La raison du plus fort

[EDIT DU 4/12/12] : j’ai rajouté les sources pour que ça soit plus facile d’aller vérifier ce que je raconte. Enjoy !

Ça fait à peu près huit cent siècles que je promets un article sur pourquoi je suis végétarienne et que je le remets en permanence à demain. C’est le moment.

Avant de commencer, quelques mots de vocabulaire :

– un.e omnivore, c’est quelqu’un.e qui mange “de tout”, c’est-à-dire aussi bien de la viande, des produits animaux et dérivés, et des végétaux.

– un.e végétarien.ne, c’est une personne qui mange des produits animaux et qui en utilise (oeuf, lait, fromage, cuir, etc), qui mange également des végétaux, mais pas de viande (qui provient d’un animal mort). Un animal, c’est une bestiole avec un système nerveux central : des mammifères, des oiseaux, des poissons, des limaces, tout ceux-là sont des animaux et donc pas mangés par les végétariens qui ne mangent pas de bête morte. Il y a aussi les piscivores (qui mangent du poisson mais pas de viande) mais j’en ai jamais rencontré.

– un.e végétalien.ne, c’est une personne qui ne mange pas de produits animaux et qui mange du reste.

– un.e vegan.e, c’est une personne qui ne mange ni n’utilise  de produits animaux ou dérivés : ni viande, ni oeufs/lait/fromage, ni cuir, ni miel (eh oui, les abeilles sont des animaux) ni produits utilisant des morceaux d’animaux dans leur fabrication (la plupart des bonbons utilisent de la gélatine de porc, l’encre de chine est faite à partir de gélatine et d’ivoire…), ni produits impliquant une exploitation animale ou des tests sur des animaux. Le veganisme est une affirmation politique : si les vegan.e.s ne consomment pas tous les produits que je viens de citer, c’est parce que ces produits impliquent de la souffrance de la part des animaux. Les vegan.e.s ne sont pas une secte, il n’existe ni chef.fe vegan.e ni grand livre du veganisme. La tolérance aux produits est fixée par chanque personne : certain.e.s ne consomment pas des produits venant d’entreprises qui utilisent des résidus animaux même si le produit en question est vegan, d’autres sont plus souples.

Évidemment, il existe tout un tas d’autres régimes alimentaires (raw vegan, fructivores, etc) mais je choisis de ne pas les aborder ici puisque cet article est consacré à la condition animale.

Vous suivez toujours ? Maintenant, les raisons pour lesquelles je suis végétarienne.

Les animaux destinés à la boucherie sont nourris avec des aliments d’origine végétale (dans le meilleur des cas). Ces aliments, quand on les fait pousser, occupent une surface significative de terrain, qui pourrait être utilisé pour faire pousser de l’alimentation pour les humains. Si toutes les terres arables du monde étaient affectées à l’agriculture directement à destination des humains, on aurait de quoi nourrir de façon satisfaisante et équilibrée à peu près cinq fois la population actuelle de la Terre.

La viande est l’aliment le plus consommateur d’eau. Pour faire grandir un boeuf propre à la consommation, il faut 1) arroser les aliments végétaux qu’il mangera 2) l’abreuver 3) alimenter en eau la ferme ou le hangar dans lequel il grandit, la laver 4) alimenter en eau l’abattoir dans lequel il sera tué et découpé. Tout cela conduit à une dépense d’environ 15 000 (quinze mille) litres d’eau pour un kilo de viande de boeuf.  (En bouteilles d’eau d’un litre empilées feraient un mur de huit mètres de haut et quarante mètres de long…) Ces chiffres viennent d’une excellente infographie sur l’eau réalisée il y a six mois par Angela Morelli, accessible en ligne (un des rares trucs sous Flash que je connaisse qui soit pas trop dégueu, d’ailleurs).

