Slutwalk

[Edit du 10 octobre : je suis tombée sur un reportage de TéléToulouse. Il semblerait qu’ils aient fait à peu près correctement leur travail. La vidéo est visible ici.]

Cette après-midi, je suis allée à la SlutWalk de Toulouse.

Slutwalk, ça veut dire en anglais “Marche des pétasses”. Le concept, c’est qu’on s’habille comme des pétasses, comme on veut en fait, et qu’on fait une marche pour dire que c’est ni à la société ni aux relous de nous dicter ce qu’on doit mettre, que c’est à nous de décider. Ça sert aussi à dire que quelle que soit la façon dont on s’habille, le responsable d’une agression, c’est toujours l’agresseur, pas la victime. Ça veut dire que non, c’est non. Ça veut dire “que je sois en minijupe, en talons, en baskets, en costard”… mes vêtements ne sont ni une invitation ni un appel. Je suis une personne, et à ce titre, j’ai le droit de m’habiller comme j’en ai envie et que mes désirs soient respectés, sans me faire siffler, draguer lourdement, objectifier, violer. Ça veut dire que si quelqu’un décide de m’emmerder/violenter/violer, c’est SON CHOIX et SA DÉCISION de personne responsable. Pas quelque chose qui soit dicté par mes fringues ou mon comportement. Et donc on fait une marche pour dire qu’on a envie de faire ça et qu’en groupe, on est plus fortes, et donc que si on se fait emmerder, on est aussi capables de faire jouer la solidarité et d’emmerder l’emmerdeur jusqu’à ce qu’il nous lâche les seins.

Je suis donc allée à cette slutwalk. J’ai été super déçue.
J’avais motivé mon équipe de pouffes, on s’était bien habillées et on voulait tout déchirer. Alors on a marché jusqu’à la manif. Jupes, rose, UNE COMBI RÉSILLE, guêpière, talons. On était contentes.

Et… Youpie, quelle surprise ! La manif était déclarée en préfecture, mais les gens marchaient sur les trottoirs. SUR LES TROTTOIRS. En criant faiblement deux petits slogans faibles genre “Mon choix, c’est mon choix”. OK.
J’ai buggué. Je me suis dit que j’étais pas tombée sur la bonne manif.

Il y avait une bonne dizaine de photographes venus pour l’occasion ; je leur ai dit de se barrer, de pas nous prentre en photo. Je fais un fuck à un photographe qui me dit “Ah ouais c’est cool ça, tu refais steup ?” Euh non, je veux juste PAS que tu me photographies, en fait, juste casse-toi quoi… Et c’est là que, sortant du néant, une des personnes organisant l’évènement m’a dit que non, faut pas les insulter, faut pas leur faire des fuck, faut être gentils, parce que “C’est moi qui les ai invités, et puis ils sont bien gentils d’être là, ils nous font de la pub”. Ah ouais. Première nouvelle. Genre, tu crois qu’ils sont venus pour la beauté politique du geste ? Tu crois pas que comme tous les médias, ils fonctionnent sur le sensationnalisme, et qu’à ce titre ils sont venus parce qu’ils pensaient qu’il y aurait des meufs à poil et “Ah trop bien c’est comme les Femen ça va nous faire plein d’audience” ? Tu crois que le journal pour lequel ils bossent, dirigé par des mecs blancs cinquantenaires et riches, a le moindre intérêt à passer un truc qui ressemble à du féminisme, une explication, un propos cohérent sur ce que ça veut dire et à quoi ça sert ?

Ensuite je me suis mise à crier aux gens (soixante personnes en tout, d’après ce que j’ai pu voir) de descendre du trottoir, de prendre la rue, de s’énerver un peu. Ma pote K<3 a voulu crier des trucs anti-flics et anti-prison et elle s’est fait jeter par l’organisation (Visiblement, les slogans devaient être approuvés par la réunion du Komintern. Depuis quand on doit soumettre ses slogans avant d’aller en manif ?). J’ai entendu ensuite dans le cortège “Ah mais des rebelles, il en faudra toujours, hein…” (Une dame bien-pensante sans pancarte). Ah, ouais. Tu vas à une manif féministe et tu dis ça avec un petit sourire qui veut dire “Il faut bien que jeunesse se passe…”. Ben non. Si on était pas des rebelles justement, s’il y en avait pas eu, on en serait toujours à n’avoir aucune existence légale, à être juridiquement mineures, à craindre pour notre réputation dès qu’on nous voit parler à un mec, à se faire avorter avec des cintres à vêtements. Alors ta manif bien consensuelle, bien rangée, bien propre, où il n’y a aucun freak d’aucune sorte et où le conformisme règne, tu peux te la garder.

J’ai pas besoin de toi pour porter mes idées politiques. J’ai pas besoin de ton “féminisme” à deux balles qui rentre bien dans les clous du socialisme pourri. J’ai pas besoin de ton approbation et de ton consensus. Mon féminisme à moi, je le fais dans la rue, tous les jours, dans mon quotidien, à la fac, en assemblée. Pas juste pour une manif une fois par an.

*juste comme ça, au passage, le reportage DE MERDE de la télé DE MERDE  qui était là, ici. Dernière phrase à gerber : “Ce qui faisait la réputation de Toulouse, des filles belles et bien habillées, est peut-être en train de tourner à la provocation”. Rien que pour cette phrase, ça méritait de virer tous les journalistes de l’évènement.

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39 responses

  1. “Tu veux le mégaphone? Bin, ça dépend c’que tu veux dire hein…!”

