Ragnasses

Aujourd’hui, on va parler de sang. Plus précisément, de règles, de rapport des filles à leur corps, de rapport des garçons au corps des filles, de fuites, de pub et de mal au ventre.
Plus que jamais, ce blog se veut être un espace participatif. Je vous invite à poster, interroger, échanger des idées, débattre, m’insulter si vous en avez envie, mais je veux vous lire, sinon c’est pas drôle. Et surtout, surtout, ce post s’adresse aux filles ET aux garçons.

Donc, les règles.
Quand j’ai eu mes règles pour la première fois, le contexte familial se prêtait pas trop à la joie par ailleurs suite à un décès dans la même semaine, autant dire que c’est pas la joie. Il me semble aussi que ma mère a spontanément appelé ça “Les petits soucis” et m’a montré une boîte de serviettes hygiéniques en m’expliquant vite fait le mode d’emploi, et ça en est resté là. Bien que je sache à peu près tout de la théorie de comment ça marche à l’intérieur, pourquoi on saigne, etc, j’avoue qu’à ce moment-là j’étais assez paumée et surtout vraiment embarassée sur ce qui se passait dans mon corps. Alors j’ai continué à avoir mes règles en silence et à utiliser les fameuses Always blanches avec des lignes bleues dedans.
La suite, c’est juste une histoire de fille qui découvre son corps : des fois ça fait mal, ça sent bizarre, je me sens pas bien. Ou si.

Et puis un jour j’ai commencé à me poser des questions. Je crois que je devais être en première ou quelque chose comme ça. J’ai fait tomber un tampon de mon portefeuille devant une caissière et j’en ai été immensément marrie. Jusqu’à ce que je sorte du magasin et que je commence à me poser la question. Attends, mais pourquoi j’ai rougi ? Pourquoi je me suis excusée ?
C’est quand même un peu naturel d’avoir ses règles.

Sauf que non. Dans le monde où je vis, c’est pas naturel d’avoir ses règles.
Déjà, la plupart des religions traditionnelles, celles qui ont formé notre société à partir de sa base, considèrent que la femme est impure. Que si elle saigne c’est pour une bonne raison, qu’il y a tache, marque, culpabilité. Évidemment, peu de gens considèrent encore que la femme est un démon tentateur, mais il y a quand même de beaux restes.

D’abord, l’éducation comme j’en parlais plus haut : pourquoi certaines mamans parlent de règles en chuchotant, comme si c’était un secret ? Et encore, j’ai une maman qui a plutôt pas mal fait les choses, mais je connais des filles à qui on a dit que c’était SALE et/ou que “ça saigne tout le temps ça en met partout et si on met des tampons ben ça peut s’infecter” ou autres stupidités. Vis bien dans ton corps avec ça. En 2012.
Je me souviens de la mère d’un ex qui avait un jour pété un câble en m’accusant d’être sale et d’être une grosse traînée parce que je mettais mes tampons utilisés dans la poubelle de la salle de bains. WTF. J’ai jamais compris ce que j’étais censée en faire autrement, les manger ?

Ensuite, le sexe. Combien de mecs refusent de faire l’amour quand une fille a ses règles ? Plein. Plein de bourrins, et plein de mecs ‘bien élevés’ aussi. Pour les garçons qui lisent cet article : avoir envie de faire l’amour quand on a ses règles, ça nous arrive. Souvent.

Et enfin, notre guest star du jour, l’autocensure. Ah. Ça nous arrive tout aussi souvent de refuser d’en parler, de traiter notre corps avec plus ou moins de distance ou de mépris, de refuser aussi de faire l’amour presque par réflexe ou par conditionnement. Un copain me disait récemment dans une discussion qu’il s’étonnait de ne jamais voir les règles dans l’espace social. “Moi, les règles, à la limite, je sais pas ce que c’est. Juste mes copines successives qui m’ont dit ‘J’ai mes règles’ mais c’est tout, toutes les filles que je connais cachent soigneusement les boîtes de tampons dans les salles de bains, les serviettes usagées dans la poubelle…”

Parce que quand même, bon sang de bois, c’est notre choix, à nous les filles, d’en parler à voix basse ou pas, d’agir comme si c’était un secret ou pas. Et justement aussi plus on en parle et plus on peut faire évoluer la réalité sociale dans un sens qui nous plaît. Pour que ça devienne aussi simple d’éternuer et de dire ‘excusez-moi, je suis enrhumé’ que ‘tu peux me passer un tampon ? j’ai mes règles’ à haute voix et en public.