La production de viande est une industrie extrêmement polluante à divers niveaux. D’abord, les animaux sont parqués dans des endroits qui ressemblent à des camps de concentration, dans des conditions de vie ignobles. Ces endroits immenses sont “rationnalisés” de façon à produire le plus possible. Cependant, ils produisent extrêmement de déchets (par exemple les déjections des animaux) qui sont difficilement traitables ou utilisables, et qui nuisent à l’équilibre environnemental. En plus de tout ça, les animaux sont gavés d’antibiotiques et d’hormones (généralement des produits qui sont interdits aux humains en raison de leur toxicité sur le système nerveux, de leur facteurs cancérigènes…) voire de produits psychoactifs pour que les conditions d’élevage ne les rendent pas fous. Donc ces produits se retrouvent et dans leurs déjections et dans leur viande, et aussi dans les nappes phréatiques (Source : le livre noir de l’agriculture, Isabelle Saporta, Fayard). [EDIT] Au passage d’ailleurs, personne n’a encore trouvé de solution au problème des sous-produits animaux dans l’élevage de cochons : le liquide produit (mélange de fécès, porcelets morts, membres de cochons arrachés, seringues vides d’antibios et autres joyeusetés) pollue non seulement l’eau mais l’air autour des endroits où on élève ces cochons. L’air peut ainsi être amené à contenir du monoxyde de carbone, du sulfide d’hydrogène, des métaux lourds, des nitrates… sans compter les pathogènes qui s’y développent (salmonellose, streptocoque doré résistant aux antibiotiques et autres joyeusetés. Les personnes qui sont exposées régulièrement aux émanations de ces sous-produits (si vous êtes fermier ou fermière, si vous vivez à proximité d’un tel endroit, etc) développent des pathologies spécifiques telles que l’asthme, la diarrhée chronique, maux de tête, saignements de nez…  Les endroits où on élève les cochons sont ceux qui posent le plus de problèmes environnementaux quand à la gestion des déchets. (Source : Eating Animals, Jonathan Safran Foer, Back Bay Books, 2010).

Les animaux sont des êtres sentients et possèdent un système nerveux central, comme les humains. C’est-à-dire qu’ils ressentent, tout comme nous, de la joie, de la douleur, et des émotions. Comme je refuse qu’on puisse infliger de la souffrance inutilement à des humains, je refuse qu’on en inflige à des animaux, parce que les humains ne sont pas supérieurs aux animaux. Les animaux ne parlent effectivement pas, mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont d’accord pour qu’on les tue. Ils n’y a qu’à voir la réaction et la volonté de survie d’une poule qu’on attrappe pour lui tordre le cou pour se rendre compte que les animaux ne sont généralement pas d’accord pour mourir. De la même façon que vous n’êtes généralement pas d’accord pour mourir même si on vous le demande gentiment.

On peut parfaitement se passer de viande ET de produits animaux en vivant sainement. Le fer et les protéines sont certes contenus dans la viande, mais on peut aussi les trouver dans d’autres aliments. Par exemple, en associant lentilles et riz, on peut trouver du fer en quantité suffisante, en mangeant du beurre de cacahuètes, des pois chiches, du tofu, on ingère suffisamment de protéines. L’alimentation végétarienne et/ou végétalienne est riche, variée, pas chère, et délicieuse. (Source : mangez-vegetarien.com).

Voilà pourquoi on peut tout à fait se passer de tuer des animaux pour les manger. Je vais maintenant répondre aux arguments les plus couramment employés par les non-végétariens et/ou les anti-végétariens, qui la plupart du temps nous font bien rire, mais qui doivent être adressés aussi parce qu’ils dérivent de manques d’informations ou d’idées préconçues facilement déboulonnables.

– “et la souffrance de la carotte, tu y penses ? ” Argument classique, auquel on peut opposer le fait que la carotte n’a pas de système nerveux central, et que donc on ne peut pas prouver sa souffrance. On peut également ajouter que si tu te soucies de la souffrance des végétaux, tu peux être végétarien, comme ça tu les mangeras directement au lieu de manger de la viande dont la production a nécessité cinq fois plus de végétaux. Et se poser la question du fait que les gens auxquels on rappelle la réalité d’une situation préfèrent te culpabiliser au lieu de se remettre en question. (Source : Le cri de la carotte).

