Corps, cerveau et tout ça.

Cet article dérive d’un mail que j’ai reçu en réponse à mon précédent article nommé “Ragnasses”. Même pas un mail haineux d’ailleurs, juste quelqu’un que j’aime bien qui me disait “Oui, mais moi, quand j’entends une femme dire à haute voix “J’vais pisser”, ça me gêne.” Donc j’ai écrit le truc que vous allez lire en réponse à cette phrase en essayant d’expliquer mon rapport à mon corps en général (pas seulement, donc, pour les règles) . Comme toujours, cet article est ouvert aux points de vue divers et variés ainsi qu’au débat.

La plupart de mes revendications présentes en politique et en société reposent sur une base très simple et assez peu discutable à mon avis, qui peut se résumer ainsi : je ne suis pas une princesse.
Je ne suis pas une princesse.

J’ai un corps et un cerveau, les deux fonctionnent très bien, et j’aime bien m’en servir. Et je refuse qu’on m’empêche de m’en servir à quelque titre que ce soit, surtout la morale.

Bien. Donc dans ma vie quotidienne, ça veut dire que je fais appel à moi-même pour me débrouiller. Donc je n’utilise pas mon joli minois ou mon statut social de femme pour que d’autres, en général des hommes (parce qu’ils sont plus sensibles au charme des demoiselles souvent) fassent ce que j’ai la flemme de faire. Il y a Internet. J’ai un ordinateur et une connexion. Je n’ai donc aucune excuse pour ne pas faire des choses ‘techniques’ quotidiennes, il y a des millions de tutoriels en ligne pour apprendre à percer un trou dans un mur, réparer une crevaison, changer des plaques de frein ou installer un système informatique. Je n’ai qu’à effectuer une recherche Google qui me prend quinze secondes pour qu’on m’explique de façon détaillée comment faire, et sortir mes petites mains de mes manches pour réparer le problème moi-même.

Déjà, tout un tas de gens ne trouvent pas cette situation convenable. En général des vieux, mais pas que, des fois des gens de ma génération. Des filles qui veulent rester des princesses ou des gens qui veulent pour leurs raisons propres qu’elles le restent. Mais bon, je me débrouille toute seule.

Ça passe par un rapport au corps autre : oui, je salis mes mains, mon maquillage coule. J’essaie, du coup, de ne pas faire de mon corps un échafaudage esthétique obligatoire. Ça m’arrive de jouer à la fifille, mais aussi de passer quinze jours en sweat à capuche/baskets, et je me considère pas moins une femme pour ça.

Il y a tout un tas d’injonctions que je reçois par rapport à mon corps qui ne me plaisent pas.

J’ai un corps. J’aime manger, j’aime faire l’amour, j’aime courir, danser, faire du vélo. Mais je reçois, de la pub, de certains proches, de gens que je croise au quotidien, des messages sur ce que devrait être mon corps : n’aie de désir que pour un seul homme (sinon pute), ne parle pas de sexe (sinon folle affamée tu veux coucher avec le premier venu) attends qu’il fasse le premier pas, ne contrôle pas sinon tu auras le coeur brisé ou tu es une connasse, ne loue pas tes services corporels (pute = pas bien), ne sors pas trop, ne bois pas trop (sinon fille perdue) ne sois pas toute seule (sinon danger, viol, traumatisme à vie, découpée en morceaux dans un congèle), ne fais pas de stop (danger, danger !), n’élève pas la voix en politique (sinon mal-baisée ou folle, forcément) ne te mouche pas trop fort, n’aie pas d’odeur corporelle, ne sois pas grosse, ne sois pas maigre non plus…

Il n’y a pas de légitimité à faire comme si les fonctions de mon corps n’existaient pas. J’aime manger, j’en parle. J’aime le sexe, j’en parle. J’aime que mon corps fonctionne, j’en parle ! C’est une merveille, ce truc.

Qu’est-ce qu’on attend des femmes en taisant leur corps ?

Ça me paraît intolérable qu’on attende d’une personne qu’elle soit un pur esprit, parce qu’on n’est pas des purs esprits. Parler d’une femme en s’attendant à ce qu’elle cache et taise son corps par bienséance, c’est parler d’un mensonge. Parce que fatalement on parle d’une image construite de la femme. Un être qui devrait être charmant et délicat et ne pas faire mention de ses fonctions corporelles en public.