Un autre aspect que j’aimerais aborder dans ce post est le rapport qu’on entretient en tant que filles avec notre corps et donc plus précisément avec nos règles.
C’est un gros poncif que de dire qu’on a un rapport conflictuel avec notre corps : plein de filles détestent le leur, passent leur temps à vouloir maigrir, à se laver pour chasser la moindre trace de sueur, à éradiquer les boutons, bref généralement à ne pas trop se laisser vivre. Soit.
Par rapport au sujet spécifique des règles, voir ce qu’on fait est hallucinant. On parle quand même de sang, soit d’un truc qui a un potentiel infectieux/contaminant bien moindre que les selles ou l’urine. Et même dans ce contexte-là, on a la réaction instinctive de le toucher le moins possible, d’après ce que je vois des réactions des filles de mon entourage. On laisserait même échapper un petit ‘beurk’. Il y a un dégoût presque physique qui vient d’un construit social et qui, à mon sens, n’a pas lieu d’être. C’est-juste-du-sang.

D’ailleurs c’est un peu préparé et prémâché par la pub. Dans les pubs de serviettes et de tampons, on ne voit jamais de sang, jamais de rouge, que du bleu super aseptisé. Je me demande un peu ce que veulent les publicitaires, nous cacher à nous-mêmes la vue de notre propre sang ? Ça peut mener à des gamines qui paniquent la première fois parce que justement elles s’attendent à ce que ça soit bleu comme dans les pubs…
De plus la pub passe son temps à nous enseigner un secret tout aussi pesant que le secret qu’on se colle aux mamelles de mère à fille : on ne nous y parle que de ‘confiance en soi’ et de ‘discrétion’. Je comprends pas, on est censées ne pas avoir confiance en nous si on a nos règles ? Encore une fois, la discrétion renvoie au fait que c’est un évènement tu en permanence.

Donc on nous enseigne à avoir un rapport très distant à ce qui se passe dans notre corps à ce moment-là. Personnellement, ça ne me plaît pas. Pour résumer, je ne pense pas qu’il doive y avoir de dégoût particulier envers notre sang, ni de silence qui entoure tout ça.

Il y a quelques mois, j’ai trouvé un outil qui me satisfait pleinement en matière de règles. Je me demande pourquoi c’est encore si peu connu en France, mais ça vaut le coup d’y jeter un coup d’oeil.

En gros, la Mooncup est une coupelle en silicone pourvue d’une tige qui sert à la retirer, comme sur la photo. Elle recueille le flux sanguin, et quand elle est pleine on retire pour la vider dans les toilettes, si on a envie et qu’on a un robinet à proximité on la rince, et on la réinsère. Ça se place plus bas que les tampons, certaines personnes disent que ça réduit les douleurs (le bout des tampons appuie apparemment sur le col de l’utérus et donc a tendance à faire mal pendant les règles).  Entre deux sessions, on la fait bouillir pour la désinfecter, et voilà.

Parmi les nombreux avantages de la mooncup, c’est financièrement très confortable. Ça s’achète une fois, ça coûte 30 euros, et ça dure environ dix ans. Ce qui veut dire en gros que si on estime qu’une fille achète un paquet et demi de tampons ou serviettes par session en dépensant pour ça environ six euros, c’est amorti en six mois.

De plus, les tampons et les serviettes sont faits de  coton blanchi au chlore et généralement agrémentés de nombreux produits chimiques, par exemple pour le parfum, ou bien encore le ‘gel absorbant’ dans les serviettes (le fameux truc bleu). Donc la mooncup permet de ne pas s’inséret tout ça dans une muqueuse, endroi par définition permettant les échanges avec l’extérieur, et donc de ne pas faire passer tous ces trucs bizarres dans sa propre circulation sanguine, ce qui est aussi plutôt sympa.