– “On a toujours mangé de la viande, c’est la tradition”. On a, pendant un certain temps, marié les jeunes filles à douze ans après excision, et c’est pas parce qu’on recouvre ça du qualificatif de “tradition” que c’est moins barbare.

– “Les animaux sont inférieurs aux humains, donc on peut les tuer”. Ah bon ? J’aimerais bien qu’on m’explique inférieurs en quoi.

– “Oui mais les lions mangent des gazelles” ou encore “Ah mais si on était pas faits pour manger de la viande on aurait pas de canines !”. Je te suggère d’aller chasser toi-même la gazelle ou tout autre animal que tu choisis de manger, de le tuer, le dépecer, le vider, et le préparer, et on verra si c’est si “naturel” que ça pour les humains de manger des animaux morts. Et puis si tu veux vraiment te comporter “comme faisaient les hommes préhistoriques”, je t’invite aussi à récupérer des bouts de viande pourrie après le passage d’un grand prédateur, à t’habiller en peaux de bêtes, et à refuser tout à la fois l’usage de l’informatique, de l’automobile et des antibiotiques.

– “Vous les végétariens vous êtes des fanatiques extrémistes” : euh non, on essaie purement et simplement d’informer les gens sur leurs habitudes alimentaires et leurs conséquences.

– “Tous les végétariens/vegans que je connais sont tous blancs et ils n’ont pas d’énergie”.  Je veux bien rencontrer ces personnes, mais moi personnellement les vegans que je connais sont tous bronzés et ont la pêche. Il n’y a d’ailleurs aucune étude sérieuse qui prouve qu’on ait besoin de viande pour vivre.

– “Mais si tu manges pas de lait tes os vont devenir tous mous et se casser !”. En fait, non. Le lait est fait par le corps maternel pour aider l’enfant à grandir. L’estomac de l’enfant possède une enzyme qui lui permet de digérer le lait, mais pas l’adulte. Le lait de vache est bon pour les petits veaux, mais pas pour les humains (c’est quand même plutôt évident, non ?).  Je passe sur les substances ignobles qu’on trouve dans le lait (antibiotiques, pus, hormones de croissance…), mais en résumé, manger du lait de vache quand on est un adulte, c’est mauvais pour la santé.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en France, chaque année, des sommes énormes sont dépensées pour faire croire à tout le monde que le lait est bon pour la santé, histoire que les consommateurs en achètent. Pourquoi ? Parce que l’industrie laitière française produit trop et ne sait pas comment écouler ses excédents (on peut aussi s’intéresser aux sous-produits de lait et d’industrie du fromage genre Vache Ki*i, écoulés au Maghreb parce que c’est tellement dégueulasse pour la santé que même les français n’en achètent plus). Le calcium qui se trouve dans le lait de vache n’est pas assimilable par les humains. Le lait de vache est même si riche en protéines que le corps utilise son propre calcium pour les éliminer. La consommation de produits laitiers décalcifie les os et favorise, entre autres, l’ostéoporose (et l’acné, d’ailleurs). C’est donc, finalement, plus chez des lactivores que chez des végét’ qu’on peut observer des pertes de densité osseuse (source : veganisme.fr). Par contre, on peut trouver du calcium dans tout un tas d’aliments végétaux comme céréales, légumineuses, oléagineux…

Si je trouve d’autres de ces arguments merveilleux, je fais un edit et je les poste.

Comme toujours, tu es invité.e. à commenter, poser des questions et débattre en commentaire !

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13 responses

  1. Je ne nie pas qu’il existe certainement des plats végétariens/végans délicieux, mais je ne suis pas encore prêt à me passer du goût de la viande cuite, viande cuite qui d’ailleurs à grandement contribué à l’évolution du cerveau de nos amis les hommes préhistoriques, qui sans viande cuite serait restés pré et jamais historiques… ^^ Quoique l’humanité s’en serait peut être mieux portée, sait-on jamais.

    1. En termes de condition animale, c’est mettre en balance les mauvais traitements, la souffrance et la mort d’un être avec ta propre gourmandise à manger de la viande.
      Pour les histoires d’évolution je sais pas, je suis pas paléologue, mais les humains de maintenant peuvent parfaitement s’adapter à une alimentation végétarienne sans aucune contre-indication.