    Nique les slogans tautologiques!
    Première deuxième troisième génération, nous sommes toutes des salopes assumées!
    Non non non aux prisons! Oui oui oui à la castration!

    Beuuuh, manif plan-plan, manif vomi, manif style PS (petites salopes? mais no way, j’suis une grosse salope moi, hahaha!), trop naze!
    Take back the street!

    1. Only you es capable de faire ce genre de commentaires. ❤

  2. Hello,j’étais à la slutwalk de Toulouse et je me souviens de vous,de votre petit groupe.Avant de venir je me suis posé cette question de ma manière de m’habiller.
    Au départ j’avais prévu le même genre d’atirail haut en couleur,guepière dorée,manche tatouage vertes,minijupe collants flashi et slogans écris sur le décolleté.Parceque pour moi la slutwalk c’était ce coté décomplexé et joyeux,ce message de liberté et d’acceptation de soit et de l’autre.
    Mais j’ai écris ma pancarte et j’ai changé d’avis.J’ai écris en grandes lettres “J’ai été violée et ce n’est pas à moi de me cacher.La honte doit changer de camp.”
    Et je n’ai pas voulu qu’on y lise une quelconque provocation.J’ai souhaité que ma contribution soit digne,parceque le message était grave.
    Un peu comme toi avec les journalistes,je n’ai pas eut envie que des mecs avides de sensasionnalisme associent mon message sérieux à de l’exhibition gratuite.
    J’ai laissé tomber la guépière,parceque ça ne correspondait pas à MON message.Et que je savais que d’autre personnes défendraient le message de la liberté d’être sexy.
    C’est pour ça que franchement quand je vous ai vu arriver j’ai adoré,parceque la slutwalk c’est une marche multi registre et qu’une slutwalk n’est pas une slutwalk si on y vois pas aussi la revendication de l’excentricité.
    Merci d’avoir motivé tes potes.C’étais juste super.
    Après je comprends ta déception mais il faut savoir que c’est la première à Toulouse,organisée par des personnes peu habituées à organiser des manifs,avec des moyens pas énormes.Je suis sure que l’année prochaine encore plus de personnes se mobiliseront,que plein de chouettes idées viendront enrichir la manif et que ça sera aussi énorme que le truc auquel on s’attendait.Il ya une nana qui discutait avec l’organisatrice et qui venait de loin,elle disait “Je m’attendais à ce que chaque nana de la ville soit là aujourd’hui.”
    Je suis contente que des petites mamies pas folko soient là,que des mecs soient là,que des gens de tout types soient là,parceque ça montre que cette cause n’est pas un truc millitant de filles enragées et vengeresses,mais une question qui concerne tout le monde et qui doit rentrer dans les mentalitées.
    Si autant des “rebelles” que des petites bourgeoises ou que des gros barbus soutiennent ce message,ça montre au monde qu’il est légitime et partagé par des personnes de tout milieu.Et c’est ça qui est bien à la slutwalk.On y retrouve tout le monde.

    1. Je comprends pas trop… en quoi s’habiller comme tu veux ou de façon joyeuse/sexy serait provocatrice, ou remettrait en cause la dignité de ta participation ? C’est pas antinomique avec le thème de la manif, justement ?

      Je suis déçue parce que j’ai fait d’autres manifs féministes, des marches de nuit, des trucs comme ça, qui étaient mille fois plus joyeux et rageurs à la fois même si on était quarante, et là pour le coup les relous venaient pas se montrer, parce qu’on était vénèr et que ça se voyait ! Et justement ce côté enragé et vengeur, c’est ça que je veux, moi, et je crois que pas mal de mes copines aussi. On veut se sentir fortes, libres et puissantes et on veut pas se conformer à la norme qui dit qu’une fille ne fait pas usage de violence, et on s’en fout ce qu’on pense de nous… Les gens qui ont le pouvoir (dans une oppression de sexe, de classe, qu’importe) ne vont pas le lâcher comme ça, c’est pour ça qu’il faut montrer les dents et faire “GRRRRH ! ”
      Et puis au niveau politique je comprends pas comment quelqu’un qui se dit féministe (l’orga) peut remettre en cause l’oppression de genre et dicter une autre oppression par-derrière. C’est hypocrite et minable…

  3. bref, j´ai donc bien fait de tracer ou j’en aurai pigné une, un, un journaleux moisi, une vieille consensuelle qui fait l´autruche ou une jeune conne qui froufroute de la jupe en pensant qu’elle fait de la politique trop hard core rebelle parce que c’est sa putain de premiere manif.

    o mi amor, c’est une mise á mort, défoncons les organisateurs et trices de merde, les medias bourgeois sensiationnalo sexistes et tou.te.s les bécheureuses de bac a sable!!!

    vive le cannibalisme vegan!!!

    1. Hahaha… Ils ont même diffusé l’article sur Facebook en disant que j’étais “virulente” dans la manif quand je me suis mis à téj les gens. C’est hard…

  4. Boh, vous auriez dû venir me casser la gueule, franchement…ça me ferait moins mal au cul que de voir cette violence certes virtuelle, mais bien plus blessante.
    Ah, et je ne pensais pas faire de politique, la marche étant politiquement neutre.
    Et je ne me sens pas rebelle, ni hard core, ni rien du tout. Je me sens fatiguée d’avoir passé plusieurs mois à organiser la marche avec mes petits moyens, et de réaliser que l’avis de 2/3 personnes négatives me touche plus que celui des 100 autres. Car oui, votre avis me touche, et je suis triste de votre déception.
    Ouais, je suis pas une rebelle, je recycle, j’ai un chat, je vais au marché avec mon mec le dimanche matin, et une fois par an, on se paie une semaine de vacances. Oh, et je travaille dans l’aéronautique. Bah, je me dégoûte, je suis une sale bourgeoise de merde.
    C’est tellement plus simple d’être celle que l’on doit gérer plutôt que celle qui gère.