Il y a encore des milliers d’avantages, mais je voudrais juste parler de l’immense satisfaction qu’a été pour moi le fait d’apprendre à être copine avec mes règles. La texture, l’odeur, la viscosité du sang sont des choses auxquelles on n’est pas forcément confrontée quand il est absorbé dans un support ‘solide’. La forme, la taille, l’élasticité et la réaactivité de son vagin aussi, plus en tout cas qu’avec des tampons. J’estime personnellement que ça me permet de mieux connaître mon corps et ça me met en joie.

Parce que comme j’expliquais longuement plus haut, c’est une partie de nous, au même titre que les cheveux, la morve, les ongles de pieds, et qu’il est pertinent de comprendre comment ça marche et de se familiariser avec tout ça. Parce que notre corps n’est ni à une église, ni à une entreprise, et qu’il est nécessaire de l’explorer et de le découvrir par soi-même pour y vivre confortablement.

 

Trucs intéressants :

Le blog de Ragnass, un immensément excellent fanzine toulousain sur les règles

Le wiki des coupes menstruelles (pour info, Mooncup est la première marque historiquement à fabriquer ça, il y en a plein d’autre comme Keeper, Fleurcup etc. Moi j’utilise Lunacopine qui est trouvable au magasin bio rue du Taur pour les toulousaines).

Un tuto pour fabriquer ses propres tampons réutilisables (pour les plus DIY d’entre vous…)

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10 responses

  1. Lilithaupouvoir | Reply

    Ceci dit, vivement une pilule qui les fasse passer au rang de mauvais souvenir.
    Le corps, ce n’est pas sale, je veux bien. Mais entre celles qui produisent un dé à coudre par jour et celles un cubi (avec corollaire certain un handicap social ponctuel), il y a injustice biologique, mooncup ou pas.
    Je suis en fureur à chaque fois qu’un gynéco fait la moue devant mon entêtement à prendre trois ou quatre plaquettes à la suite.
    Le bruit court qu’il y aurait une légère odeur sexiste au coeur même de la mise au point de ces foutues bombes hormonales. Il faudrait conserver le concept fumeux des règles parce que c’est na-tu-rel que leur disparition en perturbe certaines. Je prie pour cette rumeur ne soit pas fondée, mais j’en doute.

    1. Je suis d’accord avec toi. Dans la conception des pilules à la base il ne devait pas y avoir de règles, (soit dit en passant sous pilules ce ne sont pas des règles mais des saignements de privation) et puis apparemment le panel-test des premières femmes sous pilules a mal supporté psychologiquement le fait de ne plus avoir ses règles. Donc on a instauré une période d’arrêt. Après les pilules se font toutes comme ça mais il n’y a pas de nécessité biologique au saignement de privation : sous contraception, pas de production de muqueuse utérine, donc rien à évacuer. On a pu avancer l’argument du ‘oui mais ça “””nettoie””” le sang’ (on aura tout entendu) mais bon les globules blancs servent à ça, donc c’est une grosse connerie.
      En fait tu peux tout à fait prendre plusieurs pilules d’affilée sans souci, ou patch, ou anneau, quelle que soit ta méthode de contraception. Ceci dit, il y a aussi l’alternative du DIU qui a l’avantage de carrément supprimer les règles pour certaines utilisatrices et de les alléger énormément pour d’autres. Ça dure deux ou trois ans et ça bouge pas. Pour plus de renseignements tu peux aller sur le site de Martin Winckler qui documente ça très bien.

  2. Moi, je suis un garçon, et je suis bien d’accord avec tout ce que tu viens de dire. Le sang, les ragnagna et les trucs de filles en général, c’est l’un des plus vieux tabous de l’histoire de l’Homme… euh, de la Femme. ‘fin bref. Et c’est vraiment dommage que ça se passe comme ça.
    En revanche, je vais chipoter hein, mais je reviendrais quand même sur le fait que l’urine est stérile, donc son potentiel infectieux/contaminant est nul (sauf en cas d’infection urinaire), ce qui n’est, bien entendu, pas le cas des selles, qu’il vaut mieux éviter de mettre sur une plaie pour vous désinfecter (ce que vous pouvez carrément faire avec de l’urine, et c’est pas pour de rire !). Le sang est lui aussi stérile lorsqu’il se balade bien à l’abri dans nos vaisseaux sanguins, mais par contre, lorsqu’il passe par vos muqueuses vaginales mesdames, il s’infecte (que l’on ne se méprenne pas : infecter, ça veut dire récupérer des bactéries, ça ne veut pas dire qu’il devient radioactif ou empoisonné). Et à partir de ce moment-là, son potentiel infectieux/contaminant, sans dépasser celui des selles je pense, n’est quand même pas négligeable. Donc non, le sang n’est pas sale, les règles non plus, c’est évident ; maintenant, c’est pas non plus le liquide le plus anodin du monde, et il serait élégant de votre part de comprendre, mesdames, qu’il est moins facile pour certains d’entre nous de faire l’amour durant cette période. Le sang n’est pas sale, mais ce n’est pas de l’urine ou de l’eau distillée.
    Sharedwanderlust, merci en tout cas pour ton post, il est clair que sur certains points on n’est pas encore sortis d’un certain obscurantisme légèrement moyenâgeux, donc ce genre d’article est d’utilité publique.
    Un grand salut !