      1. Malgré la capacité à l’empathie des humains, il n’en reste pas moins que l’homme utilise la nature à son avantage depuis la nuit des temps, et que cela eu des avantages incommensurables sur l’évolution. Des améliorations sont certainement trouvable dans la façon de tuer l’animal, certes.
        Et j’y pense, aujourd’hui il est possible de créer de la viande scientifiquement en labo sans tuer aucun animal, rien qu’à partir des cellules; que penses-tu de cette viande là ?

      2. Je ne considère pas l’homme comme une espèce animale supérieure aux autres, ni que ce soit une bonne chose d’avoir utilisé tout le reste du monde et de l’avoir asservi pour en arriver à ses fins… Du coup, les “avantages” que ça a pu avoir dans l’évolution, ça ne me fait ni chaud ni froid.

        À côté de ça, comme je n’ai déjà expliqué, on peut parfaitement se passer de protéines animales pour être en bonne santé. Je pense donc qu’on peut refuser de tuer les animaux tout comme on refuse de tuer les humains (pour moi il n’y a pas de différence). Donc en gros ton argument sonne à mes oreilles comme quelqu’un qui aurait dit au XVIIè siècle “Ça serait quand même bien de pouvoir continuer à asservir les amérindiens et les africains sans qu’ils souffrent trop”… Je ne veux ni asservir ni tuer ni humains ni animaux, c’est tout.

        Dans la mesure où on peut se passer de protéines animales et où on peut se nourrir correctement avec des trucs qui poussent dans de la terre, je suis pour. Je préfère éviter que ma bouffe grandisse dans un labo, coûte énormément d’agent en R&D et soit produite par Monsanto…

  2. Connais-tu l’effet Backster ?

    Une étude menée en 1966 par Cleve Backster a démontré la capacité des plantes à ressentir des émotions. Ainsi, lorsque le chercheur (qui était un expert de la CIA) arrosait la plante, celle-ci ressentait du plaisir. De même lorsqu’il la mettait au Soleil. Celle-ci ressentait de la colère lorsqu’elle était transvasée et, et c’est ce qui nous intéresse ici, elle ressentait une importante douleur lorsqu’il lui coupait une feuille, et pire, elle devenait folle lorsqu’il lui en brûlait une.

    Cette étude fut d’abord rétorquée par la communauté scientifique car l’homme utilisait un appareil qui était censé fonctionner sur les cellules animales.
    Seulement, l’an dernier, un article publié dans la revue SCIENCE fait état d’une nouvelle recherche, avec des moyens récents, et appuyant les observations de Backster : un chercheur a réussi à prouver que les plantes ressentaient effectivement ces émotions, mais qu’elles étaient également pourvues d’une conscience primaire et d’un système de communication (elles se “parlent” : http://www.inrees.com/articles/Quand-les-plantes-parlent/)
    On observe même des plantes s’amuser avec leurs congénères.
    En effet, le “bulbe” primaire de la plante, ce qui découle de l’évolution de la graine, se ramifie en un système extrêmement comparable aux ramifications neuronales de l’encéphale.
    Ce qui place la plante à un niveau d’intelligence supérieur à certains autres animaux (beaucoup de poissons n’ont pas une conscience aussi développée, beaucoup ne ressentent même pas la douleur et n’ont pas conscience d’avoir des congénères)

    Par conséquent, je peux très bien comprendre le refus de manger de la viande. On peut être dégoûté de manger des escargots parce que c’est visqueux et vert, ou du lapin ou du chat parce qu’on trouve ça plus mignon avec des poils que dans un plat.
    Seulement, l’argument de la souffrance des animaux n’est pas pertinent, car ce que l’on appelle “conscience primaire” s’applique non seulement aux plantes mais également à une grande partie des animaux que nous consommons.