    La jeune conne qui froufroute de la jupe en pensant qu’elle fait de la politique trop hard core rebelle parce que c’est sa putain de premiere manif, c’est moi.

    1. Comment la SLUTWALK peut-elle être politiquement neutre ?
      Comment tu peux être féministe (et donc réagir à une oppression, donc si on veut être un minimum en cohérence, réagir à toutes les oppressions) et te définir comme “personne qui doit gérer” ? On est pas capables de faire des manifs toutes seules ?

      1. Tu n’as pas à me dire comment je dois vivre mon féminisme. Organiser une marche et être féministe, ce n’est pas nécessairement lié. Gérer, c’est justement devoir se forcer à être un minimum consensuel face à des personnes comme toi, ou des vieilles rétrogrades, ou la presse. J’étais peut-être un peu trop focalisée sur la sécurité physique et morale des personnes présentes, et te demander de ne plus faire des fucks à un mec, ce n’était pas pour l’image, c’était pour épargner la marche d’une violence non désirée.
        J’ai eu l’impression d’être dans une classe de maternelles, avec quelques individus tapant du pied, parce que ça ne se passe pas comme ils le voudraient.
        Mais fais-donc ta manif, et je verrai bien si les idées que tu véhicules sont en harmonie avec mes opinions! Je te conseille néanmoins de lire la doc de la SlutWalk FRANCE.
        Et ce qui me gène le plus, c’est bel et bien ça: “c’est une mise á mort, défoncons les organisateurs et trices de merde, les medias bourgeois sensiationnalo sexistes et tou.te.s les bécheureuses de bac a sable!!!”
        Une mise à mort.
        Après une marche contre le viol et la violence, contre les personnes qui ont fait en sorte qu’on en fasse une à Toulouse. Médias mis à part.
        Nan, mais ça fait plaisir, putain. Venez me défoncer chez moi tant que vous y êtes. La boucle sera bouclée.

      2. Mais en fait, justement. Ce que les gens qui commentent te disent, c’est qu’on a pas besoin de consensus. On a pas besoin de sécurité. La sécurité on l’a, juste parce qu’on est nombreuses et vénèr, et qu’on sait se défendre ! On a pas besoin que les flics nous protègent, puisque les flics nous méprisent, nous agressent et nous violent. On a pas besoin des médias, puisque les médias justifient les agressions qu’on subit, essaient de nous faire rentrer dans le rang en permanence, essaient de nous vendre une image de nous qu’on devrait passer notre vie à poursuivre. On va pas rester dans notre socialisation primaire et avoir peur et se demander si notre présence va engendrer de la violence… Bien sûr qu’elle engendre de la violence ! En juin on s’est fait foncer dessus par une voiture, par exemple. Et alors ? Le but, c’est pas justement d’être fortes et unies, ensemble ? On en subit pas tous les jours, de la violence, juste par notre présence dans la rue, des insultes, des agressions, des remarques déplacées, des coups, etc ? Tu veux donc dire que le fait que je lève mon doigt devant un photographe ou un cameraman de france3 venu pour voir des meufs à poil constitue une violence ? Pour qui, en fait ?
        Ce genre de manif bien consensuelle dénature juste le message du féminisme…
        Par contre, à la fin de ton commentaire, je crois que tu paranotes un peu, là.

  5. Non mais j’hallucine complètement. La slutwalk, c’est féministe, de fait, mais manifestement nous n’avons pas la même définition du mot. La violence est patriarcale, elle est étatique, et sûrement pas de notre côté. Je trouve ça NORMAL qu’on soit violentes, personellement quand je subis des violences j’ai pas envie de tendre l’autre joue, et c’est pour ça que mon féminisme est radical.
    On est juste déçues que, avec un thème aussi hardcore que le viol et les violences faites aux femmes, les meufs ne soient pas plus vénères que ce à quoi on a assisté. C’est sûr que les choses risquent pas de changer, si c’est ça nos réactions (c’est-à-dire, pas grand-chose). Moi je veux pas me laisser faire, j’suis une meuf et j’emmerde toute personne qui véhicule des préjugés sexistes (et ça en fait des gen-te-s!) et je veux le hurler à la face du monde entier. Quand à être consensuelle, je veux bien être conne et sensuelle, mais jamais de la vie je serais CONSENSUELLE purée, c’est un des pires gros mots de mon vocabulaire, sérieux, depuis quand on doit être consensuelles dans nos revendications et notre rage? T’as pas la rage, toi, contre le viol?
    Et puis t’inquiète, on les fait aussi “nos” manifs, on t’y voit pas et c’est pas étonnant.
    J’préfère donner l’impression d’être en maternelle avec mes keupin-e-s qui ont trop la classe, qu’être dans la “gestion” de quoi que ce soit. Et la presse c’est sûrement pas nos potes, depuis quand les médias (classiques) sont du côté des féministes?
    Et accessoirement personne n’a envie de te défoncer, on a des vrais ennemis bien plus importants que toi.

