais pas rabacher. Ah, et au fait, dire à quelqu’un⋅e qui se sent oppressé⋅e “non mais tu réagis pas bien face à ton oppression, tu réagis pas comme MOI j’aurai réagi” c’est prétentieux, c’est parler sans savoir, c’est du manque d’empathie criant, c’est pas du soutien, c’est anti solidaire au possible, bref, ça craint. Ah et ouais, quand c’est adressé à une meuf qui parle de féminisme et de sexisme c’est… du MACHISME \o/ ouais bravo! (ah mais alors, ptet que Alexis et Paul ne sont pas si “pas macho” que ça…)

    Enfin, les envolées lyriques ça me… désespère? Ça m’atterre? “On nage en plein délire”? effectivement, la suite de ce comm me fait penser que cette personne est en plein délire. Non t’as pas à t’excuser d’être un mec, d’être né avec une bite ou de la testostérone (d’ailleurs, tout le monde a de la testostérone, même les meufs). Tout comme nous on ne devrait pas avoir à s’excuser d’être nées avec un vagin, des ovaires (ou pas d’ailleurs, ça arrive aussi). Par contre c’est bien d’être responsable vis à vis de la position sociale, des privilèges (ou pas) que te donne cette bite (en vrai, c’est pas ta bite mais plutôt comment la société te voit, est ce que tu rentres dans ses ptites catégories et dans laquelle tu rentres). Être responsable c’est être solidaire, c’est ne pas exercer les privilèges que la société nous donne pour mieux opprimer celleux qui n’en ont pas, c’est pas s’excuser d’être un mec et penser au suicide mais plutôt se poser la question de comment faire pour toi, à ton échelle ne pas donner place au patriarcat de s’étendre un peu plus voire carrément de lui barrer la route et de l’aider à s’effondrer.
    C’est pas gagné mais on y croit! Et ça se fera avec des licornes et des chatons \o/

    1. et pas d’Etat du tout !

  8. Vous êtes trop méchante!Quand vous marchez sur le pied de quelqu’un sans en avoir l’intention, vous ne vous excusez pas quand même? Après tout vous ne l’avez pas fait exprès, l’autre devrait lui-même s’excuser après tout et vous sourire. Franchement moi quelqu’un qui fait aie et qui en plus ne me sourit pas, j’appelle ça un INTOLERANT AGRESSIF. Bientôt on sera dans un monde de tarés où il faudra s’excuser de faire mal aux autres. Il pourrait m’expliquer gentiment pourquoi il a mal, et encore après tout je ne l’ai pas fait SCIEMMENT. J’ai un DROIT LEGITIME, je dirais PLUS LEGITIME que cette personne de me plaindre, avant de faire aïe il devrait d’abord dire “je sais bien que vous ne l’avez pas fait exprès, je vous offre un verre pour m’excuser de ne pas vous avoir souris plus tôt et de vous avoir imposé ma douleur”. C’est complétement dingue, elle m’accuserait presque de lui faire mal en plus, je me sens outrée, niée, révoltée. REVOLTEE, et ça c’est beaucoup PLUS important que SA DOULEUR. Elle devrait penser à ceux qui ont des accidents et qui sont handicapés (enfin après s’être excusé parce que le fait qu’elle est mal interprétée MON INTENTION est beaucoup plus important). Bientôt faudra s’excuser de marcher.

      1. Jsuis ptet bête mais je suis pas sure d’avoir tout compris… ça veut dire que les gens qui répondent à ton post en s’offusquant de ton agressivité sont un peu des andouilles de se plaindre de se prendre des taloches politiques alors que ce sont les premiers à en avoir mis?