Jje réclame le droit de dire “J’vais pisser” parce que… J’essaie de ne pas trop être dans le construit social. Peut-être aussi que j’ai envie de faire réfléchir les gens à pourquoi ça les choque qu’une fille dise ‘J’vais pisser”. J’ai appris à pisser debout. Je pisse dans la rue, des fois même je rote.  En quoi ça me réduit ? Est-ce que ça ferait de moi une femme au rabais, moins désirable ?

Et puis… Tout ça c’est aussi parce que je revendique une proximité avec l’humain. Ce construit social, cet échafaudage esthétique, dans une communauté, ça tient pas cinq minutes, que ce soit une famille, une coloc, un groupe affinitaire… Même avec des potes, en fait. Du coup ça me dérange de mettre une distance comme ça avec les gens. Ça me semble important de respecter et d’aimer son corps, comme on peut respecter et aimer celui des autres. Comment aimer quelqu’un qui ne s’aime pas lui-même, spécialement dans une relation sensuelle ?

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18 responses

  1. Le problème ne serait pas tant celui du rapport au corps dans mon cas, que le rapport au language, dans ce cas ci la grossièreté . Tout le monde est vulgaire à divers degré, moi y compris.

    Dis de moi que je suis pétri de préjugés sociaux, mais une fille qui me dit “Je vais au chiotte, je vais couler un bronze (bordel de cul)”, bah c’est pas glam. Et je revendique mon droit à ne pas trouver ça attirant ou sexy.

    ça fait pas de moi une ordure machiste, je respecte le droit de tous les gens à s’habiller et agir comme ils l’entendent s’ils se sentent bien dans leurs basket. Mais comme tu le disais, le regard qu’un homme porte sur une femme est forcément un peu biaisé, et je n’échappe pas à la règle.

    1. Justement, je pense que c’est important de s’interroger sur notre définition du vulgaire. Vulgaire = parler de ses fonctions vitales ? D’où ça vient exactement ce lien à part du lavage de cerveau qu’on subit en étant petits ?
      T’as tout à fait le droit de trouver ça pas sexy. Je pense pas que les meufs qui disent ‘j’vais faire caca’ (moi y compris) recherchent particulièrement le sexy. Mais justement, c’est un peu le but de ce post : pourquoi est-ce qu’une personne, une meuf, en fait, cesse d’être “glam” si elle fait mention explicite de son caca ? Je comprends bien qu’on puisse trouver ça ‘meh’ mais est-ce que toi tu trouves ça répulsif ?
      J’ai pas vraiment de réponse toute prête à cette question, mais me la poser déclenche un festival d’autres questions super importantes : que devient le glam quand tu vis ensemble ? Pourquoi on s’attend à ce que les meufs s’enveloppent d’un mensonge (contrairement aux apparences, nous faisons caca) jusqu’à la première baise, ou la vingtième (c’est ce que j’appelle l’échafaudage esthétique) ? Il n’y a pas d’autre façon de plaire à un mec ? Et les mecs, d’ailleurs ? Pourquoi on trouve ça tout à fait normal que dans un contexte social les mecs rotent, etc, san retenue, alors que les filles, non ?
      J’ai jamais estimé important de me retenir de pisser par exemple, la plupart de mes mecs m’ont vue pisser dans la rue avant de coucher avec moi. Je pense pas que ça les ait dérangés outre mesure, la plupart ont même apprécié le fait que je sois pas coincée.

    2. D’ailleurs pour poursuivre la réflexion, une des thèses parallèles que j’essaie de développer dans ce post est que glam (échaffaudage esthétique) = mensonge. Étymologiquement, “to glamour someone” = ensorceler quelqu’un, le soumettre à un tour de magie pour modifier sa perception.
      Bien bien bien. Donc, quand je suis “glam” je modifie l’image que j’ai envie de renvoyer.
      Évidemment, on joue tous avec l’image qu’on a envie de renvoyer en public, et c’est pas vraiment un problème. Mais il me semble que dans un contexte de rapport fille/garçon ça en pose un quand même. Déjà ça m’interroge que tu parles de glam justement dans une situation indéterminée. Est-ce que ça te dérangerait plus si c’est une fille avec qui tu projettes d’avoir un rapport charnel u’avec une pote à toi sans interactions physique par exemple ?
      Et puis de façon plus générale, est-ce qu’on a envie de vivre avec un mensonge ? Est-ce que ça n’aurait pas tendance, juste, à te faire tomber de plus haut quand tu t’aperçois de l’apparence physique et de la personnalité réelle de la personne avec qui tu interagis ? Est-ce que tu tombes en kiff, ou même amoureux si on va par là, seulement si une partie de la personne t’est cachée ?