  6. Bonjour à vous, je suis atterré par tout ce que je viens de lire… Vous êtes des rebelles, des féministes enragées et bien c’est une très bonne choses, je suis d’accord avec vous, il en faut, tant que certaines personnes vous traitent comme elles le font.
    Par contre, je penses que vous n’avez rien compris au principe de la ‘SlutWalk’: d’où ça vient, à quoi ça sert, et comment c’est organisé (je vous laisse aller voir sur le site, c’est expliqué…)… Le message est ce qu’il est, mais je ne vous comprends pas. Des gens ce battent pour organiser des manifestations comme celle là et je trouve ça bien. Il y a des gens de tous horizons et même si on était pas nombreux, je suis content d’y avoir participé.
    Si vous préférez faire des marches avec, vos potes, à traiter tout le monde de cons, et à insulter les passants, libre à vous, mais je ne trouve pas ça terrible. A vrai dire je trouve ça même très con. Critiquer la violence en étant violent, c’est absurde. On pourrait organiser des attentats contre les terroristes, aussi…
    Bonne continuation à vous, et je vous souhaite bien du courage, si votre but premier dans la vie et d’agresser tous les agresseurs, vous devenez aussi con qu’eux, et au résultat, ça fait plus de personnes violentes. Je trouve qu’avec l’état actuel du monde ce n’est franchement pas nécessaire, du tout.
    Vous allez me dire, que je suis un mec et que je ne comprends rien, c’est peut-être vrai mais votre discours à beau être cohérent, ce n’est pas avec la méthode que vous semblez prôner que vous serez entendues, j’en ai bien peur…
    Vive la ‘SlutWalk’ et vive les gens qui s’investissent en étant à l’écoute des autres.
    On peut très bien être revendicatif, sans être violent.
    Bonne soirée.

    Krys

    1. sharedwanderlust | Reply

      On a pas dit qu’on voulait pas de gens différents dans nos manifs. C’est très bien de faire un truc multi-publics, c’est pas ça que je critique, ce que je critique c’est de faire une manif en rentrant dans la socialisation féminine du “Ne vous inquiétez pas, on est super gentilles !” C’est pas nouveau, certaines féministes le faisaient déjà au XVIIIème…
      Après notre position par rapport à la rage elle est là, oui, on a la rage de se faire violenter en permanence. Et tu peux d’ailleurs lire d’autres articles de ce blog qui traitent du même sujet : je pense que face aux relous qui nous sifflent, attouchent, tripotent, frappent, violent, la seule réponse possible, c’est le cri et le coup. Parce que c’est ça qu’on reçoit, et qu’on en a marre de se forcer à être gentilles et douces comme on nous l’a appris, et que ça sert à rien de discuter avec les relous. Tu te fais siffler toi dans la rue ? Tu crois que les gens qui font ça sont là pour DISCUTER ?
      Et justement. “On va pas être entendues”. Mais ouais. Ça fait des plombes que j’essaie d’être entendue par les flics, les profs, la société en général, tout le monde et n’importe qui, au sujet de la violence patriarcale. ÇA NE FONCTIONNE PAS parce qu’on est dans une société entièrement patriarcale (que ça arrange bien, au passage, d’autoriser une manif de temps en temps pour faire genre “cause toujours”)/. Donc, je réponds à ce que je reçois par la même chose.

  7. Je crois que tous les participants à cette manif voulaient la même chose : promouvoir la lutte contre les violences enversles femmes et voilà un bel exemple de violence contre les femmes et les hommes qui ont organisé cette manif en prenant une vraie responsabilité.
    C’est quand même triste de ne savoir réagir à la violence que par la violence et l’outrance. La vie n’est pas toute blanche ou toute noire, il faut savoir faire passer un message avant de vouloir choquer. Les femmes ont été victime sous tous les régimes politiques et dans tous les pays. Il ne s’agit pas ici de politique mais de droits humains. Ils ne méritent pas que l’on insulte ou que l’on choque en leur nom, ils ne méritent que d’être considérés comme de la normalité. Les femmes, peu importe leur tenue, sont des êtres humains normaux qui ne méritent pas d’être traités comme ils le sont voilà tout.
    Il faut de tout pour faire un monde, mais être dans une manif pour se défouler c’est bien, être dans une manif pour faire passer un message c’est peut-être mieux. Si vous ne souhaitiez pas que cette manif soit relayée dans les médias que faisiez-vous là ? Franchement une manif, c’est le fait d’exprimer ouvertement, publiquement une opinion. Les médias sont là pour ajouter à cette ouverture et à ce public. Evidemment, on peut avoir envie d’ajouter un message politique ou religieux, mais n’est-ce pas quelque part assumer que la cause des femmes ne peut pas être le message central d’une manif mais juste un point d’ancrage pour dénoncer des causes “plus nobles” ?
    Comme je l’ai écrit, tout le monde était dans le même bateau lors de cette manif, mais ceux et celles qui l’ont organisé ont eu le mérite de donner plus que les autres. Reconnaissons donc le travail qu’ils ont effectué, et que ceux qui pensent qu’ils auraient fait mieux n’hésitent pas à se porter volontaire lors de l’organisation de la prochaine marche …

    1. sharedwanderlust | Reply

      T’as vu beaucoup de violence et d’outrance dans cette manif toi ?

      1. C’est la réaction que je trouve violente.

    2. Tu m’as toujours pas dit en quoi consistait cette fameuse violence contre les personnes qui ont organisé cette manif. Je devais pas être là à ce moment-là super violent.

  8. Le fait est que cette marche: n’était pas féministe, pas politique et pas énervé. Mais je n’étais pas la pour ça, à vrai dire. Je venais pour faire passer un message et j’espère qu’avec un peu de chances il aura était un peu entendu (la vidéo de ‘France 3’ n’est pas si mal c’est juste la dernière phrase que tu cite plus haut qui est incompréhensible, et qui dessert le propos…).
    Il y a les violences et les viols contre les hommes aussi, dont personne ne parle, mais qui sont aussi un réel problème (même si les proportions et les nombres d’agressions n’ont rien à voir).
    En tout cas ça a le mérite d’avoir été fait.