      2. Peut-être. Demande-leur à elleux ? Je comprends pas toujours tout ce qu’illes disent.

  9. En tout cas la cause des femmes me semble nettement plus défendable depuis que Thatcher n’en fait plus partie.

    [mais si j’étais sérieux je dirais, chèredwanderlust, que tu as raison et que j’aimerais que tu aies tort]

    1. Veuillez attacher vos ceintures, nous allons refaire un test.

      Cher Théobald, peut-être êtes-vous féministe, ou du moins pour l’égalité homme-femme (ce qui est la même chose mais bon)
      Donc vous pensez que vous n’êtes pas sexiste. Or j’ai le regret de vous annoncer que votre post est sexiste : vous résumez uniquement Thatcher à son sexe, c’est une femme donc elle représente toutes les femmes et toutes les femmes sont représentées par elle même si elle a beaucoup plus de points communs avec reagan qu’avec 99,99999% des autres femmes.
      Vous avez plusieurs options :
      a) “mais je ne suis pas sexiste” -> voir précédemment où je précise bien que je sais bien que vous n’êtes pas consciemment sexiste
      b) “mais c’est de l’humour” -> Je ne comprends pas trop, puisque il y aurait des hommes politiques vereux donc étant un homme vous seriez donc un homme politique vereux?
      c) “agressive hystérique poilue blabla coupeuse de couille” -> auriez-vous l’obligeance de faire un peu plus original parce que je fais un jeu de carte avec des amis, un peu comme Magic, et une carte avec un commentaire sexiste particulièrement original fait gagner plus de points (agressive ne fait gagner qu’un point et si je vous aide ça serait de la triche)
      d) “ah étant assez intelligent pour me rendre compte que je ne suis pas parfait je suis parfaitement conscient que je suis victime des clichés qu’on m’a inculqué, si vous dites que je suis blessant à l’encontre des femmes, je m’en excuse et je ferai attention dorénavant de ne pas voir une femme uniquement ou avant tout autre critère là où je devrais voir un individu avec des qualités, des défauts propres à son individualité et qui ne sont pas représentatifs de son sexe”

      Merci par avance de votre réponse

      1. Les commentaires de ce blog ne cessent de m’émerveiller 😀

  10. Cher Lyly, bonsoir.

    C’est moi qui vous remercie de votre lecture de mes humbles mots. D’autant que vous me mettez dans l’embarras.

    Je serais assez tenté par l’option D, car elle se rapproche assez de ce que j’espère penser. Mais elle part sur le prédicat de mon intelligence et s’en trouve hypothétique.

    Je cliquerais bien sur B aussi, puisque je suis justement un homme plutôt politique et franchement véreux.

    Mais ce serait ne pas rendre l’hommage dû à l’hypothèse C qui m’a joliment fait rire. Surtout que j’adore la triche.

    Manque plus que A, mais je n’ai plus de crédits.

    Vous me mettez dans l’embarras et ça tombe bien, j’aime ça. Parce que là, de vous à moi, je n’avais pas l’idée d’entrer au débat ; juste l’envie de saluer ma si chèredwanderlust et de venir boire à l’heure des fauves. Et d’en profiter pour m’essuyer les pompes sur l’autre sac à merde dont j’aurai rêvé qu’on confie les obsèques à Ken Loach.

    Quant à dire ce que je pense, sérieusement, nul besoin. Tant que pourront respirer mes questions dans mon coffre de bestiau inconnu, je lirai vos réponses, celles de vos contradicteurs, et celles de vos potes de ces pages ; et relirai celles de chèredwanderlust.

    Camus a dit l’Absurde et clamé la Révolte et je viens chercher ici ses mots debout.

  11. CHERE Lily, nom d’un Bescherelle.

  12. Et quid du programme génétique ma poule ?
    Tu n’as jamais entendu parler d’instinct et de cerveau reptilien ? Les humains sont des animaux comme les autres, et ta liste d’avantages (le harcèlement entre autres) est un peu bidon du coup…

    1. Si tu m’expliques scientifiquement comment le programme génétique produit des comportements de harcèlements, tu auras droit à un point Darwin. Mais je pense honnêtement que c’est improuvable, pour la bonne raison que le harcèlement est un comportement social appris, qui vient de la socialisation des mecs.

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