    1. Effectivement, c’est quelque chose que j’ai pas pris le temps de préciser dans mon article. L’urine est stérile et pas les selles. Ceci dit même si le sang est chargé de bactéries en passant dans les muqueuses, des bactéries on en a partout, sur la peau, sur le sexe, dans la bouche, etc, donc c’est peut-être pas tout à fait opportun d’y mettre l’étiquette ‘contaminant’ avec tout ce que ça a de signifiants stigmatisants, sauf évidemment en cas de contamination du sang/maladie (bon, évidemment, tu as des sources officielles pour savoir ça :D). J’accepte évidemment que c’est pas un truc qui excite tout le monde, au même titre que la pénétration anale par exemple. Juste, ce que je voulais préciser dans cet article, c’est qu’il n’y a pas lieu pour les garçons d’avoir peur du sang. Ceci dit plein de filles se considèrent comme intouchables quand elles ont leurs règles et ceci participe peut-être de cela, dans la lignée de la notion d’impureté que j’évoque au début. Merci pour ton commentaire.

  3. au dela du cas spécifique des règles, ce qu’il est intéressant de remarquer c ‘est que toutes les choses “dégoutantes” partagent une seule et meme propriété : celle de ne pas etre à leur place.
    la salive n ‘est pas degoutante quand on fourre sa langue dans la bouche d’un autre humain et qu on melange frénétiquement les sucs, pourtant je mets au défi quiconque de boire quelques cl de salive , patiemment recupérée au fond d’un verre, meme si c ‘est la votre.
    de meme les cheveux et les ongles sont des parures du moment qu’ils restent bien a leur place, sur la tete et les doigts, mais je ne connais personne qui s’extasie de les retrouver au fond de la baignoire.
    meme explication pour les gens qui tournent de l oeil a la vue du sang alors qu’ils savent pertinnement qu’ils en charrient des litres toute la journée. oui mais c’est a l ‘interieur, c ‘est a sa place.
    cette idée n ‘est pas de moi et j aurais bien du mal à vous citer mes sources, je l ai récupéré dans un cours d’ethno, mais au dela des explications historiques, sociales, religieuses ou culturelles, elle offre une grille de lecture pour comprendre ce qui est taboo, sale dans notre perception du corps.
    c ‘est ce qui se détache, ce qui tombe, ce qui coule, ce qui se sépare.
    tout cela nous renvoie au stade anal cher a Freud. c ‘est quand on apprend a controler ses sphincters et donc son corps qu’ on apprend la notion de saleté. Notion fondamentale dans l humanité puisqu’elle ouvre la porte a la sublimation.
    Notion bien néfaste aussi puisque c ‘est la base du sentiment de haine, de dégout. ce qui est autre, ce qui se détache, ce qui fait séparation est a considérer comme sale, degoutant, definitivement étranger.
    Et quand on y pense c’est assez effarant de se rendre compte des répercussions de quelques cacas au pot qui se sont mal passés dans la vie de tous les jours.