  9. Je préfère rire de l’argument “y’a aussi des hommes violés”, parce que c’est du niveau du “racisme anti-blanc”, et c’est très très douteux. Tu connais le patriarcat? Tu connais le concept de “classes opprimées”? Et vas-y mon p’tit chat, balance des chiffres sur les hommes violés, que je me marre en les comparant à ceux des femmes violées/violentées/abusées/agressées quotidiennement dans le monde. Et sinon, vous proposez quoi contre la violence? Quand on tente de me violer je vais faire un sit-in et dire que j’suis pas contente, mais pas trop fort, quand même? Comment on peut ne pas être énervé-e contre le viol? Vous pensez vraiment faire passer un message en criant doucement et sans grande conviction des slogans éculés, à cinquante et à moitié sur le trotoir?
    Et puis faut arrêter de déconner, organiser une manif c’est pas un travail de ouf-malade, surtout ce genre de manif-là, hahaha! Et puis on a vraiment pas foutu la merde, donc arrêtez de pleurer un peu, hein.

    1. Effectivement, vous n’avez pas foutu la merde, pour le coup, je suis d’accord! On pleure pas, mais les réactions sont principalement liées aux critiques que vous émettez ici…
      Un commentaire a par contre foutu un peu la merde dans ma vie, car je me suis bien sentie agressée, et même si je ne me barricade pas chez moi de peur de vous croiser, j’ai quand même été un peu choquée par les termes “mise à mort”. Mais bon, je suis une femme gnangnan, alors que voulez-vous?
      Par contre, ce n’est pas un travail de ouf-malade, non, mais je l’ai fait, j’ai galéré, je me suis heurtée à des refus agressifs, à de messages sans réponses de la part des assos (à part le Planning, La Barbe, et la LGBT, personnes n’a répondu), et au final, je n’ai pas tué la cause pour laquelle on marchait non plus, hein.
      OLF France, Amnesty, toutes ces grandes assos qui ont un minimum de pouvoir, par contre, ont refusé de participer. Et on râle pas.

      1. sharedwanderlust

        L’histoire de la mise à mort, en fait, c’est une chanson (qui est pas mal chantée par plein de toulousains en ce moment)… faut pas être choqué-e comme ça !

      2. Ok, je savais pas…pas évident de savoir ce que les Toulousains chantent. Sorti du contexte, c’est dur.

  10. Et bien organise ta manif, alors…
    Et pour info, on était 120 personnes a avoir voulu être dans le décompte (sans vous comptez, vous qui n’avez pas souhaité prendre les papiers…), et on a marché sur le trottoir que de St Cyprien au Pont Neuf, c’est un peu exagéré, non…
    Mais bon, je commente pour donner mon point de vue, c’est tout, et pas pour me battre, ou pour affirmer mon identité…
    Et je ne pleure pas je donne mon opinion, comme vous aimez, tant le faire…

    1. sharedwanderlust | Reply

      T’inquiète, on les organise nos manifs.

  11. Bonjour,

    J’étais aussi à la SlutWalk et je t’ai vue faire toi et tes amies.
    Je ne juge pas votre façon de faire du féminisme. Vous avez choisi de faire ça dans la violence, c’est votre choix, je le respecte. Je suis même plutôt d’accord avec vous sur le fait que les femmes doivent apprendre à être violentes physiquement et verbalement pour espérer être un jour être respectées.

    Par contre, j’ai l’impression qu’il y a eu un manque de communication sur l’esprit de la SlutWalk. Je vous renvoie à la FAQ sur le site officiel : http://slutwalkfrance.tumblr.com/FAQ.
    En voici quelques extraits :
    – “C’est un lieu PAISIBLE d’échanges pour inviter les gens au dialogue.”
    – “Ce n’est pas un club privé ! Tout le monde est invité à marcher avec nous contre le sexisme et la culpabilisation des victimes d’agressions sexuelles. Quels que soient votre : genre, âge, orientation sexuelle, physique, style de vie, croyances, métiers, CSP”
    – “Il n’y a pas de « dress code » spécifique.”
    – “La marche étant ouverte à TOUS, elle se veut consensuelle, politiquement neutre et tolérante.”

    Clairement, ce n’était pas une manifestation pour vous et c’est normal que ça vous ait déçu. Mais si vous décidez d’y participer, il vous faudra en respecter l’esprit.
    Et je trouve ça dommage qu’on en vienne à des paroles blessantes, notamment pour Lolla qui s’est défoncée pour monter cette marche. Déjà qu’on est peu de féministes, si on commence à se taper dessus on s’en sortira jamais…

    Voilà, j’espère que mon commentaire aidera à mettre les choses un peu plus au clair.

    Bonne soirée à toutes

    1. sharedwanderlust | Reply

      Je te renvoie aux commentaires précédents de Narka qui expliquent mieux que moi le pourquoi du comment.

  12. s’il faut s’énerver contre le système de genre, c’est peut-etre pas très efficace de taper sur celles et ceux qui tentent de faire des choses. Si tu les juges maladroites ou inappropriées, va discuter, débattre au lieu d’utiliser la loi de celle qui gueule le plus fort. Je ne comprends pas : quel est ton but ? Je vois bien celui de la Slutwalk, qui est très clair, et le rien c’est quoi ? qu’il n’y ait plus de Slutwalk ? qu’elle se déroule de façon violente ? que ça soit toi qui l’organise ? qu’elle ne soit pas relayé par les médias locaux ? explique stp ce que tu cherches

    1. sharedwanderlust | Reply

      Est-ce que tu as lu l’article et les commentaires associés ? Ils expliquent tout.