    Deuxième chose, le refus des “vegans” à consommer du miel et des oeufs.
    L’oeuf récupéré chez la poule sera pondu de toute façon et ce même chez une poule sauvage, car le système de fabrication de ceux-ci est atrophié à l’origine : qu’il y ait fécondation ou non, une poule pondra un oeuf. Et elle se contrefiche d’un oeuf vide. Donc autant le récupérer, et le manger, non ?
    Le miel est une substance créée naturellement par l’abeille pour se nourrir. Dans une ruche naturelle, lorsque le miel est trop abondant, la colonie doit cesser d’en fabriquer, ce qui entraîne le décès de beaucoup d’entre elles. Ainsi, dans une ruche artificielle, le fait de retirer le miel pour le consommer contribue à la conservation de cette espèce qui est aujourd’hui en voie de disparition. Et nous savons tous que si elle disparaît, alors toute vie sur Terre disparaît.

    Je n’écris pas ce message pour me retrouver sur “le végétarisme m’a tuer”, qui m’a fait bien rire car la plupart des références font état d’une civilisation où l’Homme n’est même plus capable d’accepter les droits de son prochain, mais pour faire évoluer la mentalité des végétariens/végétaliens/végans qui s’appuient sur des pensées moyen-âgeuses.
    Je pense que nous sommes quasiment tous contre l’abattage des animaux, et c’est une chose qui évolue en bien depuis quelques années avec l’amélioration des conditions d’élevage et d’abattage.
    Mais il faut arrêter d’imaginer que c’est en mangeant des végétaux que l’on abolira la souffrance. C’est la loi de la nature, celui qui mange fait souffrir ce qui se fait manger.

    Amicalement.

    1. Je comprends ce que tu dis à propos des plantes, mais je préfère me nourrir de plantes que de rien du tout. D’ailleurs, la plupart des plantes que j’achète pour les manger viennent de producteurs qui les cultivent en plein champ – ce qui n’a rien à voir avec l’élevage industriel des animaux.
      Je comprends pas ton deuxième paragraphe : si la conscience s’applique aux animaux, alors, ils souffrent, donc, on peut se poser la question de ne pas les manger, non ?

      Je veux bien aussi que tu évites de mettre vegan entre guillemets, comme une façon de mettre à distance le concept et les idées. Les gens font ça avec les termes queer ou féministe et ça a le don de m’énerver.
      Personnellement, je ne suis pas vegan. Je ne mange pas d’oeufs du commerce, je mange ceux de la ferme de mon papa parce que les poules s’y ébattent joyeusement et qu’il les nourrit avec du grain pur et de la bouffe qu’il fait lui-même (mon papa aime les poules). Par contre, plein de gens n’ont pas un papa qui aime les poules et donc n’accèdent qu’à des oeufs qui sont produits en batterie (bio ou non) dans des conditions où les poules souffrent, elles ont le bec coupé, elles ont 40 cm2 pour bouger, etc, etc (même dans les élevages bio). Ça, c’est de l’exploitation animale, c’est contre ça que luttent les vegans et l’ALF. En plus de ça, les poules d’élevage sont surstimulées avec des lampes qui simulent la photopériode pour qu’elles pondent deux oeufs par jour au lieu d’un ,elles meurent plus vite et elles se mangent entre elles tellement ça les perturbe. Trop cool, non ?
      Dans la mesure où les humains n’ont pas besoin d’exploitation animale pour vivre, autant laisser les poules tranquilles.

      L’humanité n’est pas obligée de traire le miel des ruches. Ton argument est chelou, dans le sesn où tu fais une symbiose humain-abeille qui n’existe pas, les abeilles existaient bien avant les humains et elles n’ont pas besoin des humains pour vivre.
      Manger du miel, c’est prendre la nourriture des abeilles, qu’elles fabriquent. C’est de l’exploitation animale, again.
      (encore une fois, je mange du miel, personnellement. Parce que c’est un pote à moi qui le fait et qu’il doit tirer cinq kilos par an de ses ruches une fois qu’elles ont abandonné le cadre dans lequel elles ont fini de faire le miel).
      D’ailleurs, tes abeilles qui meurent, ce sont des abeilles chinoises importées, pas des souches françaises…

      Encore un argument que j’avais oublié : “Oui mais on peut les manger s’ils sont abattus gentiment”. Tuer un animal, c’est le tuer, quelles que soient les conditions dans lesquelles on le fait. C’est pas parce que les conditions d’élevage se sont améliorées (ouhouuu, trente centimètres carrés en plus dis donc !) que l’élevage est plus supportable en tant que principe.