  2. Et puis, ne peut-on séduire qu’en étant “glam” ?

  3. j’aime la “grosse clé à molette” dans les mots clés. ^^

  4. ABONNE TOI A CAUSETTE SOUTIENS LE FEMINISME RIGOLO!!!!

    1. J’aime bien Causette, je trouve leur démarche sympa, mais elles sont pas tout à fait assez extrémistes pour moi…

      1. La vrai question c’est quoi l’extrêmisme, par définition il est dangereux, est donc bien d’être extrême?
        Quelle serait ton extrêmisme féminin?
        Parce que dans ce texte pour te rassurer il n’y en a pas.
        Oui je suis casse bonbon mais oui j’aime pousser les choses à leur bout. (sans mauvaise blague).
        John.

      2. Je pense pas que l’extrémisme soit dangereux, je pense qu’assimiler extrême et dangereux est peut-être un outil de contrôle politique par la peur.
        En tout cas non effectivement j’ai pas fait un post de féministe radicale parce que j’en suis qu’au début de mes posts féministes.
        Disons que Causette font des trucs extrêmement pertinents de vulgarisation des idées du féminisme. Le truc c’est que ces idées-là, elles me sont familières depuis que j’ai commencé à m’intéresser au féminisme. Donc c’est super que les gens de Causette le fassent, mais c’est trop soft pour moi, c’est de la vulgarisation quoi. Elles sont encore trop dans le politiquement correct. Je suis plus vénèr que ça moi.

  5. Je pense que tu voulais parler de radicalisme plutôt que d’extrémisme 😉 Et puis quand bien même, “l’extrémisme sectaire” tant décrié quand on parle de féminisme me fait en général plutôt rire… jaune. Quand l’intolérant patriarcat trouve intolérable d’être intoléré, critiqué et combattu, il crie souvent à l’extrémisme. La non mixité! Ah! Grands dieux! Des féministes sectaires, matriarcales et qui veulent nous couper les couilles!

    Bref, je clos ma parenthèse sur le débat extrémisme blablabla pour en revenir au coeur de l’article à savoir, pourquoi parler du fonctionnement de son corps quand t’es une meuf. Déjà, on sort un peu de l’entresoi et on ouvre un magazine dit féminin (bref, un magazine ou t’as lafemmmmmeuh qui s’étale dans toute la splendeur que la société patriarcale veut lui donner, un belle objet quoi…). Point de caca, de cheveux fatigués ou de poils incarnés, point de “les bons conseils pour pisser plus confo dans la rue” (dommage), de corne au pied ou de fascination pour le sang non coagulé. C’est propre, aseptisé, épilé, bien coiffé, manucuré, lifté, photoshopé. Partout, tout le temps. Magazines, pub, télé, cinéma, à la manière de “Los Angeles 1984”, le message subliminal auquel nous sommes soumis⋅e⋅s en tant qu’individu vivant dans une société et pas comme des ermites c’est qu’une meuf, c’est beau, joli et doux et pas question de ne pas y arriver, tous les bons conseils sont là, à coup de crème antiride et de régime “vazy jmaffame mais j’aime ça”.

    Alors Simon, penser qu’une meuf qui dit qu’elle va chier c’est pas glam n’est certes pas une preuve de ton machisme forcené. Toutefois, il est certainement la preuve de ton inabilité (ponctuelle bien sûr) à déconstruire un peu le mythe. Depuis quand tu dois trouver que toutes les femmes de ton entourage son glam ou sexy? depuis quand en fait en général, une femme ne doit ouvrir la bouche que pour appuyer la thèse qu’une femmes est glam, sexy, bref, une VRAIE femme, un bon robot joli et polissé? Certes en fait, depuis toujours, merci le patriarcat. Parce que voilà, cette attitude de se dire “c’est pas très glam” quand c’est une meuf qui dit ça (et quand c’est un mec, t’en penses quoi? et toi tu dis quoi?), c’est tomber dans la vision sociale et fantasmée de la catégorie sexuelle femme. C’est attacher au corps féminin non pas force, puissance et volonté mais objetisation et sexualisation. C’est considérer qu’un corps de femme (et désolée moi je sais pas ce que c’est qu’un corps de femme en fait, t’en fais quoi des trans? des intersexes? illes ont droit de dire qu’illes font caca ou c’est pas glam voire monstrueux?) a comme devoir premier d’être désirable et les femmes dès lors comme rôle social d’être désirables et désirées par la gent masculine (bah ouais faut bien se reproduire…) Tomber ne serait-ce qu’un peu dans le préjugé social sans chercher à le questionner et le déconstruire c’est déjà perdre contre les conventions et les normes et rentrer un peu plus dans le troupeau 🙂