  13. pas le rien, le tien*

  14. ouioui je t’assure que j’ai bien lu, et je ne comprend pas ce que tu veux concrètement

    1. sharedwanderlust | Reply

      J’aimerais bien faire une discussion avec les copines concernées parce que je crois que nos points de vue sont communs sur le sujet. Mais pour résumer ma position, ayant vu plusieurs reportages et docus sur les slutwalks précédentes non-européennes, je m’attendais à un truc rageur rebelle, sexy, joyeux et solidaire. Pas à une manif consensuelle, socialiste et gnan-gnan.
      Après je ne pense pas avoir eu une réaction si violente que ça.
      Juste, visiblement les gens qui ont organisé ce truc et moi/mes potes présentes en collectifs féministes sur Toulouse, on a pas la même vision du féminisme. C’est aussi d’ailleurs pour ça qu’il y avait si peu de monde à cette manif : j’ai rencontré plusieurs personnes qui sont venues aux réunions de préparation et qui ont été tellement dégoûtées de la bêtise des équipes d’orga qu’elles ne se sont même pas pointées en manif.

      Je pense que ce serait bien que, collectivement, les personnes qui se sentent visées par ma critique de la slutwalk de samedi arrêtent de se sentir visées et/ou violentées. Ton commentaire fait référence à un comportement de “celle qui gueule le plus fort”, et je ne comprends pas où tu as pu pêcher ça ou en quoi ça fait référence à mon comportement à moi. Je suis pas d’accord avec ce que j’ai vu, je fais un article sur mon blog, je le publie, et je publie également tous les commentaires y faisant référence, sans les censurer et en y répondant. Il me semble que ça s’appelle discuter et débattre, c’est ce qu’on est en train de faire, là, sur un espace public accessible à tout-e-s, sans censure ou coupage de parole. Est-ce que tu peux m’expliquer en quoi c’est “celle qui gueule le plus fort” ?

      Pour terminer, j’ai déjà expliqué ma position sur les médias, sinon tu peux lire “Sur la télévision” de Bourdieu, ça explique plutôt bien la chose.

      Est-ce que ça répond à tes interrogations ?

      1. Je souhaite juste rebondir sur ton commentaire quant à l’organisation générale:
        Je ne fais pas partie du milieu militant, c’est flagrant, donc établir le contact avec des assos (et obtenir une réponse de leur part) n’a pas été la chose la plus facile du monde, en partie à cause de mon manque de dispo. ET je le regrette, car j’aurais vraiment souhaité être guidée et aidée. Cela dit, je ne souhaite pas faire partir d’une organisation, car je ne me retrouve pas dans les assos féministes, pour des raisons X ou Y, qui me sont personnelles. Je ne sais pas qui gagnera la bataille contre les machos: les personnes comme toi, qui ont une vision agressive du féminisme (chose que je ne rejette pas du tout, mais comme je le disais, ce n’est pas mon point de vue) ou les gens un peu plus posés, peut-être mous, mais qui luttent tous les jours aussi…du moment que la bataille est gagnée!!
        La Slutwalk France est assez bien faite pour les personnes qui n’ont pas l’habitude d’aller dans la rue et crier un coup…mais c’est pas mal, aussi, que des personnes se sentant peu concernées d’habitude aient soudainement l’envie de manifester, non? J’ai franchement l’impression d’avoir commis le plus gros péché de la Terre en essayant d’organiser la Slutwalk…essayer. Alors que j’ai fait mon max, et bien sûr que ce n’était pas optimal, mais bon, c’est pas inné, si? Je ne me CONTENTE pas de 120 personnes, même si je suis vraiment contente que ces personnes se soient déplacées, mais jusqu’à ce que vous me donniez envie d’arrêter, je voyais bien la marche grandir d’année en année! Je repasse le flambeau quand vous voulez! Ce n’est pas pour ma gloire perso, et je sais que d’autres feraient 1000 fois mieux. Mais cette année, y avait que moi à m’être sorti les doigts du cul, en me disant: “j’y connais rien, mais au moins, ça aura lieu”.

        Effectivement, la réunion d’informations a été une grosse déception pour certaines. C’est vrai qu’à partir du moment où on ne souhaite faire que des activités non mixtes, il y a de quoi être déçues! Mais jamais je ne dirai que ces nanas sont bêtes!!
        A part une personne se disant hétérophobe, raciste anti-blancs en étant blanche, bon, je dirais pas bête non plus, mais un peu loin d’une lutte efficace pour l’égalité des êtres humains.

        Je m’arrête là, effectivement nous n’avons pas la même vision du féminisme, mais tant que l’on a aucune preuve tangible qu’une méthode marche mieux que l’autre, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas marcher côte à côté, ou au moins en parallèle, sans balancer des phrases menaçantes, et injurieuses.
        Je parle pas de bisounours, je parle d’un minimum de respect commun.

        guidée

      2. sharedwanderlust

        Bah… C’est bien si t’as fait des efforts, après moi j’ai exprimé mon opinion. Si tu n’as pas d’expérience dans ce genre de trucs, effectivement des fois ça peut être bien de demander à des gens qui s’y connaissent, qui sont inséré-e-s dans les réseaux féministes, etc, et qui peuvent avoir les bons contacts.
        Je sais bien qu’on peut pas tout-e-s être d’accord, ça serait un peu triste quand même. Mais bon après, c’est vrai que quand tu organises des trucs, il y a forcément du coup des gens qui désapprouvent, mais si tu t’arrêtes là parce que quatre personnes critiquent ton évènement, c’est un peu idiot quand même, ou ça va pas loin…
        Pour ton souci avec les personnes qui sont venus à ta réu, il faut peut-être que tu en discutes avec elleux, pour voir pourquoi et comment ça se passe dans leurs têtes, et comment ça peut s’articuler avec ton action à toi.