      La loi de la nature ? Hmm hmm. Laisse-moi penser. T’as pas des lunettes toi ? Ou genre pas trop de muscles ? Si on en était vraiment à la loi de la nature, on s’appuierait pas sur des systèmes sociaux de non-exclusion, on ne laisserait pas grandir les bébés trop faibles, etc… Donc si on est prêts à réfléchir un peu et à se dire qu’on veut bien que les possibilités de chaque être humain se développent si on leur donne une chance, on peut aussi continuer sur la réflexion en refusant de faire souffrir ce qu’on peut, quoi.
      Et enfin, si tu commences à dire ici que les végé/vegan “s’appuient sur des pensées moyennâgeuses”, tu vas te faire latter, alors je ne te le conseille pas du tout. D’ailleurs, je ne vois pas où est la pensée moyennâgeuse dans le refus de la torture et de l’exploitation d’un animal ou d’un humain…

  3. Alors… déjà, autant partir de ma position de base qui est celle de la vegan freegan antispéciste un peu relou mais pas tant avec les non végé (freegan= tu manges la récup. et quand je mange la récup, bah ça me dérange moins d’être végétarienne (mais y a un no go sur la viande, le poisson et les oeufs)) (antispéciste= contre le spécisme c’est à dire le placement des intérêts d’une espèce, en général, l’espèce humaine, au dessus de ceux des autres espèces, en général, toutes les autres 🙂
    Argument tout bête sur les oeufs: je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’on puisse en manger dans l’absolu. Après tout, une poule ça pond, et, une fois l’oeuf pondu s’il n’est pas fécondé, ça restera toujours un oeuf. Pas de mal à manger des ovules de poules, effectivement. Le problème réside bien entendu dans l’élevage c’est à dire les conditions dans lesquelles tu fais vivre les poules et surtout, la considération que tu as pour elles. Ouais, en général des poules sont bonnes à pondre. Elles servent. On les nourris, leur file un poulailler plus ou moins grand et une fois qu’elles pondent plus… couic on les mange. Parce que le système ne fonctionne pas sur une interdépendance tout à fait naturelle mais sur de la propriété. Et le choix de la poule à continuer à vivre, à être même si son usage est fini réside… dans les mains de l’humain⋅e. Je ne dis pas par là que l’interdépendance est impossible. Dans l’absolu j’y crois. Dans les faits non. D’où je mange pas d’oeufs.

    Le cri de la carotte… la grande souffrance de la plante blablabla. Il y a une pub vegan qui dit: je ne suis pas vegan parce que j’aime les animaux mais parce que je déteste les légumes. Il y a sans doute de ça, je déteste profondément les légumes… non non je déconne. Tout d’adord, une vie sans souffrance, c’est à dire, sans provoquer de souffrance relève… de l’impossible. Il y a des fois où la bouche ouverte en vélo, je suis sûre que j’ai gobé quelques moucherons… morts ainsi de ma faute. Dommage. mais bon, c’est pas vraiment conscientisé et fait exprès. Les végé antispécistes ne sont pas une bande de hippies qui pensent que la vie sera peinte en rose si tout le monde arrête la viande, qu’il n’y aura plus de souffrances sur terre et tout le blabla.
    Par contre, prendre conscience des souffrances que le système actuel créé par la fabrication d’animaux, considérés comme des produits de consommation parce qu’issus d’espèces dites inférieurs à l’espèce humaine, qui seront élevés pour être tuer et manger, comprendre que politiquement, c’est notre quotidien, nos habitudes et les normes qui mettent ça en place et que oui, on peut le changer, à la fois dans les conséquences (fini les abattoirs \o/ ) et surtout les conséquences (fini l’exploitation animale sous toutes ses formes ->cirque, zoo, alimentation, habillement, animaux domestiques…), c’est ça qui compte.
    Quant à la souffrance des plantes: la limite de mon empathie s’arrête avec mon besoin de survie (même si en vrai j’ai pas tant d’empathie non plus envers les poissons mais bref…). Ah et il y a une étude (ça doit être sur internet) sur comment l’eau réagit quand on la traite avec amour ou pas etc… Et oui il paraît qu’elle réagit. Comme quoi, peut-être qu’on tue vraiment l’eau du verre quand on le boit… pour autant, je crois que j’arrêterai pas d’en boire (et non je ne sais pas si ça marche aussi avec le cola!) Tout ça pour dire que les plantes ressentent peut-être de la souffrance ou je en sais pas quoi, mais ce n’est certainement pas en les faisant pousser pour nourir des animaux qu’on va soi même manger qu’on va leur faire du bien ou les faire moins souffrir. Bref, c’est un argument certainement imparable mais qui malheureusement, est abscons de part les conclusions qu’on peut en retirer. À savoir, de toutes façons, les plantes sont condamnées à mourir si les humain⋅e⋅s veulent vivre. Après, on peut être pour la fin des humain⋅e⋅s.