    1. C’est intéressant comme idée, j’avais pas fait le lien entre Freud et les règles.
      Ceci dit même si on adhère entièrement aux théories de Freud (ce qui n’est pas mon cas) il y a forcément des influences postérieures (c’est le cas de le dire) à l’apprentissage de la ‘propreté’. D’où l’importance d’en discuter avec d’autres gens pour confronter son rapport à son corps, à celui des autres, etc, pour pouvoir faire évoluer une vision qu’on n’a éventuellement pas choisie, comme la vision implicite que moi j’ai reçue par exemple. Du coup quand je suis tombée sur Ragnass (le zine, que je te recommande d’aller voir si tu t’intéresses aux filles et à leur relation avec leurs règles, les trois numéros sont sur le blogspot) j’ai pris conscience de la distance entre ce que j’avais reçu et ma vision présente de mon corps et de ce qui s’y passe. D’où ce post pour essayer de lancer une réflexion en ligne.

  4. […] article dérive d’un mail que j’ai reçu en réponse à mon précédent article nommé “Ragnasses”. Même pas un mail haineux d’ailleurs, juste quelqu’un que j’aime bien qui me […]

  5. Hello ! Je vais y aller de mon petit témoignage. Alors voilà, j’étais un peu comme ça moi aussi au début : les règles c’est pas la meilleure chose au monde, c’est à cacher puisque c’est pas très ragoutant etc. Et soudain apparu mon copain actuel. C’est moi au début qui ne voulait rien faire quand j’avais mes règles car j’avais peur d’en mettre partout, mais surtout de LUI en mettre partout. Après tout, c’était mon problème non ? Mes règles, j’allais pas les lui mettre sur lui et le “salir”. Je me changeais dans la salle de bain pour ne pas qu’il voit ça, les enfonçait bien profond dans la poubelle, en ayant toujours peur que “ça sente”. J’ai toujours eu la peur d’embêter les gens et donc que mon odeur soit présente comme ça quelque part, ça me faisait peur.
    Et au fur et à mesure, il a fini par me convaincre que ça ne le dérangeait pas. J’avais envie de lui faire l’amour et lui aussi, il ne trouvait pas ça sale. J’ai mis beaucoup de temps à l’accepter. Aujourd’hui ça ne me pause plus du tout de problème qu’on couche ensemble quand j’ai mes règles. Excepté qu’il a interdiction de mettre ses mains (là c’est juste car j’ai peur qu’après on tache les draps, on mets déjà une serviette éponge pour éviter de devoir nettoyer les draps). Bon et je mets toujours ma culotte en boule dans mes fringues pour éviter qu’il ne voit ma serviette. Ah et je ne l’enlève pas devant lui (il doit se tourner). Bon, tout ça il ne trouve pas ça normal et continue de me dire que ça serait tout à fait normal que je le fasse devant lui. Peut-être y arriverais-je un jour. Je ne trouve pas ça sale, mais surtout pas esthétique (alors que je me fiche que le reste le soit ou non : je ne m’épile pas souvent etc et il s’en fiche également).
    On nous met tellement en tête partout (pubs, cinéma (vous avez déjà vu une fille qui a ses règles au ciné ? Mais en mode “normal” ? Bah encore moins qu’une personne qui va aux toilettes, je crois que ça doit même être extrêmement rare) que les règles sont quelque chose d’à part, qu’il faut cacher (odeurs, tampon qui rentre dans la main…). Et même les nouvelles pub Nana ne parlent plus de règles mais des filles décrites par leurs mecs…
    Il y a tellement de choses ancrées en nous (femmes et hommes) qu’on ne se pose plus trop de questions. Par exemple, je continue à faire une pause dans mes patchs “pour” avoir mes règles.. je le sais que ce n’est pas nécessaire et que ça me conviendrait même mieux de ne plus les avoir. Mais c’est devenu un automatisme, comme de cacher ses règles, d’avoir honte d’acheter juste un paquet de serviettes ou de tampons (qu’on fini par devoir acheter d’autres choses à mettre sur le tapis au supermarché pour les “camoufler”. D’ailleurs encore une fois, mon copain n’a pas ressenti du tout cette honte à aller m’en acheter et uniquement ça quand j’en ai eu besoin).
    Je vais finir mon long monologue sur : il faut parfois du temps pour se rendre compte de certains mécanismes et ce n’est pas toujours évident de se débarrasser de mauvaises habitudes. Mais avec de l’aide (internet, les amis et le petit copain/petite copine), ça contribue à nous faire évoluer =)