  15. mouais, alors si je comprend bien là c’est plus une affaire de personne que le jugement de cette démarche, qui est internationale et se décline un peu différemment selon le lieu où elle se déroule.
    Si celle de Toulouse t’a pas plu, peut-être faudrait-il faire partie de l’organisation, si tu as des compétences en ce domaine, non ?

    1. sharedwanderlust | Reply

      Je ne pense pas qu’il faille avoir des compétences spéciales pour organiser une manif. Et non, je pense pas non plus que ce soit une histoire de personnes, mais plus d’idées sur la façon de faire de la politique/du féminisme.

  16. Je sais que j’arrive un peu tard, mais je dois dire que je bouillonne à la lecture des commentaires, et du coup je vais me permettre quelques remarques.

    En ce qui concerne les médias, je comprends que tu considères les médias de masse comme une plaie, et d’une certaine manière je suis pas loin de penser comme toi (image de la femme déplorable, propos sexistes, etc.). Mon problème par contre par rapport à ta réaction, et là où je ne suis pas du tout d’accord avec toi, c’est qu’il me semble que sans relai médiatique, une manifestation ne sert pas à grand-chose, au-delà d’une satisfaction personnelle immédiate (que je peux comprendre)… Si ? Sur Facebook, quelqu’un parlait de se créer des « objets culturels propres », sans avoir besoin de médias. Quels sont ces objets ? Quelle est la visibilité d’une marche/manif si personne n’en parle ? Pour moi, l’objectif clairement affiché de la Slutwalk, c’était justement de rendre la question du viol visible, de rappeler à un maximum de gens qu’on est encore socialement opprimées malgré des lois visant l’égalité, etc. Sans journaliste, quel aurait été l’impact ? OK, on n’a eu que quelques petits reportages, avec des commentaires franchement limites, mais pour moi c’est un mal nécessaire. Et l’attitude qui consiste à se pointer à une manif, donc sachant que tu vas être exposée, puis à pousser les hauts cris parce qu’on te prend en photo, ben ça me dépasse.

    Ensuite, à propos des manifs non mixtes… Ca m’a toujours heurtée, quand on me distribuait des tracts à la fac, quand je voyais que les marches de nuit étaient non mixtes, et c’est la raison pour laquelle je n’y ai jamais mis les pieds. Quel est l’intérêt de se couper de la moitié de la population ? Des hommes ouverts, respectueux, et féministes, il y en a. Je pense que ce ne sont pas forcément les plus nombreux mais ça existe. Tu vas me dire qu’il est question de prendre la rue entre femmes, d’accord. Et pour quel résultat exactement ? Sur le moment, évidemment que tu es en sécurité puisque tu es en masse. Mais foncièrement, ça change quoi quand tu te retrouves toute seule dans la rue à 4h du matin ? Bref, en plus du fait que je pense que ce genre d’action est peu efficace, pour moi c’est faire du sexisme de considérer que les hommes sont systématiquement des agresseurs.

    Concernant la « bêtise des équipes d’orga »… Evidemment je vais manquer d’objectivité, parce qu’il se trouve que j’étais à cette soirée, et bien que je ne fasse pas partie de l’équipe « officielle », j’ai suivi l’organisation de la marche et j’ai filé des coups de main quand je le pouvais. Donc tu me permettras de m’inclure dans cette remarque. Moi j’aimerais qu’on m’explique en quoi notre positionnement est bête (oui parce que malgré tes remarques saines et hautement constructives, j’ai toujours pas compris, mais c’est mon côté quiche socialiste). Clairement, on n’était pas d’accord avec les filles que tu connais sur la manière dont devait se dérouler la marche, à commencer par son caractère mixte justement. Mais putain, est-ce que la question du viol et de la place des femmes dans la société ne concernerait pas un tout petit peu les hommes ? Et en plus, est-ce que tu crois pas que les hommes aussi sont victimes de sexisme (bien que les conséquences soient souvent loin d’être comparables) : un homme doit être fort, un homme doit montrer les dents, un homme ne doit pas pleurer, il doit être agressif, etc. Et le mec qui aime pas la bagarre, qui pleure quand il est triste au lieu de taper dans un mur, ou qui s’épanouit en cueillant des fleurs ou qui aime, je sais pas, la couture ? Qui ne se reconnaît pas dans les rapports homme/femme qu’on lui propose, et qui n’aime pas partir draguer comme on part en chasse ? Est-ce qu’il ne doit pas affronter la désapprobation de son entourage ? Il n’est pas enfermé dans rôle social, lui aussi ? Je connaissais un pauvre môme qui aimait jouer à la poupée quand il était petit, je peux te dire que c’était le secret le mieux gardé de la cour d’école.

    Ensuite, oui, la Slutwalk vise le consensus, et alors ? En quoi est-ce une mauvaise chose ? L’objectif c’était de rassembler un maximum de gens sur des thèmes qui devraient être universels. Ca ne me défrise pas de mettre de côté le temps d’une marche des questions qui m’interpellent aussi, mais qui sont plus casse-gueule (la prostitution, la question du voile, etc.). Pour moi le consensus est là, et si j’ai bien compris, c’est notamment cet aspect (en plus de la mixité) qui a déplu à tes copines lors de la réunion d’info.