    Enfin, par rapport à l’antispécisme, je voudrai juste ajouter que l’exploitation animale ne s’arrête pas à notre assiette. En général, le débat est assez passionnée parce que ça touche un peu à un nerf sensible (la bouffe quoi!) mais l’exploitation animale, c’est aussi l’exploitation pour se vêtir (et je crois qu’il est assez évident qu’on n’a vraiment pas besoin de cuir pour bien vivre), c’est aussi l’exploitation des humain⋅e⋅s qui bossent dans ce genre de milieu (non, les ouvriers des abattoirs c’est rarement le grand pied et un vrai choix de vie), c’est aussi la création d’animaux qui serviront de cobayes à des expérimentations de vaccins pour les humain⋅e⋅s (parce que c’est bien connu qu’on a les mêmes systèmes immunitaires et les mêmes réactions… c’est celaaaaaaa!) etc etc… Le combat antispéciste est donc bien plus global que ce qui se passe seulement dans notre assiette. La lutte pour la fin des inégalités entre les espèces est une remise en question totale du système actuel, des postulats qui y sont développés sur la Nature (oui oui, avec un grand N… celle dont on nous parle tout le temps mais qu’on sait pas trop ce que c’est… un peu comme la Femme…) que ce soit l’anthropocentrisme galopant ou le consumérisme abérrant, lutte qui rejoint des luttes telles que le féminisme radicalo-queer-tralala, la lutte anti-sexiste, anti-raciste ou anti-colonialiste.
    Et pour plus d’arguments, une plume acérée et de la bonne lecture, il y a les cahiers antispécistes 🙂

    1. Je ne peux que plussoyer.

  4. Je m’identifie pas mal à Pyon. Sinon que dire… Tu cuisines tellement bien que je te pardonne presque de n’être QUE végé (hahaha, quelle insupportable condescendance, je plaisante bien sûr).
    Go vegan (ou freegan), stay metal (ha non, merde, ça c’est autre chose…)!
    Keur.

    1. Zoop. Ouais, en même temps, les produits animaux que je mange, c’est de la poubelle, donc freegan je suis.

  5. Bonjour et merci pour votre blog. A priori les formules d’encre de chine les plus courantes ne font intervenir que des produits d’origine végétale : noir de fumée (pin et autre conifères), résines végétales (gomme laque ou arabique), camphre. C’est la première fois que je lis que la gélatine serait utilisée à sa fabrication et ça semble assez peu probable étant donné que cette dernière ne soit pas soluble dans l’eau froide.

    1. Bonjour et merci de passer ici,
      La source de cette info était ici : http://www.dotapea.com/encredechine.htm, consultée le jour de la rédaction de l’article mais plus accessible, il semblerait que le site soit down…
      Sinon il y a aussi ça : http://vege-ado.forumactif.org/t456-aquarelles-sanglants
      J’espère que dotapea va revenir, c’était relativement précis et agréable à consulter.

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