  6. Parce que j’ai scrupuleusement lu le premier paragraphe et qu’il faut quelques réponses masculines, je m’y colle aussi. Je fais parti de ces “mecs bien élevés” (ou en tout cas je l’espère) qui refusent de faire l’amour à leur compagne en temps de règles. Pourtant je sais bien que les femmes peuvent avoir envie de faire l’amour dans ces moments-là.
    Ce que je ressens est complexe et en partie propre à mon vécu. Il y a, je l’avoue, une forme de dégoût et de malaise. C’est dû à nos draps tachés, à la couleur du préservatif après l’acte, mais aussi à la peur de faire mal. J’ai du mal à quantifier ces points mais le contre-coup sur ma libido est notable. Ma compagne avait des règles excessivement douloureuses mais une libido exacerbée les jours qui suivaient. Je l’aimais et la soutenais pendant cette épreuve, mois après mois, mais il y avait cette limite que je ne pouvais pas passer.
    A part cette précision, je suis d’accord avec l’ensemble de l’article. Parler plus aide à dédramatiser, voir à trouver des solutions quand les règles sont un problème. Pour ne pas être en reste, j’apporte ma pierre à l’édifice : l’armoise en infusion faisait des miracles pour les douleurs de ma compagne. C’était d’ailleurs la seule chose qui fonctionnait vraiment.

  7. J’ai eu la mauvaise idée de laisser une culotte tachée de sang visible dans MA salle-de-bain une fois, et mon meilleur ami de l’époque m’a dit en avoir été choqué.
    Genre, je laisse une culotte tachée de sang, et je suis dégueulasse.
    Genre… faudrait que je les jette et que je rachète des culottes neuves à chaque accident?

    Je suis passée aussi à la coupe menstruelle, ce qui laisse quelques soucis techniques parce que j’ai des règles hémorragiques et que les deux premières nuits ça a tendance à déborder (parfois en journée aussi, mais il faut la vider souvent impérativement). Et puis il a fallu que je passe de la petite à la grande parce que ça ne suffisait pas.
    Mais effectivement, déjà ça ne dessèche plus mes muqueuses, ça ne fait plus de trou dans mon budget, et ADIEU les odeurs! 🙂 Et ça… c’est vraiment vraiment trop cool.

    Je me suis mise à trouver le sang beaucoup moins “dégueulasse”, déjà parcequ’il y a moins de mélange entre les sécrétions vaginales habituelles et le sang, ça ne macère pas, et puis ce n’est pas étalé sur un vulgaire truc en coton qui ressemble à un rat mort.

    Cependant, ma cup, même si je fais mon possible pour la nettoyer correctement, se teinte peu à peu (je l’ai prise en vert), bref, j’oserais pas franchement montrer à une amie une cup utilisée juste pour qu’elle puisse voir de quoi il s’agit, la seule chose qu’elle retiendrait serait les marques qui constellent légèrement le silicone par endroits.

    Cette coupe a un autre avantage tout de même, je ne la sens pas (ce qui n’était pas le cas avec les tampons que je trouvais très inconfortables). Du moment que je suis sur la seconde moitié de mes règles, j’oublie quasiment que je les ai. Et ça… c’est que du bonheur!!!

    Ca m’a aussi beaucoup fait réfléchir à ma morphologie, parcequ’il faut du temps pour l’apprivoiser, parce que parfois il y a une question d’angle, que le gonflement des muqueuses les rendent différentes de d’habitude et que c’est tout de même beaucoup moins simple que ce qu’on veut expliquer avec une petite expérience avec du liquide bleu (oui, pour les coupes il y a aussi de petites vidéos).

    Mais bref, laisser trainer sa coupe qui sèche après désinfection, c’est pas méga ragoutant non plus. En revanche, mes poubelles de toilettes sont moins pleines et beaucoup moins odorantes!
    La majorité du temps je me sens beaucoup moins poisseuse et sale, les fuites arrivent malheureusement régulièrement chez moi, mais ne changent pas le fait que je me sente beaucoup plus à l’aise avec mon corps.

    Mais c’est aussi une histoire d’âge, j’ai 28 ans, je doute qu’une fille de 16 ans soit déjà assez à l’aise pour assumer de mettre ses doigts dedans pour mettre la cup, même un tampon sans applicateur c’est moins complexe.
    Enfin bon, pour moi, la cup c’est une chose essentielle de la féminité du futur. 🙂 Econome, aware, et réaliste.

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