    Moi aussi, j’estime que dans l’idéal, on aurait dû avoir les ¾ de Toulouse pendant cette marche, simplement parce que ça devrait concerner tout le monde. Mais 120, pour une première, c’est bien, surtout avec les moyens de diffusion qu’on avait. Le but pour les prochaines fois, c’est qu’on soit de plus en plus nombreux/ses.

    Et enfin, quand tu dis « Je pense que ce serait bien que, collectivement, les personnes qui se sentent visées par ma critique de la slutwalk de samedi arrêtent de se sentir visées et/ou violentées »… D’accord. Je te rassure, ça m’empêchera pas de dormir. Par contre, relis les commentaires de tes potes, que tu as approuvés, et en particulier :
    Petit patapon : « bref, j´ai donc bien fait de tracer ou j’en aurai pigné une, un, un journaleux moisi, une vieille consensuelle qui fait l´autruche ou une jeune conne qui froufroute de la jupe en pensant qu’elle fait de la politique trop hard core rebelle parce que c’est sa putain de premiere manif. […] défoncons les organisateurs et trices de merde »

    Pour moi, oui c’est de la violence personnelle et gratuite, qui vise en plus la mauvaise cible, permets-moi de te le dire. Que vous soyez déçues, que vous l’exprimiez, très bien, je n’ai rien à dire là-dessus. Mais je pense qu’il faudrait un tout petit peu se calmer et éventuellement y mettre les formes. Tu t’adresses à des être humains, qui a priori ne te veulent pas de mal. Alors bon je sais, c’est très parti-socialistique comme attitude, hein, et puis je ne suis qu’une « jeune conne qui froufroute de la jupe », mais on fait comme on peut.

    Voilà… Désolée de m’être étalée en longueur. Mais tu vois, le drame dans tout ça, c’est que je pense que sur le fond on est d’accord à 80 ou 90%. Par contre, la forme que tu y mets, clairement, ne sera jamais la mienne.

    1. sharedwanderlust | Reply

      C’est effectivement moi qui ai fait cette remarque à propos de nos objets culturels propres. Nous avons tout-e-s à notre disposition des appareils photos sur nos portables, des caméras, et la capacité d’écrire des textes et de faire tourner ça sur Internet (la preuve, on est en train de le faire, là). Je pense qu’il y a plus eu de débats et d’échanges à propos de la Slutwalk sur mon blog que pendant la diffusion du reportage de France3, parce que la télé n’autorise pas la réponse, parce que ça va super vite, parce que le propos est déformé.
      Internet a une capacité de diffusion infiniment plus grande que n’importe quel média classique, et au moyen d’une simple connexion, on peut tout-e-s faire ça sans dépendre de la vision sexiste et réductrice des médias, et c’est ce que j’ai essayé de faire en donnant mon opinion dans ce post. Est-ce qu’on peut vraiment résumer le propos d’une marche en 1.30 comme le fait la télé, voire 55sec dans certains cas ? Je crois pas, et quand un “journaliste” est au travail, sa priorité (à cause de la façon dont le champ économique des médias fonctionne) c’est d’aller vite et de faire de l’audience. Et ces conditions imposent de ne pas s’attarder sur les sujets, de faire des images fortes (la télé bonjour !) et des phrases-slogans, de monter ça vite, et voilà. Tu le dis toi-même, les reportages télé étaient “limites”.

      Cette histoire de photos, c’est autre chose. J’ai certaines positions politiques qui font que je ne désire pas être prise en photo, comme certaines des personnes qui étaient là samedi dernier. Nous en avons le droit, et nous pouvons refuser, je ne vois pas où est le souci.

      Je ne peux pas vraiment résoudre ton problème sur la non-mixité, d’autant plus qu’il ne me semble pas avoir particulièrement râlé contre le fait qu’il y ait des hommes à la manif. Ceci dit, il y a des textes très intéressants qui expliquent bien tout ça, tu devrais te documenter un peu, c’est très utile pour comprendre. Pour répondre à la suite de ton propos, se sentir forte une fois, même si c’est facile parce qu’on est en groupe et blablabla, ça permet d’abord de se sentir forte une première fois pour affronter d’autres situations plus tard sans peur ou avec moins de peur. Ça permet de découvrir que oui, on peut réagir, et c’est extrêmement utile.

      Mon jugement de cette manif vient aussi de mes opinions politiques et je ne souhaite pas les développer ici, mais on peut se rencontrer pour en parler de vive voix, si tu veux.
      …mais la forme est toute la question, et le consensus un point central. Je ne veux pas de consensus. Je ne veux pas adoucir mon propos pour plaire au plus de gens possible, parce que la démocratie, en fait, je m’en cogne, et les partis politiques aussi. Et désolée si certains commentaires t’ont heurtée. Je crois qu’on est plusieurs à considérer que le rapport à la violence de “Il faut être gentille parce qu’on est des meufs”, ben, on en veut pas, on est pas des bisounours, et quand quelque chose nous énerve, ben, on est énervées, quoi. Et si on rejette les partis politiques et le consensus, un truc qui se réclame presque transparemment du PS, c’est comme une manif du premier mai, c’est un truc qui ne change rien pour personne, et ça sert juste à rien…

      Je n’ai absolument rien censuré sur ces commentaires, juste par souci de neutralité et d’équité.

  17. […] 14, 2013 Si tu es lecteur/lectrice de ce blog depuis un bout de temps, tu sais que j’ai participé à la Sluwalk de Toulouse en octobre dernier. Les conditions mêmes de la marche et les gens qui l’organisaient […]

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