    1. Oh chouette, un commentaire de toi dans mon blog ! Je suis absolument honorée.
      Merci pour ces précisions, c’est à peu près ce que j’essayais de répondre à Simon mais tu l’as fait bien plus clairement que moi : une personne de genre féminin ne doit-elle donc vivre que pour être désirable ?
      J’ai réouvert un Cosmopolitan qui traînait dans la chambre de ma coloc américaine y’a deux jours et j’en ai été absolument choquée. je crois que j’avais pas lu ce genre de truc depuis des plombes mais honnêtement, même si tu fais abstraction des photos de filles-portemanteaux qu’il y a dessus, les articles sont à gerber. Du genre “Vous êtes trop fortes, vous les femmes. Maintenant vous savez conduire, vous gagnez de l’argent et vous savez même changer une ampoule. Pas étonnant que votre mec ne sache plus où il en est ! Montrez un peu de faiblesse et redevenez vulnérable comme un petit chat et son esprit de mâle reviendra au galop”. No kidding.

    2. J’aurais jamais dû utiliser le mot glam dis donc….On va dire “sexuellement attirant”, voilà.

      1. Parceque oui, je suis un homme et on est beaucoup à se poser la même question la première fois qu’on rencontre une fille un tant sois peu jolie.

        Le reste (son language, son attitude, sa manière de s’habiller) sont autants de facteurs qui influeront sur son côté “attirant” et donc “sexuellement attractive” ou non. Le tout bien soupoudré, vous l’imaginez bien, par toute l’armadat de normes sociales dans lesquelles je suis plongé depuis tout petit (je n’ai jamais eu de libre arbitre, non ,non.)

      2. C’est pareil en fait 🙂

  6. Je crois que vous ne comprennez pas c’est que le “j’vais faire caca” c’est que tout le monde s’en fout. que ce soit un mec ou une meuf peut importe on s’en fout que le s gens aillent faire caca , un simple “je vais aux toilettes” suffit.

    Après le travail de sape (laul) de magazines puants tel que la merde sus-mentionné est quand même assez efficace, en plus ces enfoirés visent de plus en plus jeunes histoire que le mythe de la “femme robot polissé” (excellente image en passant) reste bien dans les cerveaux.

    Ne pas se mettre d’adjectif (glam, désirable, et autres conneries) c’est être soi au final

    John

    1. Non mais justement ça s’applique à beaucoup plus de situations qu’à “J’vais faire caca” justement.
      Il y a une exultation au fonctionnement du corps, je pense que plein de gens en sont conscients, mais que le lavage de cerveau subi par la plupart des meufs fait qu’on ose pas le penser ou le dire comme ça. Et c’est dommage de se mettre des limites.
      A propos des adjectifs il me semble que ça va plus loin que de s’en coller ou pas sur le dos, la réaction de Pyon par rapport à Simon en est un exemple, on décide pas forcément en tant que meuf du regard des mecs/d’un groupe social/de la société sur nous non plus. Si tu sors du cadre de quelque manière que ce soit, et je l’ai largement expérimenté avec ma pratique de l’autostop, tu es ‘sanctionné’ socialement parce que tu dévies. Donc on te qualifie de folle si tu veux faire des trucs toute seule, de façon indépendante. Moi je dis pas ‘je suis ceci ou cela’, mais parce que je choisis de me déplacer sans mettre de transaction marchande dans l’histoire et de me faire confiance, je suis “folle” pour plein de gens. Et je l’ai pas choisie, cette étiquette.

  7. belleaction | Reply

    Effectivement, cette simple réflexion “c’est pas glam” est extrêment intéressante et ouvre la porte à de nombreuses interrogations !

    Si j’interprète un peu tes propos j’ai l’impression (peut être que je me trompe) que tu revendiques une sorte de séparation, dans la complétude d’une femme de sa sphère sexualisée. En fait, un femme n’a pas à être structurée par son sexe, ses comportements, ses relations n’ont pas a être forcément orientés par son identité sexuelle (et je sais ô combien le terme est en lui même polémique, polysémique, et objet de luttes dans sa définition). Ainsi, pour reprendre ton exemple et Pyon, certaines relations, avec des amis, des collocs une fille a le droit de sortir d’un rôle construit sexualisé.
    Je ne peut évidemment qu’approuver !

