T’es vivante, ou on appelle l’ambassade ?

Cher lecteur,

Tu me connais peut-être déjà dans la vraie vie -ou peut-être que t’arrives par hasard, parce que t’as vu de la lumière et que tu t’es dit que ça pouvait être sympa-. Toujours est-il qu’il faut que je t’explique un peu, sinon pourquoi t’es là, du moins pourquoi je suis en train de pondre ce brillant post, premier du nom, à exactement minuit vingt-quatre heure locale, sur mon lit, au quatrième étage de l’immeuble où j’habite, dans le quartier de Belgrano, à Buenos Aires, Argentine.

Pour le cas où tu me connais pas dans la vraie vie et où t’as été attiré par les tags fous que je vais mettre (je sais pas encore quoi, mais patience, j’y réfléchis, j’ai fait un an de pub, je vais bien arriver à trouver un truc vendeur), je te fais un petit topo.

ça fait maintenant deux ans que j’étudie à Toulouse, à l’Institut d’Etudes Politiques précisément. Mais si, tu sais, Sciences Po, le truc qui est censé former ‘l’élite de la nation’ et les futurs emmerdeurs qui vont parler à la télé et te voler l’argent de tes impôts. Sauf que bon, le mien, c’est comme les sept autres ‘IEP de province’, par opposition à Sciences Po Point, Sciences Po Paris quoi : la version cheap pour les gens (rayer la mention inutile)

  • à qui Papa et Maman pouvaient pas payer la prépa privée ;
  • qu’avaient la flemme de banquer 120 euros et l’hôtel pour passer le concours de Paris ;
  • qui y sont allés et qui se sont chié leur race parce que l’épreuve d’anglais était trop difficile.

Mais je m’égare.

Je te disais donc que j’étudie à Sciences Po Toulouse depuis deux ans. La vie y est belle, on se fait des amis, on proteste, on fait des soirées, et la Garonne est éternelle.

Mais voilà. Après la deuxième année vient la troisième, une année internationale où tu t’en vas loin-loin, où tu quittes ta famille et ton pays (ouais, je peux te faire pleurer aussi si je veux, y’a pas de raison que ça soit réservé qu’à Titanic) pour aller étudier dans un autre pays, approfondir ta connaissance d’une langue étrangère et draguer plein de gens avec ton accent français so sexy. Il se trouve que j’ai choisi Buenos Aires parce que c’était loin-loin et que j’en avais marre de l’Europe.

ça fait maintenant deux mois et demi que je suis ici. Il m’est arrivé des tas de choses folles, des trucs sympas et des trucs moins sympas.

Et comme je fais de la photo, que ça fait longtemps que j’ai envie de me remettre à écrire et que si tu me connais (et que t’es encore là) j’ai envie de pouvoir te donner des nouvelles comme ça aussi, je vais poster idéalement tous les deux-trois jours pour te raconter un peu ma vie ici, les aventures, le tango (rêve), le dulce de leche (grossis), les agentins (hurle) et toute la faune merveilleuse qui habite Buenos Aires, à commencer per les espèces nommées étudiant international et photographe.

ça donne envie, hein ?

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