    Mais voilà je m’interroge quand même.
    Je trouve que la déconstruction du rôle sexuel de la femme passe bien souvent par une masculinisation. Tu parles de “pisser debout”, d’éviter “l’échafaudage esthétique”, du “rot en public”, mais ce que tu prônes comme une libération ressemble fort à une copie des comportements sexuels construits masculins. Alors quoi? L’homme est l’avenir de la femme ?
    Cette tendance me donne l’amer goût de ne pas sortir du système, patriarcal, s’il faut étiquetter. En effet, si ma libération passe par l’imitation de l’homme alors je considère qu’il est supérieur. En fait on reste dans un système sexué dont on ne fait que bouger les frontières.

    Il me semble que la véritable révolution serait de changer complètement, radicalement du système institué où les rôles sexuels sont réinventés sans être écrasés, sans rapports de domination, hierarchisation.
    Je ne veux pas anihiler mon sexe pour échapper au modèle de domination.
    En fait je revendique le droit d’être une personne sexuée, sexualisée, sans pour autant rentrer dans un rapport de domination.
    Enfin ne faudrait-il pas reconsidérer la catégorie “Humain”, sans aucune considération sexuelle? La mise en opposition genrée oublie l’universalité de l’être qui pourrait être, peut être l’amorce d’un nouveau système.

    Ps : J’écourte, je vais faire caca en me vernissant les ongles.

    1. C’est tout à fait intéressant ce que tu dis. Je m’attendais à ce que ça tombe dans le débat à un moment ou à un autre.
      Je trouve ça très joli de vouloir être simplement un être humain, c’est chouette. Mais j’ai l’impression que ça fait abstraction des rapprots de violence symbolique que tu te colles au quotidien si tu sors du cadre.
      Pour prendre un exemple vécu : je suis avec deux mecs de ma promo que je connais depuis deux ou trois ans, en travaux de groupe. L’un me sort en désignant l’autre “Il m’a l’air bien excité, tu le baises pour le calmer ?” de manière clairement sexiste et méprisante. (tout ça dans un contexte où j’avais précédemment expliqué à ce mec ma manière de vivre la sexualité.). Clairement, ce mec a fait l’amalgame “fille qui parle de cul librement = fille qui couche avec n’importe qui”. Dans cette situation, soit je m’en allais pleurer dans mon coin (= conséquence de la stigmatisation sociale sur la personne qui sort de la norme) soit je mettais un coup de boule verbal ou physique au mec. Donc, je l’ai bashé, il a pas su quoi répondre et je m’en suis bien sortie. Mais honnêtement comment réagir à des situations d’agression sinon en étant violent toi-même, verbalement ou physiquement ? C’est bien gentil de vouloir être un humain avant tout mais y’a des situations ou c’est toi ou l’autre…

      Pour répondre à ta question enfin, c’est compliqué parce que tu mets tout un tas de choses dans le même sac qui à mon avis n’ont pas à y être.
      “Pisser debout” pour moi ça permet de pas montrer ses fesses quand on pisse dehors. Donc ça veut déjà dire que t’es pas dans la violence symbolique qui veut que fille = princesse = toilettes dedans ou que dehors = sale. Donc si j pisse debout ça évite souvent les relous qui se pointent à la vue du moindre bout de fesses (surtout bourrés).
      “Éviter l’échafaudage esthétique” tu as oublié ‘obligatoire’ qui est l’expression complète que j’utilise. Je me maquille et je m’habille bien des fois mais quand je fais du vélo ou quand je cuisine ou même quand je vais en cours, je peux avoir la flemme. Tout comme un mec peut avoir la femme ou bien s’habiller selon son humeur.
      Je ne considère pas que j’imite l’homme. Je fais juste comme je le sens. Mais bon effectivement, s’il y a un malaise typiquement féminin qu’on se colle sur le dos alors que les mecs ont pas à le subir (le fameux rot en public), on se met mal à l’aise alors qu’on devrait pas forcément à mon avis. Alors quoi du coup, tout e monde devrait se mettre mal à l’aise ou personne ? Et si les mecs le sont pas et que moi je le suis pas non plus, ça veut dire que j’imite un mec ? Ou simplement que je refuse de porter un poids inutile ?
      Ce que j’ai peut-être eu du mal à expliquer dans ce post c’est que justement je ne suis pas ‘moins” une fille parce que j’évite de m’embarrasser de trucs que je trouve superflus (comme l’obligation d’être toujours jolie ou sexy). J’essaie de pas trop participer à ce rapport de domination justement en n’entrant pas (trop) dans les clichés.

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